Muriel

Pour ceux qui aiment penser…

20 mai 2009

Tout le monde aime penser, mais peu aiment chercher le vrai, dit Jean-François Revel dans son avant-propos à l’édition de 1979 de Pourquoi des philosophes (merci Ollivier !).

Pas facile de penser quand tout est fait pour abrutir. Ni temps, ni énergie dispose, aliénés que nous sommes. D’où le besoin éternellement conjoncturel de philosophes, qui donnent à penser — pas plus, nul ne doit laisser un autre penser pour lui.

Je conseiller d’aller penser et discuter avec Ollivier Pourriol à une séance de CinéPhilo, ce week-end au MK2 Bibliothèque à Paris, samedi 23 mai 2009 à 10h et 12h et dimanche 24 mai 2009 à 11h, autour de Hegel.

“L’homme aime penser, mais cela ne signifie pas qu’il aime le vrai. Penser sert à des millions d’autres choses, et souvent bien plus agréables, ou plus avantageuses à tous égards, que de chercher le vrai. Mais, justement, il était jadis communément entendu que ce secteur marginal de la pensée qui consiste à chercher le vrai était, au point de départ du moins, celui de la philosophie. L’intérêt, l’orgueil, la soif de puissance et de gloire, la répugnance à modifier un jugement, ou une théorie ne devraient, en principe, pas entrer en ligne de compte chez le philosophe, puisque philosopher, ou la condition pour philosopher, c’est en principe d’abord neutraliser ces passions qui perturbent et faussent la pensée.” Jean-François Revel, Pourquoi des philosophes.

La peur du blog blanc

7 avril 2009

Trop de choses à dire… par quel bout ? Le puzzle aux millions de pièces peine à s’assembler. Chaque mot est une trahison, on se désespère, tel l’enfant qui pleure de ne point parler. Sous le Rameau de Céline Frisch volètent les notes de clavecin : leur vérité voile les mots, leur rythme dénude la pensée.

C’était Lélio de Berlioz

15 mars 2009

Cela faisait un an et tout d’un coup, hop, geste magique, saccade rotative pourtant si souvent répétée autrefois : l’allumage de la radio. Yes, roulez jeunesse, à nous la vie, je tombe sans bobo sur un concert en direct qui me chamboule : “Lélio” de Berlioz. Un bémol, la voix (le métier ?) de Gérard Depardieu contraste avec la finesse, la poésie, la légèreté, la richesse, la générosité, la force de la musique de Berlioz dirigée par Ricardo Mutti et Matthias Brauer. Magnifique, merci France Musiques.

Vacance

11 mars 2009

C’était il y a longtemps déjà, un moment hors du quotidien — de ceux où l’on se sent la grâce d’une feuille automnale, libre, bercée par le vent l’emportant en toute direction. On goûte l’espace, lentement, longuement, en prenant son temps. Quel est donc cet air ? Celui qui gonfle mes poumons ? Quelle est cette légèreté qui filtre dans mes mains, par mes yeux, mon front, et habite mon sourire ? Où me portent mes pas ?

Two gentle people

9 mars 2009

Deux êtres sensibles

Ils restèrent longtemps assis sur un banc du parc Monceau sans s’adresser la parole. C’était une journée pleine de promesses, un prélude à l’été ; de fins nuages blancs s’étiraient dans le ciel, poussés par un vent timide. La brise aurait pu tomber à tout moment pour dévoiler l’azur pur du ciel — mais il était trop tard déjà, le soleil serait couché avant.
Avec quelques années de moins, les conditions auraient été réunies pour une rencontre amoureuse, cachés qu’ils étaient par le flot incessant de poussettes. Mais plus tout jeunes déjà, ni l’un ni l’autre n’entretenaient la vaine nostalgie d’une jouvence perdue — quoique lui portât plus beau qu’il ne croyait, avec sa soyeuse moustache à l’ancienne arborée tel un gage de bonne conduite, et qu’elle fût plus jolie que son miroir ne lui laissait croire.
Leur modestie et leur désillusion les rapprochaient ; même séparés par un mètre de métal vert, on les aurait cru un vieux couple marié ayant fini par se ressembler avec l’habitude. Des pigeons, telles de petites boules grises roulant à leurs pieds, allaient et venaient sans qu’ils y prêtent attention. L’un et l’autre jetaient parfois un oeil à une montre, sans jamais se regarder — pour l’un comme pour l’autre, ce moment de quiétude et de paix était compté.

Traduction libre (très) et du début de “Two Gentle People”, Graham Greene (collected short stories). Commentaires et critiques bienvenus

Présence

25 février 2009

Un soir de solitude — et toute une vie se repeuple. Quelques mesures des Chants de l’Aube ressuscitent violemment des pans entiers d’hémisphère droit. Je pourrais emporter ces quelques notes sur une île déserte. Sous quelle forme ? Des taches noires se balançant sur des lignes, recréées en couleur en mon for intérieur, chantées ? Ou leur son — un disque ? Ce que j’en aurais gardé à jamais — une émotion ? Une platonique idée — mon chouchou, Schumann ? Avec douze mois de vie supplémentaires, j’entends autrement, le tempo est plus juste, tout est riche ou bien pur.

Pou pou pou… pon pon pon…

2 février 2009

Touuu-didou, dada, doudou diiiii… Didaaaa da-da-da, toudidou da da diiiiii…

Tranche de métro (2)

15 janvier 2009

Chaque matin, chacun encore un peu chez soi, en train de se vêtir d’atours pour un monde tout autre. Indécise frontière, entre-deux mondes subtil où chacun se révèle. Le sommeil n’est pas loin. Boulot ou sweet home ?
Chaque soir, entre chien et loup, des fronts barrés de souci, regards d’attente perdus, sourires flottants de retrouvailles proches.
Poésie de la rame, paradoxal refuge où l’humain reste soi.

Tranche de métro (1)

TGV de Noël

31 décembre 2008

Le mercredi 31 décembre 2008 à midi, dans un wagon plein de gens fatigués partant le coeur léger, un digne et équanime ivro-dandy en perpétuel état de réveillon propage avec un peu d’avance l’odeur aimée de sa sainte bière. Digne, c’est sûr, car lié au monde par sa montre, gage d’irréprochable ponctualité, qu’il consulte régulièrement non sans légère hésitation : est-ce là l’heure véritable, ou bien en est-ce une fausse — qui expliquerait cette étrange impression de décalage d’avec le monde ?

Les témoins extérieurs à ses questionnements l’épient avec indulgence. Il offre un irrésistible appel à sourire, force la complicité entre voisines. L’inconnue, à quelques centimètres, vit depuis vingt ans dans le pays le plus lointain et étranger pour ne cesser de réchapper de sa tragique histoire, qu’elle déroule à la hâte comme une pelote-fardeau, juste avant de quitter le train. Oui, l’histoire est incroyable — fût-elle “croyable”, le monde serait différent.

Récital de Geoffroy Couteau ce jeudi 3 avril 2008, rue d’Ulm à Paris

3 avril 2008

Geoffroy Couteau joue ce soir un très beau programme à 21h, salle des Actes de l’Ecole Normale Supérieure rue d’Ulm :

  • Mozart: Variations “Ah vous dirai-je maman” kv 265
  • Kurtag: Splinters
  • Chopin: 1ère ballade op 23, Valses op 34 n°1, op 64 n°2, op 69 n°2
  • Brahms: Klavierstücke op 118
  • Liszt: Mephisto valse

Musique enfin : baisse des prix et offre en ligne de Deutsche Grammophon

20 janvier 2008

Si jamais la musique de nos vieux compositeurs chéris (Schumann, Bach, Schubert, Mozart et ses concertos pour piano…) était élitiste, ce ne serait plus par le prix ! Voyez cet album des concertos pour piano de Poulenc, acclamé par la critique à seulement 7 €, ou encore les classiques RTL pour enfants avec Pierre et le loup de Prokofiev conté par M. Galabru, et l’Histoire de Babar contée par F. Lodéon à 6 € seulement…

Et sur le site de Deutsche Grammophon, comme signalé dans l’article du Monde du 2 janvier “Deutsche Grammophon mise sur le téléchargement“, des albums à 10€ et aussi des coffrets pouvant être difficiles à trouver : la Passion selon St-Matthieu de J.-S. Bach avec les oratorios de noël et la messe en si mineur enregistrés en 1965 avec Fritz Wunderlich. Merveilleux, un extrait de chaque pièce peut-être écouté — et acheté séparément. Les morceaux sont fournis au format MP3 sans DRM (Digital Rights Management) avec un débit de 320 kilobits par seconde. Et d’après l’article du Monde, « les experts «audio» s’accordent pour dire que la qualité de ces téléchargements ne peut être distinguée de celle d’un CD ».

Extrait 1 : Chants de l’aube de Schumann par Éric Le Sage
Extrait 2 : Partitas de Bach par Zhu Xiao-Mei
Extrait 3 : Fantaisie de Schubert D940 par Maria Joao-Pires et Ricardo Castro
Extrait 4 : Lied “Abendempfindung” de Mozart par Anne-Sofie von Otter
Extrait 5 : Andante du concerto n°23 de Mozart par Kempff (1960)

Schumann par Éric Le Sage, intégrale de musique de chambre à la salle Pleyel les 12-13 janvier 2008

2 janvier 2008

Mise à jour 20080116 :
Comment ne pas aimer Schumann plus encore quand on nous offre un long voyage dans son univers riche, phrases divines, rythmes humains, virtuosité des styles. Merveilleux musiciens sous l’impulsion d’Éric Le Sage, dont la richesse musicale et pianistique semble inépuisable pour ce compositeur. Oui, les concerts du week-end dernier étaient exceptionnels. Et le régal se poursuit avec le 3e volume de l’intégrale de musique pour piano et musique de chambre de Robert Schumann, qui vient juste de sortir. Dans ce nouveau disque notamment, les sonates pour violon et piano par Éric Le Sage et Gordan Nikolic. Que du bonheur !

Le deuxième disque de l’intégrale de la musique pour piano de Schumann par Éric Le Sage a été salué par des critiques dithyrambiques, notamment sur resmusica.com :

(…) c’est une bénédiction de trouver un interprète de cette trempe dans cette musique. Car Schumann, cela ne s’apprend pas; c’est un talent conféré à de très rares élus. Les pianistes les plus célèbres se sont cassé le nez sur ce langage pianistique impossible à codifier et à rationaliser. Schumann, c’est un flux, un flot de passion et de doute qui ne supporte ni la rigidité ni le laisser-aller. Parmi les grands interprètes de cette musique, on compte Emil Guilels, Geza Anda, Nelson Freire, Sergio Fiorentino et Martha Argerich. Ces trois derniers ont gravé des versions dites «de référence» de la fameuse Fantaisie opus 17. Le Sage se hisse à leur hauteur grâce à une interprétation incandescente, enchâssée dans un programme original. — Christophe Huss

Et dans la rubrique Vitrine du disque du Devoir.com :

Schumann par Éric Le Sage : magistral (…) Éric Le Sage poursuit avec cet album son intégrale de la musique pour piano et de chambre de Robert Schumann (…) cette série fera vraisemblablement date : magnifiquement interprétée et enregistrée, chaque pièce – connue ou pas – devient passionnante à écouter, aussi bien dans la délicatesse que dans la force. C’est beau, le piano bien joué. Conquête totale. À quand la suite ? — Frédéric Platzer

Justement, il enchaîne avec l’intégrale de musique de chambre de Schumann à la salle Pleyel ces samedi 12 janvier à 16h et 20h, et dimanche 13 janvier 2008 à 11h puis 16h00. Quel bonheur en perspective pour ceux qui aiment ce compositeur !

Publicité pour Éminence

26 juillet 2007

Cheveux ras ou épais, passez votre chemin.

Votre tignasse épaisse se compose de fins cheveux qui — l’union faisant la force — opposent une résistance farouche à toute tentative de pénétration, par l’eau ou par des poils de sangliers. Le minuscule diamètre moyen du cheveu lui confère une force insoupçonnée de capillarité. D’ailleurs, rapportez diamètre, longueur, et propension à onduler : plus les proportions sont proches de celles des peluches textiles qu’on trouve fatalement au coeur des noeuds, plus l’emmêlement est probable.
Après de longues années de lutte, les brosses à cheveux se succèdent sans succès. Trop ambitieuses dans leur densité de poil, elle ne touchent pas les mèches profondes. Trop dures, elles cassent le cheveu sans le faire fléchir. Trop clairsemées, elles sont un coup d’épée dans l’eau. Bouletées pour protéger le cuir chevelu, elles emportent noeuds et cheveux avec…
Sur le point d’abandonner et de couper court, vous découvrez enfin une nouvelle génération de brosse à cheveux : les brosses Éminence Bubinga. Vos cheveux ne sont plus coupables (de tous les noeuds).

RMLL 2007 - Thème Documentation (partie méthode)

19 juillet 2007

Oui, il aurait fallu annoncer ma partie du thème Documentation avant les RMLLs mais mieux vaut tard que jamais…

Après l’expérience du thème Documentation des RMLLs 2006, j’ai pris en charge la journée du vendredi 13 juillet du thème Documentation de cette année, journée axée sur “L’écrit et la communication au service des logiciels libres”, notamment pour la diffusion et la visibilité des projets et documentations libres. Au programme donc, de courtes conférences plutôt méthodologiques.

Nous commençâmes merveilleusement la journée sur la passionnante question de l’asservissement de la forme au fond avec une conférence magistrale de Louis Desjardins, principal contributeur “métier” au projet Scribus, logiciel libre de mise en page concurrent d’XPress, et organisateur du Libre Graphics Meeting à Montreal. Quels principes régissent toute bonne mise en page ? Les fondements furent brillamment abordés et illustrés par notre conférencier, puisant dans ses quelque 20 années de métier : l’importance des blancs (marges/gouttières), les blocs de gris typographiques (le problème des lézardes de blancs qui introduisent un faux rythme qui bruite), l’usage pertinent de la couleur (ou comment colorer un texte avec des niveaux de gris), l’interdépendance entre largeur de colonnes, choix typographiques, et corps de caractères (une colonne étroite appelant nécessairement un corps plus petit, un interlignage plus faible), les éléments graphiques (ou comment costumer le texte de fonds, d’illustrations, toujours en appui, jamais en écrasement de l’un au détriment de l’autre…), la notion primordiale de hiérarchie visuelle de l’information. Enfin, Louis concluait sur son témoignage professionnel vis-à-vis des outils libres qu’il considère tout à fait mûrs pour de la production industrielle : PDF de qualité prépresse avec quadrichromie, feuilles de style — et à venir : feuille de style de caractères, prise en compte des fines et gestion des repères.
Louis Desjardins avait d’ailleurs inauguré cette session par deux ateliers — bondés — de pratique de la mise en page sous Scribus. Les participants étaient littéralement conquis par l’amour de cette belle discipline et l’enthousiasme du conférencier pour la puissance et la richesse de ce logiciel libre.

François Lasselin vint ensuite nous parler d’ergonomie appliquée au Web, l’ergonomie étant notamment issue d’études sur la fatigue à l’ère industrielle. Toute conception d’interface consiste à résoudre un problème de communication ; l’ergonomie web commence très en amont, aux tests fonctionnels. L’écueil principal : le décalage entre la vision du concepteur et celle de l’utilisateur, qui ne s’intéresse pas du tout au fonctionnement du site, ne reste que quelques secondes par page et ne veut pas avoir à réfléchir. Il ne faut pas figer sa vision de l’utilisateur, pas plus qu’il ne faut forcer dans l’originalité en s’éloignant des conventions usuelles et des standards — j’ai d’ailleurs demandé s’il existait quelque avis critique sur ces conventions et standards (menu à gauche, onglets en haut…). Quelques exemples vivants de tests utilisateurs sur des sites tels que La Redoute et Promod montraient que la richesse de contenu pertinent et non imposé (non encombrant) faisait la différence — faisant sourire certains messieurs comme si le shopping vestimentaire était le vice exclusif des femmes.

Dans la continuité directe des questions de mise en page et d’ergonomie, Jean-Pierre Villain a fait une conférence magistrale et extrêmement dense sur l’accessibilité web, les normes et bonnes pratiques existantes, précisant qu’aucun webmestre ou développeur web ne devrait les ignorer et qu’elles devraient faire partie du cursus de tout étudiant en conception et développement web. Une conférence à laquelle tout concepteur web aurait eu intérêt à assister !

Pour clore la matinée, des retours d’expérience pleins de dynamisme étaient donnés sur l’enseignement et la diffusion de l’informatique libre à l’ENST (Samuel Tardieu) et à l’École ouverte francophone (Alix Mascret, Jean-Philippe Gaulier). Cette école de certification à distance qui compte déjà des membres de plusieurs pays francophones a fait ses preuves en formant des jeunes gens non seulement à des techniques d’administration mais aussi à l’esprit de collaboration qui a cours dans le développement de logiciels libres.

L’après-midi a ensuite débuté avec deux conférences en rapport avec le monde de la presse : une conférence traitant d’éthique et journalisme, par Philippe Davy, dévoilant les rapports de force entre presse informatique et éditeurs, en précisant les limites du modèle économique, et une autre plus pratique sur la mise en place d’une campagne de presse (media training), par Véronique Loquet — où l’on vit notamment à quoi ressemble un rétroplanning de lancement de produit et les erreurs à ne pas commettre lors d’une interview avec un journaliste.

La question générale de la crédibilité d’une information et de son auteur sur le Web a ensuite été abordée lors de la conférence de Laurent Bloch, qui faisait part de réflexions de fond sur ce qu’est l’identité sur le Web, où ont été abordés les problèmes de confiance et de réputation, d’anonymat et de pseudonymat, dans la droite ligne de la conférence sur Wikipédia de l’année précédente. Inutile de le dire, la fin de la conférence fut animée de quelques débats.

Pour finir, j’ai donné quelques bribes d’idées, tirées d’une conférence de Kathy Sierra, pour rendre accros ses utilisateurs et ai rappelé ce que veut dire bien traduire — non sans terminer sur une très vivante séance de questions réponses à la fin, où des cas pratiques de néologismes et anglicismes et mauvaises traductions furent soulevés — et résolus.

Pour conclure, Sophie Gautier (fr.openoffice.org) avait envoyé une présentation de l’expérience du processus d’internationalisation de la version d’OpenOffice.org 2.3.

Voilà, j’espère que cette journée du thème Documentation et les autres conférences du thème ont été utiles,
merci à tous les conférenciers !

RMLL 2007 - Barnum du village des associations

19 juillet 2007

Le barnum du Village des associations des Rencontres Mondiales du Logiciel libre fut une première expérience extrêmement réussie de communication envers le grand public. Des passants décontractés de ce samedi 14 juillet, curieux, venaient voir d’où émanait tant d’agitation gaie. Démos d’Ubuntu et ses bureaux 3D, de jeux vidéo, projection de films, exposés des principes…
Postée sur le stand de l’AFUL, j’étais à l’affût de toute personne semblant disposée à s’intéresser et comprendre, et mes interlocutrices préférées étaient des femmes, toujours immédiatement sensibles aux implications à long terme (d’intérêt général) d’un mode de développement sans secret de fabrication et basé sur la transparence et la collaboration. Il était facile alors de montrer l’importance de soutenir une industrie logicielle saine et créative, avec une concurrence basée plus sur les compétences que sur des monopoles de propriété intellectuelle, et de rappeler les aspects stratégiques de maîtrise technique des infrastructures informatiques. L’informatique et ses normes et formats doivent avoir le statut d’infrastructure publique; il s’agit de bien public.

Expérience riche et revigorante donc, avec des visiteurs parfois ébahis de découvrir un “autre monde” mais ayant, en général, déjà entendu au moins parler de Firefox, d’OpenOffice.org et de Linux. Combien repartirent ravis, un CD d’Ubuntu Feisty sous le bras… le plus souvent pour installer des logiciels libres sur leur poste Windows existant.

Réfléchir posément

21 mars 2007

Économie quaternaire versus économie tertiaire, comment parvenir à cette maturité ? Voici un billet de Michel Volle sur le sujet (le billet parle aussi un peu de François Bayrou mais pas que). Autre billet intéressant de Laurent Bloch et Nat Makarévitch qui donne à réfléchir sur l’anonymat, le pseudonymat, l’intelligence collective si tant est qu’une telle chose existe…

Dancing machines, hidden and suffering minds

21 mars 2007

Some had resisted the big machinery that transforms thinking and dancing people into lifeless machines. Some indeed had, and this mere fact deserves attention and reflection. They are alive. Listen well to their body, you will hear suffering muscles, but enthusiastic dances…

Les spams de supporters de NS

21 mars 2007

Je ne sais pas pour vous, mais je reçois des spams très fatigants de supporters du candidats NS — il s’agit pour certains de connaissances à qui j’ai répété ne plus souhaiter recevoir de tels messages, mais avec la montée de FB, cela s’intensifie ! Extrêmement désagréable. Êtes-vous nombreux dans mon cas ? Le mépris pour l’autre, celui qui ne comprend pas, teinte ces tentatives. La verve agressive qui prétend sauver le monde, domine. La disqualification a priori de tout ce qui ne rentre pas dans le rang fait fuir le débat d’idées. Bref, ça ne vole pas haut et l’orientation des messages vire à la critique personnelle des autres candidats.

À lire absolument avant l’élection présidentielle :-)

21 mars 2007

Si vous êtes las, oubliez tout, détendez-vous et lisez simplement ces quelques définitions en sirotant un thé vert : totalitarisme, dictature, libéralisme.

Plagiat chez les étudiants

21 mars 2007

Une note m’est parvenue, enjoignant les enseignants à faire signer aux étudiants un engagement à ne pas plagier.
J’ai renvoyé vers cette explication synthétique concernant le plagiat estudiantin sur le site de l’université de Paris IV qui explique notamment comment détecter très facilement un plagiat sur Internet (les moteurs de recherche permettent de le faire instantanément) et explique aussi que des mesures de répression sévères peuvent être prises.

Quant à la prévention… une paperasserie supplémentaire, ou qui risque d’être ressentie comme telle, constitue-t-elle une bonne prévention ? Cela tend à faire croire que les professeurs sont dépassés par les possibilités de l’Internet et n’ont pas su s’adapter. Cela peut donner l’impression d’une posture défensive qui me semble nocive — par mon métier, j’ai assez conscience d’un sentiment de décalage parfois fort entre ceux qui sont “hors du coup” et ceux qui sont “dans le coup”.

On me fait remarquer justement que “cela correspond aux usages car cela fait appel à la responsabilité personnelle, sans laquelle aucun enseignement ne tient, par une dimension presque contractuelle (préfigurant bien l’activité professionnelle ou non d’un adulte dans notre société)”.

J’ai posé la question pour aller au cœur du problème : que veut-on prévenir ?

  • le mensonge [là que peut-on espérer faire…] ;
  • la disparition totale de la capacité à articuler sa propre pensée [l’oral reste la plus sûre parade (?) ] ;
  • la non-détection de problèmes de langue [mini-devoirs sur table (?) ] ;
  • une surcharge de travail pour les professeurs [mais que préférer entre faire signer un papier à tous les étudiants et rechercher une phrase dans un moteur de recherche ? ].

Il est peut-être difficile d’éviter de demander des exercices scolaires dont la réponse est forcément quelque part sur l’Internet, cela dit de tels exercices ont-ils une chance d’être ressentis comme utiles…
Enfin, n’y a-t-il pas un problème autrement plus urgent, celui de la garantie de l’esprit critique  ? Il faut que les étudiants apprennent à se servir de l’Internet — qui reste heureusement encore un lieu d’expression sans censure — et aient cet esprit critique. Le petit livre sur Wikipédia explique bien la nécessité d’une démarche de validation de l’information, car le vrai problème est plutôt là.

D’ailleurs, on pourrait imaginer qu’apparaissent de nouveaux métiers comme la veille technologique, le décryptage et la vérification d’information, etc.

Raccourcis clavier sous Ubuntu Edgy

21 mars 2007

Décembre 2006, enfin un nouvel ordinateur portable, Dell Latitude D620, avec une Ubuntu Edgy (Gnome).
Un raccourci clavier par application à lancer grâce à gconf-editor, plus puissant que l’éditeur de raccourcis par défaut de Gnome (Système>Préférences>Raccourcis clavier). La touche Windows<mod4><hyper> est utilisée. (Voici comment savoir dans Gnome quel est le nom de modificateur associé à cette touche du clavier).
Tout d’abord les configurations simples depuis l’éditeur de raccourcis convivial :

Configuration des raccourcis clavier GNOME - menu Système>Préférences>Raccourcis clavier (1)Configuration des raccourcis clavier GNOME - menu Système>Préférences>Raccourcis clavier (2)

Ensuite depuis gconf-editor, on associe une combinaison de touches à des commandes, puis des applications à ces commandes respectivement à travers les menus /apps/metacity/global_keybindings et apps/metacity/keybinding_commands.

gconf-editor : associer raccourcis et commandes (touche Windows = Mod4 Hyper)Raccourcis clavier dans GNOME - configuration avancée avec gconf-editorgconf-editor : gestion des fenêtres par des raccourcis clavier

Et voilà, Firefox, Thunderbird, JPilot, OOo, Gedit, xterm s’ouvrent d’un raccourci clavier, ainsi que mon dossier personnel…

Bon, la nouvelle version de Firefox n’entendait plus la touche Alt+Backspace comme commande pour revenir à la page précédente, donc retour au bon vieux raccourci clavier Alt+flèche gauche. ça remarche.
Pour le chiffrement, l’interface kgpg qui vient en façade de gnupg fonctionne bien.
Son et musique : je prends soin d’associer à tous les fichiers de musique l’application xmms plutôt que totem, pour un meilleur son (un commentateur érudit me dira peut-être pourquoi ?)
Pas de meilleur rendu pour les polices à l’écran.
L’hibernation est réparée avec une configuration pour vérifier que des applications (son par exemple) ne bloquent pas l’endormissement. La touche d’extinction est mappée sur l’hibernation.

Denis Pascal jouait Liszt, Ravel et Debussy à Gaveau

27 février 2007

Un grand musicien jouait jeudi dernier à la salle Gaveau. Denis Pascal a réussi à tirer danse, rêverie et drame des Rhapsodies hongroises, que j’ai autrefois trop souvent entendues version bourrin, version “je montre héroïquement ce que je sais faire”. Quant au Gaspard de la Nuit, c’était magiquement coloré (et puis, Marie-Christine Barrault a dit le poème d’Aloysius Bertrand si vivant que j’avais l’impression de le découvrir pour la première fois). Et les Images de Debussy : pfiew. Une telle maîtrise des couleurs, une telle ligne. Les ayant dans l’oreille par Michelangeli, ce fut là aussi une redécouverte. Chatoyantes, élégantes, vivantes et racées. Quel maître ! Bien sûr, à la fin du concert, j’avais le fol espoir qu’il joue quelque mouvement d’une sonate de Schubert en bis… En attendant, je vais creuser du côté de son intégrale des Rhapsodies hongroises de Liszt et son disque des Images de Debussy.

Quatuors et sonates de Brahms et Fauré au Musée d’Orsay (par Éric Le Sage)

24 janvier 2007

Éric Le Sage joue Brahms et Fauré demain soir jeudi 25 janvier 2007 au Musée d’Orsay à 20h avec François Salque, violoncelle, Lise Berthaud, alto, Nicolas Dautricourt, violon :

  • le Quatuor n° 2 pour piano et cordes op. 45 de Gabriel Fauré et
  • le Quatuor n° 2 pour piano et cordes op. 26 de Johannes Brahms.

Le jeudi 1er février 2007 à 20h il jouera des sonates de Brahms avec Paul Meyer, clarinette, et François Salque, violoncelle :

  • Sonate n° 2 pour clarinette et piano op. 120
  • Sonate n° 1 pour clarinette et piano op. 120
  • Trio pour clarinette, violoncelle et piano op. 114.

Je ne raterai pas ces deux concerts.

Romantisme geek ?

12 janvier 2007

Je viens de découvrir grâce à Samuel le site xkcd (en anglais) :
Romantisme geek

Avis ébahi sur la première mouture de l’avant-projet de décret créant l’Autorité de régulation des mesures techniques

6 janvier 2007

Vers le 20 décembre 2006, j’ai bondi en lisant cet avant-projet de décret créant une “Autorité de régulation des mesures techniques de protection” — celle instituée par le vote de la loi DADVSI.

Pourvu que ce ne soit qu’un lointain brouillon car, en l’état, il est inacceptable…

La protection de l’interopérabilité y semble subordonnée à une Autorité de régulation des mesures techniques de protection (ARMT) dont cet avant-projet de décret (version du 17/11/2006 semble-t-il) ne donne aucune garantie d’impartialité, et laisse penser qu’elle ne serait soumise à aucun contrôle extérieur. L’opacité de fonctionnement serait totale…

Édictant ses propres règlement intérieur et code déontologique sans aucune obligation de publication, l’Autorité telle qu’entrevue par ce projet de décret n’offrirait aucune garantie d’impartialité en fait. Prétextant un bien vague “secret des affaires”, défini à sa discrétion, elle pourrait juger et décider en toute opacité des affaires pour lesquelles elle serait saisie. Décidant seule des critères d’éligibilité des entités et associations qui peuvent la saisir, elle agirait dans un cadre méprisant les plus élémentaires principes d’égalité devant la loi.

Ce n’est pas tout, nullement assujettie à aucune modalité de publication de ses comptes-rendus de décision, autre que celles définies par elle-même dans son règlement intérieur, saisissable à la demande d’un tiers de ses six membres — deux de ses membres étant issus respectivement du Conseil supérieur de la Propriété littéraire et artistique, et de l’Académie des Technologies… — elle pourrait imposer à ceux qui, pour des raisons d’interopérabilité, demanderaient des spécifications de MTP, le versement d’une indemnité n’apparaissant semble-t-il pas dans loi d’origine.

Elle jugerait en outre du bien-fondé de sa saisine pour interopérabilité en exigeant du demandeur la description de son “projet”, subordonnant ainsi à une évaluation ponctuelle commerciale l’application du principe d’interopérabilité indispensable à la libre
concurrence. Charge en outre à ce même demandeur, si l’injonction n’est pas respectée, de re-saisir l’Autorité pour une sanction éventuelle…

Bref, pour rester polie, une atteinte au principe de séparation des pouvoirs exécutif, législatif, et judiciaire, qui met en l’occurrence en danger les perspectives industrielles du pays en matière de création logicielle et de services en ligne.

Si c’est censé n’être qu’un brouillon — pourvu que la mouture finale n’y ressemble pas ! — cela donne quand même un bien inquiétant départ…

Citations du jour : tu aimeras ton contemporain

17 décembre 2006

Quelques citations prises par-ci par-là, en décousu… et recousu ; celle d’Hervé Bazin m’est chère. Les lisant aujourd’hui, me vient l’injonction : tu aimeras ton contemporain…

Je reprends ici tel quel l’un des nombreux commentaires à l’article du Monde “Nicolas Sarkozy défend l’exil fiscal de Johnny Hallyday” :

MICHEL C.
16.12.06 | 19h21
Ne faut il pas retirer la nationalite francaise a ceux qui gagne des millons d euros et qui pour echapper a l’impot vont 6mois et un jour en SUISSE ou ailleurs ? . La caissiere du super marche qui ne peut travailler que 60 heures et gagner 300 euros et tous les pauvres smicards et compagnie continueront a souffrir. EGALITE FRATERNITE SOLIDARITE La REPUBLIQUE fou le camp A la lanterne

Jean-Michel Dumay dit dans un article consacré à Wikipédia du Monde daté du 17 décembre 2006 :

“Dans un article de la revue Etudes de décembre, Anne Guibert-Lassalle, auteur illustrateur, regrette à juste titre que la littérature pour les moins de 12 ans, en France, n’aborde que très partiellement la complexité des guerres, dont l’examen méticuleux des causes pourrait conduire à une forme d’éducation précoce à la paix. Elle rappelle combien, souvent, ce sont d’abord les convictions de détenir la vérité qui déchaînent la violence.”

La pluralité des convictions, c’est important parfois à rappeler. Le coût de la haine aussi, que l’inconséquence nous fait parfois oublier (la haine n’est pas gratuite, héhé, ce serait trop facile…).

Voilà d’ailleurs une occasion de rappeler l’existence de cet excellent (trop ?) livre sur Wikipédia.

Autre article, passionnant, sur l’éternelle adolescence, issu d’entretien avec la photographe britannique Julia Fullerton-Batten :

“Dans les sociétés traditionnelles, on distinguait l’enfance, temps de l’apprentissage, la maturité, pendant laquelle on travaillait et élevait ses enfants, et enfin la vieillesse. Aujourd’hui, nous assistons à un brouillage de ces trois âges de la vie.” (…) “Et surtout, la jeunesse s’impose comme un impératif. Elle n’est plus seulement un moment de la vie mais une condition de la survie.”

Notez qu’on aurait intérêt à ce que certains souhaitent veillir moins vite.

Hervé Bazin, dans son livre “Ce que je crois” (Grasset, 1970), écrit :

“(…) j’ai dû me familiariser avec l’idée de ma fin. Ne vous y trompez pas, ça rend l’instant plus long, la joie plus savoureuse. Tout dans la vie m’a paru gratuit, supplémentaire. Dans posséder, j’entends céder et je suis ravi de ce qui me reste. Qui m’aime, pour un temps, aurait pu ne pas m’aimer du tout. Le succès me semble une loterie où le mérite se borne à faire tourner la roue. Ce n’est pas tellement la mort qui m’étonne, mais, compte tenu de tous ceux que j’ai laissés en route, le fait de leur avoir survécu.”

Ah, et enfin, si vous vous sentez le coeur gourd, rien de tel qu’un concentré de vie, un Ristretto de Françoise de Villenfagne.

Rires vertueux, TOC et électrochocs… et censure ?

13 décembre 2006

Mise à jour 20061216 : le site où l’on pouvait voir cette chanson très engagée et contestataire s’est trouvé “fermé temporairement” dès le lendemain matin de la publication de ce billet. Le clip est finalement visible sur dailymotion.

Il faut rire. Plus souvent et mieux. On le comprend en lisant le billet de Philippe Bilger sur le rire qui dit que les humoristes prennent bien peu de risques de nos jours (ce n’est pas le cas dans ce clip doux et fin, dansant, cha: ntant… et engagé — merci Sophie pour le lien!).
Pour moi, j’aime dans le rire le détachement de soi qu’il exprime. Ainsi les rires purement moqueurs (aux seuls dépens d’autrui) sont-ils disqualifiés, qui se gargarisent sans recul d’une infériorité ou de l’éloignement de l’autre, moqué. Cela alors que le rire dont on se reconnaît, au fond, l’objet, est heureux.
Pourvu qu’on puisse rire encore longtemps! Imaginez une société qui condamne à des traitements virils (merci Nat et Laurent!) toute personne éclatant de rire lorsqu’elle trébuche! “Au bûcher!” entendrait-on!

France Musique, Radio Classique et France Vivace

11 décembre 2006

Écouter Radio Classique m’est difficile : elle donne l’impression d’un zapping continu, d’une radio “pot-pourri” pour faux mélomanes qui veulent juste recevoir les effets prophylactiques de chefs d’oeuvre. Et peu d’aventure. France Musique est presque l’inverse, on y apprend des choses mais on peut aussi y entendre trop longuement quelques stars du microcosme. France Vivace, nouvelle venue sur l’Internet qui diffuse 24 heures sur 24 me plaît beaucoup. Je suis en train d’écouter du Steve Reich et attends Philip Glass avec impatience.

J’y vois des enregistrements très originaux, anciens, certains évoqués dans la présentation me font littéralement baver (le Voyage d’hiver de Schubert par Fritz Wunderlich par exemple).

Voter “utile” : le non-sens démocratique

10 décembre 2006

Inconséquente incitation que celle du vote “utile”. Quel mépris pour les Français et leurs sensibilités différentes, eux qui ont parfaitement su montrer déjà leur amour de la démocratie. Quel mépris pour la diversité. Quel désaveu de notre système démocratique. Il est inadmissible que quiconque incite à gommer la représentativité du premier tour. Car au nom de quoi ? Brandir un épouvantail et faire perdre tout son sens à notre premier tour, crucial pour que les Français se connaissent mieux, hors de tout sondage téléguidé ?

Je ne sais qui a lancé cette idée de vote utile en premier mais c’est une belle escroquerie, probablement un calcul. Moi en tout cas, je ne voterai pas “utile”. Je voterai comme il faut voter pour un premier tour, par conviction profonde, pour un présidentiable qui me semble avoir des idées, quelque idéal, de la force, du moins celle de résister à des lobbies, et qui sait ce qu’est censée être une démocratie, une presse indépendante, un Parlement qui nous représente vraiment.

Johannes Brahms, premier concerto pour piano par Ashkenazy (extrait de version de concert - Giulini 1980)

5 décembre 2006

Mise à jour 20070102 en réponse au commentaire de Paul : voici un extrait plus court (44 secondes au lieu de 2 minutes) au format FLAC et non WAV (2 Mo au lieu de 21 Mo)…
Mise à jour 20061210 en réponse au commentaire de Jean-Marc : Tout d’abord merci de vos commentaires :-) Je viens de retrouver une vidéo de cette version de concert légendaire, qui date du 19 avril 1980, avec le chef d’orchestre Carl Maria Giulini, et le Los Angeles Philharmonic Orchestra (beaucoup de femmes dans cet orchestre, le premier haut-bois, clarinette et flûte). Merci à celui qui tient cette page de vidéographies sur Carl Maria Giulini, qui indique qu’on peut acheter cette vidéo sur ce site de vente d’enregistrements rares de chefs d’oeuvre classiques.

Court extrait de 21 Mo (format wav), réservé aux connexions haut débit… Il provient d’une version que j’adore, enregistrée à la radio sur cassette il y a bien 15 ans. C’est le presque début du premier concerto pour piano de Johannes Brahms par Vladimir Ashkenazy (c’est horrible d’avoir à couper d’ailleurs, gasp).

Vos avis m’intéressent. Je l’ai fait écouter ; en réponse on m’a fait écouter une musique de film (du moins que j’ai immédiatement identifiée telle car on sent que ce n’est pas la musique qui dicte sa suite, mais quelque chose d’extérieur).

3e édition des Trophées du Libre

5 décembre 2006

Jeudi 30 novembre 2006 eut lieu à Soissons la cérémonie de remise des prix de la 3e édition des Trophées du libre, organisée par notre partenaire CETRIL. Les logiciels libres prennent leur essor, comme en témoignent les désormais nombreux livres sur ce secteur, mais aussi des migrations symboliques telle celle de l’Assemblée Nationale.
Les logiciels libres nominés cette année étaient tous plus excitants les uns que les autres ! Parmi les critères de choix, de mémoire : l’originalité, la transparence technique, le caractère d’innovation, la qualité du code, l’éventuelle utilité sociale, la coopération avec le reste des développeurs et les efforts que le logiciel a représenté.
Notons tout d’abord le gagnant dans la catégorie sécurité, OCS Inventory, outil libre de surveillance et de gestion de parc. Quant au gagnant de la catégorie “Jeux et multimédia”, c’est un logiciel de conférence/voix sur IP, GnomeMeeting, et j’avais rencontré il y a quatre ou cinq ans son développeur, Damien Sandras. Dans cette catégorie, bien entendu, l’excellent logiciel de pair-à-pair écrit en Java Azureus avait aussi été nominé, représenté par Olivier Chalouhi, qui avait participé à notre livre sur le pair-à-pair.
Dans la catégorie “Education”, c’est Stellarium, logiciel libre présenté par un ingénieur de l’Observatoire de Paris, qui fut primé, notamment parce que ses fonctions merveilleuses d’exploration du ciel donnent aux enfants qui l’utilisent l’envie d’apprendre, et développent la curiosité. Dans la même catégorie a été nominé pour la deuxième année consécutive le logiciel Prométhée qui permet de gérer un établissement scolaire…
Enfin, dans la catégorie “Service public et collectivités”, openELEC a gagné : ce logiciel de gestion de liste électorale est déjà utilisé en production à la mairie d’Arles. Il a arraché la première place de peu à demexp, logiciel de vote électronique visant la démocratie directe — mais qui fut ‘disqualifié’ en raison de l’impossibilité théorique et technique d’obtenir une garantie sur l’absence de tricherie supérieure à celle du vote papier. AlternC de Benjamin Sonntag fut primé dans la catégorie des logiciels PHP, il permet de gérer l’hébergement de plusieurs domaines. Quant aux gagnants de l’année dernière, citons juste VideoLAN, Blender (sujet d’un récent bestseller de la collection Accès libre), Mambo, renommé Joomla, et bien sûr, MediaWiki, le logiciel sur lequel tourne l’incontournable Wikipédia !
Le représentant d’un gros éditeur s’accordait à dire que le modèle du logiciel libre est bénéfique pour tous, notamment parce qu’il permet de mettre au point sans coût des normes éprouvées par les faits.

Pour rappel (on sait jamais) : logiciel libre = pas de secrets de fabrication en raison de la licence (transparence sur ce que le logiciel fait réellement), mutualisation des améliorations, indépendance par rapport au fournisseur puisque tout fournisseur compétent peut travailler sur le logiciel.

J’ai croisé les auteurs des logiciels vainqueurs et nominés, dont fait partie Benjamin Sonntag (traducteur du livre sur SSL VPN et relecteur du livre sur Radius), ainsi que de très nombreuses connaissances, notamment Laurent Bloch, directeur de la sécurité des systèmes d’information de l’INSERM et auteur d’un livre limpide sur la sécurité informatique.
Ce dernier est notamment intervenu dans une courte table ronde dédiée à la sécurité où il a rappelé limpidement ce qu’on appelle “sécurité” en informatique. Et d’abord un principe essentiel que bien des directions informatiques ignorent (ou feignent d’ignorer) : qu’un outil maîtrisé par l’équipe informatique vaudra toujours mieux qu’une solution très sophistiquée et opaque (sans compter le coût) — imaginez dit-il, qu’un pare-feu propriétaire tombe en panne, que l’appel d’un prestataire soit nécessaire, mais que le prestataire parti, on reste les bras ballants sans jamais savoir la raison de la panne, ni la raison de sa disparition… Enfin, plutôt que l’analyse de risque (le risque le plus embêtant n’étant jamais que celui qu’on ignore), il préconisait une prévention en profondeur fondée sur l’accumulation de bonnes pratiques. Quant à l’ouverture du code des logiciels de sécurité, elle a été établie comme nécessaire quoique non suffisante bien sûr, selon Nat Makarévitch.

Chopin par Jean-François Dichamp et concert à Musica-Trie

26 novembre 2006

Mise à jour 5 décembre : le concert ? Sublime (comment pouvait-il en être autrement). Un endroit de rêve pour lequel j’ai eu un coup de foudre, une heure et demie de train sous la pluie, le gris paisible se métamorphosant en chaleur dorée à l’arrivée. Un programme profond, exigeant ; grâce à Jean-François Dichamp, nous avons pendant près de deux heures, avec des compositeurs chéris, connu l’exaltation, aimé, souffert, pensé et médité, façon Schumann et Liszt.

Jean-François Dichamp a enregistré il y a quelque temps un disque Chopin, comprenant le nocture opus 9 n°3Cliquez-droit et enregistrez le fichier. C’est du piano, aucun doute. C’est du Chopin (je mets l’extrait pour ceux qui aiment la musique, comme Gilles). Et bien sûr j’adore.

Notez que Jean-François joue dimanche prochain 3 décembre 2006 à 15h30 dans le joli château de Trie-La-Ville pour l’association Musica Trie, une sonate de Haydn, la Fantaisie op 17 de Schumann, les Variations sur un thème de Corelli op 42 de Rachmaninov et… la sonate en si mineur de Liszt !

Parce que vous êtes sous Windows vous ne parvenez pas à lire ce fichier (format .ogg, 2 Mo) dont le format est pourtant ouvert ? Téléchargez et installez l’excellent logiciel libre de retouche de son Audacity.

Disque Chopin enregistré par Jean-François Dichamp chez Lyrinx

Éloge du silence

26 novembre 2006

Des billets dorment dans un cahier. On est tenté de se taire plutôt que d’ajouter du creux au creux, du bruit au bruit. Mais Solveig, Isabelle, Gilles m’incitent à republier. Gilles en particulier, qui d’une phrase éclaira ma journée en me disant avoir découvert Jean-Sébastien Bach grâce à ce billet.
C’est que le temps est précieux, le bruit nocif, la pertinence d’or, et ce qui va avec, le silence.

Pfiew… L’emploi du temps déborde et craque de tous côtés. Travail d’édition (des livres utiles si possible), AFUL, enseignements (ESIT, EILA, Philotechnique), et bien d’autres choses…

Disparition et réapparition du son avant/après hibernation sous Ubuntu Dapper Drake et IBM Thinkpad T22

6 novembre 2006

Billet daté du 6 novembre 2006. Précaution oratoire: ces informations ont été notées suite à des opérations mystérieuses opérées par un tiers (de confiance) sur ma machine — opérations dont je ne saurais juger de l’élégance.

Préambule : sur IBM Thinkpad T22, la mise en veille d’Ubuntu ne marche que sous APM.
Il est nécessaire de créer un fichier event.d/sound dans /etc/apm :

#!/bin/sh
echo $1 >> /var/tmp/apm_sound.log
case $1  in
  start)
    /sbin/modprobe snd-cs46xx ;;
  resume)
   /sbin/modprobe snd-cs46xx ;;
  suspend)
    /usr/bin/killall /usr/lib/gnome-applets/mixer_applet2
    /usr/bin/killall esd
    #ici, introduire des commandes pour tuer toute application utilisant du son
    /usr/bin/killall totem
    /usr/bin/killall mplayer
    #...
    /bin/sleep 5
	
    /sbin/rmmod snd-cs46xx ;;
esac

Ensuite il faut ajouter un lien symbolique de /etc/apm/resume.d/70sound vers /etc/apm/event.d/sound.
Mes deux problèmes étaient ainsi résolus :

  • Problème 1 : plus de son après hibernation. Sans le lien symbolique, le script sound resume relançant le module de son (snd-cs46xx) n’était pas exécuté.
  • Problème 2 : l’exécution d’une application sollicitant le module de son empêchait sa désactivation dans le script suspend, ,d’où l’ajout de commandes dans sound suspend pour tuer toutes les applications exécutant du son juste avant la ligne de désactivation du module (snd-cs46xx).

Nouvelles de Musique à l’Empéri

31 août 2006

Aujourd’hui jeudi 31 août 2006 à 15h sera rediffusé sur France Musiques le concert du 9 août de Musique à l’Empéri avec pour programme annoncé (il peut y avoir des suprises) une Sérénade pour flûte, violon et alto de Max Reger, le deuxième sextuor à cordes de Brahms, de Wolfgang Rihm “Duomonolog”, pour violon et violoncelle, de Robert Schumann le magnifique trio n°3 en sol mineur pour piano, violon et violoncelle (vous entendrez l’interprétation d’Eric Le Sage, Carolin Widmann et Sol Gabetta !). Et enfin la Nuit transfigurée de Schoenberg (avec Guy Braunstein au violon, Konzertmaister du Philharmonique de Berlin).
Les concerts de cet été étaient merveilleux !

Ce n’est pas tout, vous pouvez désormais vous abonner au fil RSS du Festival international de musique de Salon de Provence pour suivre l’actualité musicale des principaux acteurs. Dernier billet en date :

30/08/2006 Franck Braley et Éric Le Sage enregistrent en duo. Fort du succès de leur dernier disque consacré à Poulenc, les pianistes habitués de l’Emperi enregistrent cette semaine 3 sonates pour piano à 4 mains de Mozart dans le magnifique cadre du concertgebouw de Brugges.

Voyez aussi cette interview d’Emmanuel Pahud, flûtiste solo de l’orchestre Philharmonique de Berlin, et fondateur du festival.

Panne suite à mise à jour Ubuntu 6.06 (serveur X)

23 août 2006

Cela arrive… Une mise à jour du serveur X, un vieux portable IBM Thinkpad T22 et pof, X refuse de démarrer. Que fait une neuneue comme moi désemparée ? Elle se dit que la communauté Ubuntu a certainement la solution, lance en mode non graphique le navigateur elinks, navigue tant bien que mal à coups de flèches vers les forums et en particulier le forum Serveurs graphiques et cartes vidéo — pas évident car il faut penser à faire défiler systématiquement vers le bas puisque la première vision des différentes pages HTML est la même, elinks affichant d’abord en-têtes et menus communs. Et là, que voit-elle bien en évidence ? L’instruction salvatrice “Si vous aviez fait la mise à jour qui vous empêchait d’utiliser le serveur X, faites: sudo apt-get update; sudo apt-get upgrade“. Merci Ubuntu-fr!
Remarquez que dans le fil du forum, une personne demandait à la communauté une alerte par mail… mais encore faut-il être capable de lire des mails sans gestionnaire graphique.

Bon, je romance un peu… J’étais en fait d’abord allée voir dans le fichier de configuration /etc/X11/xorg.conf et y avais lu comment en demander une réinitialisation avec dpkg-reconfigure -phigh xserver-xorg. Comme mes geeks préférés me l’avaient bien bien appris j’ai d’abord sauvegardé le fichier de configuration original (même si dpkg est intelligent et fait une copie de sauvegarde avant d’écraser) puis lancé la commande, avec cette option -phigh qui filtre les questions secondaires (de ce que dit man dpkg-reconfigure) que j’ai ensuite laissée tomber pour faire d’autres essais. Évidemment, lorsque X a démarré, j’avais de mauvaises options et me suis empressée de remettre mon ancien fichier de configuration…

Édition 2006 du Festival de musique de chambre de Salon de Provence (Musique à l’Empéri) - mise à jour

30 juillet 2006

Mise à jour 20060823
Les concerts de musique de chambre de l’Empéri à Salon de Provence sont rediffusés par France Musiques les 13 et 14 août et le sont aujourd’hui 23 août 2006 à 15 heures et demain 24 août 2006 à 10 heures, dans l’émission Prima la musica.

Les concerts étaient beaux à pleurer et ceux qui aiment le cinéma muet et le théâtre étaient ravis - Lambert Wilson et Emmanuelle Cordoliani ont dit des lettres de Schumann, Clara Wieck et Brahms. Vous pouvez voir les photos d’archives du festival de l’empéri faites par Jean Fleche.



Du 31 juillet au 9 août 2006, se dérouleront les concerts du Festival international de musique de Salon de Provence, dont Éric Le Sage est l’un des fondateurs. “Cette année, l’accent sera mis sur le romantisme, qui sera exploré en profondeur depuis ses précurseurs, tel Mozart, jusqu’aux derniers compositeurs issus de cette tradition, dont Schoenberg”, en passant bien sûr par Brahms, Mendelssohn et Schumann qui sera beaucoup interprété par Éric Le Sage (voir la critique dithyrambique de son disque). Jean-François Zygel, dont on peut souvent écouter les Leçons de musique sur France Musiques (et récompensé d’une Victoire de la musique classique 2005), improvisera sur deux chefs-d’œuvres du cinéma muet : « Lucky Star » de Frank Borzage et « La chute de la maison Usher » de Jean Epstein.
Ce sera de la musique de chambre au plus haut niveau, comme chaque année! Nous retrouverons des interprètes que j’adore, Eric LE SAGE ; Franck BRALEY ; Antoine TAMESTIT ; Emmanuel PAHUD ; Guy BRAUNSTEIN ; Paul MEYER ; Kirill GERSTEIN ; Gordan NIKOLITCH ; Jean-François ZYGEL…
Si vous ne savez quoi faire du 1er au 9 août…

“Par sa programmation inédite et son engagement auprès du public, le Festival international de musique de Salon de Provence a fait du concert classique un spectacle vivant.”

G comme Giacometti

30 juillet 2006

“Aucun artiste de ce temps n’aura interrogé la réalité avec autant d’insistance, de fureur et d’émerveillement qu’Alberto Giacometti.” Son premier constat fondateur: l’incommunicabilité. L’essence contre la forme. La liberté laissée à l’objet d’être et de se définir contre celle de forcer l’interprétation. L’élan vers l’impossible rencontre entre l’objet et le regard. Sisyphe créant vie mais s’échappant de la forme qui veut l’emprisonner, s’approchant au plus près de l’essence, de la puissance.

Jacques Dupin le dit si bien dans son livre (éditions Farrago)!

“Il arrive aussi qu’il soit fait de lignes si peu précises, si éloignées en apparence d’une forme humaine que cela tient de la gageure (…): et pourtant il vit.”

“Multiplier les lignes, qu’est-ce d’autre que refuser la signification et la certitude à une seule? (…) De contestation en contestation, toute certitude est retirée à la forme qui ne peut apparaître que sur le mode interrogatif.”

Rapport au corps, liberté, normalisation

30 juillet 2006

“C’est mieux de dire haut et fort qu’on reluque le physique des femmes; pas comme tous ces faux-culs qui regardent des magazines en cachette.”

Non, ce n’est pas mieux. À chacun son rapport au corps. Il y a des polyamoureux comme il y a de purs esprits. Nulle publicité ne devrait être faite qui ouvre la voie à la normalisation. Une intimité est nécessaire.

Ne pas confondre véritable liberté et anticonformisme. Ce dernier empêche d’être libre, car tout ce qui nous fait réagir a priori nous vole d’une part de liberté. Pour être vraiment libre, il faut voir autour de soi, jauger l’autour, se connaître au point de connaître l’emploi que l’environnement fait de nous, dans quelle part il nous habite, et peut-être choisir quelle est cette part.
L’une des clés est le fait d’aimer. Aimer et détester, ceux qui n’en sont plus capables ne sont plus libres. Entre ces deux opposés se cerne parfois l’alchimie du rapport entre soi et l’Autre, entre vie et forme, entre interprétation et définition.

Manipulation

30 juillet 2006

Were you right? Is it all good manipulation? I used to dread it, it seemed evil: “don’t you dare steal from anyone their freedom to experience the world and think”.

But what of just being at their side, as a guardian of Detachment, preserving it for them when they might lose it?

Deuil : décision du Conseil constitutionnel sur DADVSI

27 juillet 2006

Sept jours après la décision concernant la loi relative à l’immigration et à l’intégration, le Conseil constitutionnel a rendu sa décision concernant la loi DADVSI. Je suis atterrée. Voir aussi le billet de maître Éolas sur cette décision. La notion d’interopérabilité a été zappée, incomprise, elle serait mal définie… Pour reprendre une boutade d’informaticien, il semble vraiment qu’il y ait 10 sortes de personnes… ceux qui comprennent l’informatique (sa nature, son statut dépassant celui de technique), et ceux qui ne la comprennent pas.

Imprudence quotidienne des Gentils et répartition du travail

27 juillet 2006

Isa, Fab et Nat discouraient des effets pervers de l’inégale répartition de la gentillesse et de la serviabilité dans certains corps - Éducation nationale notamment. Prenons une personne gentille, serviable et compétente (ce qui va souvent de pair, rien de plus logique d’ailleurs puisque nous sommes naturellement portés vers l’action). La surcharge quasi mécanique induite pour le “marginal” (interlocuteur préféré des étudiants, corvéable de/au service de ses pairs) provoque au bout de quelques années un épuisement général, qui nuit in fine à la qualité du travail de l’intéressé: qualité de son enseignement, qualité de ses recherches, etc.
Si bien que finissent pas se côtoyer trois types de personnes:
- le Gentil, qui finit vite épuisé ;
- le Méchant, souvent incompétent car il n’est pas dans la boucle à rétroaction positive “faire - savoir - faire…”
- le Sage, un Gentil qui se déguise le plus souvent en Méchant pour se préserver.

Bien entendu, tout cela est généralisable aux autres métiers… mais quelle conséquence plus grave que de nuire à la qualité d’un enseignement ?
De l’équilibre ou déséquilibre entre ces trois catégories, que peut-on déduire pour un corps ou une organisation donnée ? Est-il suffisamment nombreux ou adéquat dans sa formation pour l’ensemble des tâches et missions qui lui sont confiées ?

J’en reviens à ce qui me hante, une réforme du droit du travail afin que les travailleurs soient considérés comme des créateurs. Que le contrat qui les lie à l’entreprise parle de “création contre rémunération”. Commencer à tenter de systématiser l’évaluation du travail? Instaurer une obligation de management? Bien sûr c’est un peu dangereux comme chaque fois qu’on tente de substituer la Loi à la Morale - et que l’État risque l’ingérence dans une sphère plus intime. En même temps, le droit du travail qui tente de protéger le salarié du patron, ne le livre-t-il pas à ses pairs tire-au-flanc?

Lu dans les commentaires du blog d’un inspecteur du travail: “Faut arrêter de prendre ses salariés pour des abrutis : la plupart d’entre eux désirent faire leur travail et bien le faire, de n’être pas emmerdés par des tire-aux-flanc (ce qui represente toujours une charge de travail supplémentaire pour les autres) ou des petits chefs harceleurs et méprisants, de travailler dans de bonnes conditions, avec un salaire correct qui permet de vivre sans trembler dès le 15 du mois!”

Après les RMLL 2006, réflexions de fond sur le Web et la collaboration à grande échelle (Wikipédia, WebDSign…)

27 juillet 2006

Suite à l’expérience très enrichissante de la direction du thème Documentation des RMLLs 2006

Nat Makarévitch analyse les contraintes de la collaboration à grande échelle et rappelle la nécessaire séparation des pouvoirs dans toute organisation qui entend profiter de la chance donnée à chacun d’y participer.
- Wikipédia: un mode d’arbitrage à biais corporatiste risquerait d’appauvrir Wikipédia. Conférence très animée, débat contradictoire (voir la vidéo passionnante de la conférence téléchargeable en HTTP mais aussi en P2P par bittorrent sur le site de Michael Opdenacker Free Electrons.
- WebDSign ou le “petit” plus à apporter au Web pour tirer avantage - plutôt que la subir - de la gigantesque (en tout cas à l’échelle des capacités actuelles de nos cerveaux) et chaotique masse d’infos déposées sur le Web, et comment conserver ce pour quoi il fut conçu: un média n’appartenant à personne mais servant à tous, sans danger d’une mainmise quelconque. Un défi n’est-ce pas ? Nat a peut-être la solution avec WebDSign. Grâce à de la certification réalisée à l’aide de sceaux cryptographiques, on peut envisager facilement un système de notations collaboratives très strict, de certification d’informations, de filtrage et d’exploitation pertinents de l’énorme masse d’infos du Web, des regroupements de communautés ayant les mêmes sensibilités, etc.

Jalousie et vieillesse

27 juillet 2006

Jalousie et envie sont des facteurs de vieillissement prématuré. Ils nous enferment dans l’esclavage d’une comparaison unidimensionnelle; ils posent des oeillères à notre regard sur le monde (ainsi d’ailleurs des ambitions aveugles). Or vieillir, c’est oublier de s’adapter et d’être ouvert au monde.