Muriel

Un magnifique voyage avec Robert Schumann grâce à Éric Le Sage

14 juin 2010

Aïe, billet tardif, c’était il y a presque trois mois pourtant.

De premières notes sonnant comme une déclaration à Schumann chéri, incarné par Éric Le Sage. Puis une invitation à un voyage lointain et intérieur à la fois, dans un univers riche et si intense que l’auditeur s’y laisse glisser sans résister. On écoute, on voit, on sent. C’était lors du magnifique concert du samedi 27 mars dernier au Théâtre des Champs-Élysées.

Une occasion rare d’aimer d’emblée Schumann — pour ceux qui ne le connaissent pas. Moment magique d’éloignement et d’intimité, d’images et de couleurs, d’humanité. Un enivrement fait pour l’évasion : fragilité de sons allant droit aux étoiles, harmonies éloquemment tissées, virtuosité transcendée.

À l’entr’acte, j’entends dire que certaines pièces semblent difficiles d’accès ; mais mon innocent voisin, lui, me dit avoir préféré la première partie (close par l’Humoreske) aux Études symphoniques : “J’aime qu’on me laisse voyager et rêver”. Beau compliment. On dresse l’oreille, on part à la rencontre. On imagine, on hume des merveilles et on vit avec Schumann !

Dans les applaudissements à tout rompre et les bis demandés j’entendais gratitude et bonheur.
Un immense merci à Éric Le Sage pour ce grand voyage.

Note 1 :
Prochain concert le 27 juin avec Frank Braley aux Serres d’Auteuil.
Et une émission de radio sur France Musique en direct ce jeudi 17 juin à 18h avec entre autres Éric Le Sage, en public depuis les Serres d’Auteuil.

Note 2 :
L’Intégrale Schumann par Éric Le Sage se poursuit avec éclat :

Note 3 :
Et pour les mélomanes qui ne connaîtraient pas, le site Musique Maestro recense les concerts classiques à Paris par interprètes.

Moi non plus, je n’utilise pas Facebook

30 avril 2010

Je n’utilise pas Facebook car une première tentative m’a fait sentir combien on y devenait un instrument, par l’automatisation barbare de la publication des relations entre les gens. Barbare car s’il faut bien être deux pour une quelconque relation sociale, la symétrie de la gestion de cette relation est tout sauf acquise, et chacun gère selon un mode qui lui est propre. Or des outils tels que Facebook prétendent par défaut instaurer une symétrie mécaniquement et brouillent la frontière public / privé.

Et sans même parler de l’utilisation des données collectées à des fins intéressées.

Un billet de blog analyse les réserves à avoir quant à ce réseau “social” : Pourquoi je n’utiliserai plus Facebook.

Eric Le Sage joue Schumann au Théâtre des Champs-Elysées

26 mars 2010

Demain est un soir attendu, surtout après la découverte du volume 8 de l’intégrale Schumann d’Eric Le Sage — j’en réécoute en boucle le Carnaval de Vienne sans me lasser, en entendant chaque fois des sons, des lignes, des rythmes nouveaux.

Demain samedi 27 mars 2010, au Théâtre des Champs-Elysées à 20h, Eric Le Sage joue Schumann :

  • Blumenstück en ré bémol majeur op. 19
  • Trois Romances op. 28
  • Humoresque en si bémol majeur op. 20
  • Études symphoniques et Variations posthumes op. 13

Merci au site Musique Maestro pour le calendrier intelligent des concerts :-)

Benoit Perreaudeau retrouvé - concert guitare solo à l’Endroit (Paris) le jeudi 11 mars 19h30 et 22h

10 mars 2010

Je retrouve récemment Benoit Perraudeau qui joue seul jeudi 11 mars 2010 en deux sets d’une heure à l’Endroit (19h30 et 22h). Je cite les détails :

“Influences : Bill Frisell | Sonic Youth | Blonde Redhead | Bartok”

Benoit joue dans le groupe Film noir :

« Le groupe a su tirer le meilleur de ses influences pour composer un rock élégant, teinté de Jazz, et composer des mélodies juste superbes. » 90bpm

“Ce groupe possède une telle capacité à absorber une quantité folle de styles, d’atmosphères musicales que c’est survoltant, subjuguant” The French Touch

“Their sound is multi-layered, intricate, and infectious” Skopemag.com

Réparation d’un piano Yamaha U3 (suite) — le piano retrouvé

9 mars 2010

Mission accomplie, les 88 ganses de ressorts de marteaux ont été recollées. Robin Lehry est revenu et m’a donné son quittus pour cette mission.

Le système Silent de Yamaha de l’époque, installé, bridait en fait le déplacement des marteaux par une barre — il semble, d’après Robin Lehry, que ce soit moins le cas des nouveaux systèmes. Mon piano a retrouvé sa voix et perdu son Silent.

Les pilotes ont été remontés : finie la “latence” d’enfoncement (5 mm d’enfoncement de touche sans action sur le marteau…) qui rendait impossible le contrôle de la production du son, et qui, j’imagine, combinée avec la fausseté des notes et des accords, m’a désappris l’intime lien entre ce qu’on veut faire, ce qu’on fait, et ce qu’on entend, m’a finalement éloignée de ce piano, et fabriqué des réflexes de prise d’élan donnant une teinte désespérée aux tentatives de pianissimi.

Enfin, les marteaux ont été rapprochés des cordes. Amplitude de son retrouvée.

Un dernier accord, et un grand merci !

Réparation des ganses des marteaux d’un piano Yamaha U3

8 février 2010

Ganse : fine lanière de coton tenant les ressorts des marteaux. 4,75 cm, maxi.

Après avoir ôté tous les marteaux :

  1. Ôter la fouche en desserrant la vis de l’axe de rotation.
    [Attention : ranger les fourches parallèlement aux marteaux pour conserver l’ordre. Chaque marteau sa fourche.]
  2. Découper les ganses (travailler 10 par 10) : 4,8 cm maxi.
  3. Enduire de colle néoprène Sader (plutôt trop que pas assez).
  4. Limer les rigoles des fourches, là où s’insèreront les ganses et ôter les résidus de colle et ancien coton. Bien redessiner la rigole.
  5. Enduire de colle avec un cure-dent et bien passer au fond, lisser avec le doigt et surtout ne pas mettre de colle sur l’axe.
  6. Vérifier l’état de la colle : sèche et brillante.
  7. Poser l’un des bouts de la ganse et enfoncer avec l’ongle.
    [Attention : pour mesurer à l’oeil précisément le placement du deuxième bout, dessiner le “triangle”.]
  8. Vérifier le balancement (avant de remettre le ressort)
  9. Positionner l’axe dans la petite gouttière (”clic”)
  10. Revisser la vis, serrer un peu à fond, ne jamais forcer.

Robin Lehry m’a fourni ces explications. Plus que 80 marteaux à faire.

Prononciation en anglais : éviter les pièges courants grâce à la BBC

19 novembre 2009

Merveilleux site que celui de la BBC, où l’on trouve de précieux didacticiels sonores pour éviter les pièges communs (pour les francophones) de la prononciation anglaise : “i” et “o” ou “ou” brefs et longs, fermés ou ouverts, diphtongues :

Retour de vacances — blocage des commentaires

19 novembre 2009

Partir, c’est prendre de la distance : voir de loin, voir d’autres choses, revoir autrement. C’est le calme retrouvé, :-)
Et le train-train va reprendre… qui n’est jamais le même quand on sait vivre. Mais ça s’appelle quand même un train-train !

Pour ceux qui aiment penser…

20 mai 2009

Tout le monde aime penser, mais peu aiment chercher le vrai, dit Jean-François Revel dans son avant-propos à l’édition de 1979 de Pourquoi des philosophes (merci Ollivier !).

Pas facile de penser quand tout est fait pour abrutir. Ni temps, ni énergie dispose, aliénés que nous sommes. D’où le besoin éternellement conjoncturel de philosophes, qui donnent à penser — pas plus, nul ne doit laisser un autre penser pour lui.

Je conseiller d’aller penser et discuter avec Ollivier Pourriol à une séance de CinéPhilo, ce week-end au MK2 Bibliothèque à Paris, samedi 23 mai 2009 à 10h et 12h et dimanche 24 mai 2009 à 11h, autour de Hegel.

“L’homme aime penser, mais cela ne signifie pas qu’il aime le vrai. Penser sert à des millions d’autres choses, et souvent bien plus agréables, ou plus avantageuses à tous égards, que de chercher le vrai. Mais, justement, il était jadis communément entendu que ce secteur marginal de la pensée qui consiste à chercher le vrai était, au point de départ du moins, celui de la philosophie. L’intérêt, l’orgueil, la soif de puissance et de gloire, la répugnance à modifier un jugement, ou une théorie ne devraient, en principe, pas entrer en ligne de compte chez le philosophe, puisque philosopher, ou la condition pour philosopher, c’est en principe d’abord neutraliser ces passions qui perturbent et faussent la pensée.” Jean-François Revel, Pourquoi des philosophes.

La peur du blog blanc

7 avril 2009

Trop de choses à dire… par quel bout ? Le puzzle aux millions de pièces peine à s’assembler. Chaque mot est une trahison, on se désespère, tel l’enfant qui pleure de ne point parler. Sous le Rameau de Céline Frisch volètent les notes de clavecin : leur vérité voile les mots, leur rythme dénude la pensée.

C’était Lélio de Berlioz

15 mars 2009

Cela faisait un an et tout d’un coup, hop, geste magique, saccade rotative pourtant si souvent répétée autrefois : l’allumage de la radio. Yes, roulez jeunesse, à nous la vie, je tombe sans bobo sur un concert en direct qui me chamboule : “Lélio” de Berlioz. Un bémol, la voix (le métier ?) de Gérard Depardieu contraste avec la finesse, la poésie, la légèreté, la richesse, la générosité, la force de la musique de Berlioz dirigée par Ricardo Mutti et Matthias Brauer. Magnifique, merci France Musiques.

Vacance

11 mars 2009

C’était il y a longtemps déjà, un moment hors du quotidien — de ceux où l’on se sent la grâce d’une feuille automnale, libre, bercée par le vent l’emportant en toute direction. On goûte l’espace, lentement, longuement, en prenant son temps. Quel est donc cet air ? Celui qui gonfle mes poumons ? Quelle est cette légèreté qui filtre dans mes mains, par mes yeux, mon front, et habite mon sourire ? Où me portent mes pas ?

Two gentle people

9 mars 2009

Deux êtres sensibles

Ils restèrent longtemps assis sur un banc du parc Monceau sans s’adresser la parole. C’était une journée pleine de promesses, un prélude à l’été ; de fins nuages blancs s’étiraient dans le ciel, poussés par un vent timide. La brise aurait pu tomber à tout moment pour dévoiler l’azur pur du ciel — mais il était trop tard déjà, le soleil serait couché avant.
Avec quelques années de moins, les conditions auraient été réunies pour une rencontre amoureuse, cachés qu’ils étaient par le flot incessant de poussettes. Mais plus tout jeunes déjà, ni l’un ni l’autre n’entretenaient la vaine nostalgie d’une jouvence perdue — quoique lui portât plus beau qu’il ne croyait, avec sa soyeuse moustache à l’ancienne arborée tel un gage de bonne conduite, et qu’elle fût plus jolie que son miroir ne lui laissait croire.
Leur modestie et leur désillusion les rapprochaient ; même séparés par un mètre de métal vert, on les aurait cru un vieux couple marié ayant fini par se ressembler avec l’habitude. Des pigeons, telles de petites boules grises roulant à leurs pieds, allaient et venaient sans qu’ils y prêtent attention. L’un et l’autre jetaient parfois un oeil à une montre, sans jamais se regarder — pour l’un comme pour l’autre, ce moment de quiétude et de paix était compté.

Traduction libre (très) et du début de “Two Gentle People”, Graham Greene (collected short stories). Commentaires et critiques bienvenus

Présence

25 février 2009

Un soir de solitude — et toute une vie se repeuple. Quelques mesures des Chants de l’Aube ressuscitent violemment des pans entiers d’hémisphère droit. Je pourrais emporter ces quelques notes sur une île déserte. Sous quelle forme ? Des taches noires se balançant sur des lignes, recréées en couleur en mon for intérieur, chantées ? Ou leur son — un disque ? Ce que j’en aurais gardé à jamais — une émotion ? Une platonique idée — mon chouchou, Schumann ? Avec douze mois de vie supplémentaires, j’entends autrement, le tempo est plus juste, tout est riche ou bien pur.

Pou pou pou… pon pon pon…

2 février 2009

Touuu-didou, dada, doudou diiiii… Didaaaa da-da-da, toudidou da da diiiiii…

Tranche de métro (2)

15 janvier 2009

Chaque matin, chacun encore un peu chez soi, en train de se vêtir d’atours pour un monde tout autre. Indécise frontière, entre-deux mondes subtil où chacun se révèle. Le sommeil n’est pas loin. Boulot ou sweet home ?
Chaque soir, entre chien et loup, des fronts barrés de souci, regards d’attente perdus, sourires flottants de retrouvailles proches.
Poésie de la rame, paradoxal refuge où l’humain reste soi.

Tranche de métro (1)

TGV de Noël

31 décembre 2008

Le mercredi 31 décembre 2008 à midi, dans un wagon plein de gens fatigués partant le coeur léger, un digne et équanime ivro-dandy en perpétuel état de réveillon propage avec un peu d’avance l’odeur aimée de sa sainte bière. Digne, c’est sûr, car lié au monde par sa montre, gage d’irréprochable ponctualité, qu’il consulte régulièrement non sans légère hésitation : est-ce là l’heure véritable, ou bien en est-ce une fausse — qui expliquerait cette étrange impression de décalage d’avec le monde ?

Les témoins extérieurs à ses questionnements l’épient avec indulgence. Il offre un irrésistible appel à sourire, force la complicité entre voisines. L’inconnue, à quelques centimètres, vit depuis vingt ans dans le pays le plus lointain et étranger pour ne cesser de réchapper de sa tragique histoire, qu’elle déroule à la hâte comme une pelote-fardeau, juste avant de quitter le train. Oui, l’histoire est incroyable — fût-elle “croyable”, le monde serait différent.

Récital de Geoffroy Couteau ce jeudi 3 avril 2008, rue d’Ulm à Paris

3 avril 2008

Geoffroy Couteau joue ce soir un très beau programme à 21h, salle des Actes de l’Ecole Normale Supérieure rue d’Ulm :

  • Mozart: Variations “Ah vous dirai-je maman” kv 265
  • Kurtag: Splinters
  • Chopin: 1ère ballade op 23, Valses op 34 n°1, op 64 n°2, op 69 n°2
  • Brahms: Klavierstücke op 118
  • Liszt: Mephisto valse

Musique enfin : baisse des prix et offre en ligne de Deutsche Grammophon

20 janvier 2008

Si jamais la musique de nos vieux compositeurs chéris (Schumann, Bach, Schubert, Mozart et ses concertos pour piano…) était élitiste, ce ne serait plus par le prix ! Voyez cet album des concertos pour piano de Poulenc, acclamé par la critique à seulement 7 €, ou encore les classiques RTL pour enfants avec Pierre et le loup de Prokofiev conté par M. Galabru, et l’Histoire de Babar contée par F. Lodéon à 6 € seulement…

Et sur le site de Deutsche Grammophon, comme signalé dans l’article du Monde du 2 janvier “Deutsche Grammophon mise sur le téléchargement“, des albums à 10€ et aussi des coffrets pouvant être difficiles à trouver : la Passion selon St-Matthieu de J.-S. Bach avec les oratorios de noël et la messe en si mineur enregistrés en 1965 avec Fritz Wunderlich. Merveilleux, un extrait de chaque pièce peut-être écouté — et acheté séparément. Les morceaux sont fournis au format MP3 sans DRM (Digital Rights Management) avec un débit de 320 kilobits par seconde. Et d’après l’article du Monde, « les experts «audio» s’accordent pour dire que la qualité de ces téléchargements ne peut être distinguée de celle d’un CD ».

Extrait 1 : Chants de l’aube de Schumann par Éric Le Sage
Extrait 2 : Partitas de Bach par Zhu Xiao-Mei
Extrait 3 : Fantaisie de Schubert D940 par Maria Joao-Pires et Ricardo Castro
Extrait 4 : Lied “Abendempfindung” de Mozart par Anne-Sofie von Otter
Extrait 5 : Andante du concerto n°23 de Mozart par Kempff (1960)

Schumann par Éric Le Sage, intégrale de musique de chambre à la salle Pleyel les 12-13 janvier 2008

2 janvier 2008

Mise à jour 20080116 :
Comment ne pas aimer Schumann plus encore quand on nous offre un long voyage dans son univers riche, phrases divines, rythmes humains, virtuosité des styles. Merveilleux musiciens sous l’impulsion d’Éric Le Sage, dont la richesse musicale et pianistique semble inépuisable pour ce compositeur. Oui, les concerts du week-end dernier étaient exceptionnels. Et le régal se poursuit avec le 3e volume de l’intégrale de musique pour piano et musique de chambre de Robert Schumann, qui vient juste de sortir. Dans ce nouveau disque notamment, les sonates pour violon et piano par Éric Le Sage et Gordan Nikolic. Que du bonheur !

Le deuxième disque de l’intégrale de la musique pour piano de Schumann par Éric Le Sage a été salué par des critiques dithyrambiques, notamment sur resmusica.com :

(…) c’est une bénédiction de trouver un interprète de cette trempe dans cette musique. Car Schumann, cela ne s’apprend pas; c’est un talent conféré à de très rares élus. Les pianistes les plus célèbres se sont cassé le nez sur ce langage pianistique impossible à codifier et à rationaliser. Schumann, c’est un flux, un flot de passion et de doute qui ne supporte ni la rigidité ni le laisser-aller. Parmi les grands interprètes de cette musique, on compte Emil Guilels, Geza Anda, Nelson Freire, Sergio Fiorentino et Martha Argerich. Ces trois derniers ont gravé des versions dites «de référence» de la fameuse Fantaisie opus 17. Le Sage se hisse à leur hauteur grâce à une interprétation incandescente, enchâssée dans un programme original. — Christophe Huss

Et dans la rubrique Vitrine du disque du Devoir.com :

Schumann par Éric Le Sage : magistral (…) Éric Le Sage poursuit avec cet album son intégrale de la musique pour piano et de chambre de Robert Schumann (…) cette série fera vraisemblablement date : magnifiquement interprétée et enregistrée, chaque pièce – connue ou pas – devient passionnante à écouter, aussi bien dans la délicatesse que dans la force. C’est beau, le piano bien joué. Conquête totale. À quand la suite ? — Frédéric Platzer

Justement, il enchaîne avec l’intégrale de musique de chambre de Schumann à la salle Pleyel ces samedi 12 janvier à 16h et 20h, et dimanche 13 janvier 2008 à 11h puis 16h00. Quel bonheur en perspective pour ceux qui aiment ce compositeur !

Publicité pour Éminence

26 juillet 2007

Cheveux ras ou épais, passez votre chemin.

Votre tignasse épaisse se compose de fins cheveux qui — l’union faisant la force — opposent une résistance farouche à toute tentative de pénétration, par l’eau ou par des poils de sangliers. Le minuscule diamètre moyen du cheveu lui confère une force insoupçonnée de capillarité. D’ailleurs, rapportez diamètre, longueur, et propension à onduler : plus les proportions sont proches de celles des peluches textiles qu’on trouve fatalement au coeur des noeuds, plus l’emmêlement est probable.
Après de longues années de lutte, les brosses à cheveux se succèdent sans succès. Trop ambitieuses dans leur densité de poil, elle ne touchent pas les mèches profondes. Trop dures, elles cassent le cheveu sans le faire fléchir. Trop clairsemées, elles sont un coup d’épée dans l’eau. Bouletées pour protéger le cuir chevelu, elles emportent noeuds et cheveux avec…
Sur le point d’abandonner et de couper court, vous découvrez enfin une nouvelle génération de brosse à cheveux : les brosses Éminence Bubinga. Vos cheveux ne sont plus coupables (de tous les noeuds).

RMLL 2007 - Thème Documentation (partie méthode)

19 juillet 2007

Oui, il aurait fallu annoncer ma partie du thème Documentation avant les RMLLs mais mieux vaut tard que jamais…

Après l’expérience du thème Documentation des RMLLs 2006, j’ai pris en charge la journée du vendredi 13 juillet du thème Documentation de cette année, journée axée sur “L’écrit et la communication au service des logiciels libres”, notamment pour la diffusion et la visibilité des projets et documentations libres. Au programme donc, de courtes conférences plutôt méthodologiques.

Nous commençâmes merveilleusement la journée sur la passionnante question de l’asservissement de la forme au fond avec une conférence magistrale de Louis Desjardins, principal contributeur “métier” au projet Scribus, logiciel libre de mise en page concurrent d’XPress, et organisateur du Libre Graphics Meeting à Montreal. Quels principes régissent toute bonne mise en page ? Les fondements furent brillamment abordés et illustrés par notre conférencier, puisant dans ses quelque 20 années de métier : l’importance des blancs (marges/gouttières), les blocs de gris typographiques (le problème des lézardes de blancs qui introduisent un faux rythme qui bruite), l’usage pertinent de la couleur (ou comment colorer un texte avec des niveaux de gris), l’interdépendance entre largeur de colonnes, choix typographiques, et corps de caractères (une colonne étroite appelant nécessairement un corps plus petit, un interlignage plus faible), les éléments graphiques (ou comment costumer le texte de fonds, d’illustrations, toujours en appui, jamais en écrasement de l’un au détriment de l’autre…), la notion primordiale de hiérarchie visuelle de l’information. Enfin, Louis concluait sur son témoignage professionnel vis-à-vis des outils libres qu’il considère tout à fait mûrs pour de la production industrielle : PDF de qualité prépresse avec quadrichromie, feuilles de style — et à venir : feuille de style de caractères, prise en compte des fines et gestion des repères.
Louis Desjardins avait d’ailleurs inauguré cette session par deux ateliers — bondés — de pratique de la mise en page sous Scribus. Les participants étaient littéralement conquis par l’amour de cette belle discipline et l’enthousiasme du conférencier pour la puissance et la richesse de ce logiciel libre.

François Lasselin vint ensuite nous parler d’ergonomie appliquée au Web, l’ergonomie étant notamment issue d’études sur la fatigue à l’ère industrielle. Toute conception d’interface consiste à résoudre un problème de communication ; l’ergonomie web commence très en amont, aux tests fonctionnels. L’écueil principal : le décalage entre la vision du concepteur et celle de l’utilisateur, qui ne s’intéresse pas du tout au fonctionnement du site, ne reste que quelques secondes par page et ne veut pas avoir à réfléchir. Il ne faut pas figer sa vision de l’utilisateur, pas plus qu’il ne faut forcer dans l’originalité en s’éloignant des conventions usuelles et des standards — j’ai d’ailleurs demandé s’il existait quelque avis critique sur ces conventions et standards (menu à gauche, onglets en haut…). Quelques exemples vivants de tests utilisateurs sur des sites tels que La Redoute et Promod montraient que la richesse de contenu pertinent et non imposé (non encombrant) faisait la différence — faisant sourire certains messieurs comme si le shopping vestimentaire était le vice exclusif des femmes.

Dans la continuité directe des questions de mise en page et d’ergonomie, Jean-Pierre Villain a fait une conférence magistrale et extrêmement dense sur l’accessibilité web, les normes et bonnes pratiques existantes, précisant qu’aucun webmestre ou développeur web ne devrait les ignorer et qu’elles devraient faire partie du cursus de tout étudiant en conception et développement web. Une conférence à laquelle tout concepteur web aurait eu intérêt à assister !

Pour clore la matinée, des retours d’expérience pleins de dynamisme étaient donnés sur l’enseignement et la diffusion de l’informatique libre à l’ENST (Samuel Tardieu) et à l’École ouverte francophone (Alix Mascret, Jean-Philippe Gaulier). Cette école de certification à distance qui compte déjà des membres de plusieurs pays francophones a fait ses preuves en formant des jeunes gens non seulement à des techniques d’administration mais aussi à l’esprit de collaboration qui a cours dans le développement de logiciels libres.

L’après-midi a ensuite débuté avec deux conférences en rapport avec le monde de la presse : une conférence traitant d’éthique et journalisme, par Philippe Davy, dévoilant les rapports de force entre presse informatique et éditeurs, en précisant les limites du modèle économique, et une autre plus pratique sur la mise en place d’une campagne de presse (media training), par Véronique Loquet — où l’on vit notamment à quoi ressemble un rétroplanning de lancement de produit et les erreurs à ne pas commettre lors d’une interview avec un journaliste.

La question générale de la crédibilité d’une information et de son auteur sur le Web a ensuite été abordée lors de la conférence de Laurent Bloch, qui faisait part de réflexions de fond sur ce qu’est l’identité sur le Web, où ont été abordés les problèmes de confiance et de réputation, d’anonymat et de pseudonymat, dans la droite ligne de la conférence sur Wikipédia de l’année précédente. Inutile de le dire, la fin de la conférence fut animée de quelques débats.

Pour finir, j’ai donné quelques bribes d’idées, tirées d’une conférence de Kathy Sierra, pour rendre accros ses utilisateurs et ai rappelé ce que veut dire bien traduire — non sans terminer sur une très vivante séance de questions réponses à la fin, où des cas pratiques de néologismes et anglicismes et mauvaises traductions furent soulevés — et résolus.

Pour conclure, Sophie Gautier (fr.openoffice.org) avait envoyé une présentation de l’expérience du processus d’internationalisation de la version d’OpenOffice.org 2.3.

Voilà, j’espère que cette journée du thème Documentation et les autres conférences du thème ont été utiles,
merci à tous les conférenciers !

RMLL 2007 - Barnum du village des associations

19 juillet 2007

Le barnum du Village des associations des Rencontres Mondiales du Logiciel libre fut une première expérience extrêmement réussie de communication envers le grand public. Des passants décontractés de ce samedi 14 juillet, curieux, venaient voir d’où émanait tant d’agitation gaie. Démos d’Ubuntu et ses bureaux 3D, de jeux vidéo, projection de films, exposés des principes…
Postée sur le stand de l’AFUL, j’étais à l’affût de toute personne semblant disposée à s’intéresser et comprendre, et mes interlocutrices préférées étaient des femmes, toujours immédiatement sensibles aux implications à long terme (d’intérêt général) d’un mode de développement sans secret de fabrication et basé sur la transparence et la collaboration. Il était facile alors de montrer l’importance de soutenir une industrie logicielle saine et créative, avec une concurrence basée plus sur les compétences que sur des monopoles de propriété intellectuelle, et de rappeler les aspects stratégiques de maîtrise technique des infrastructures informatiques. L’informatique et ses normes et formats doivent avoir le statut d’infrastructure publique; il s’agit de bien public.

Expérience riche et revigorante donc, avec des visiteurs parfois ébahis de découvrir un “autre monde” mais ayant, en général, déjà entendu au moins parler de Firefox, d’OpenOffice.org et de Linux. Combien repartirent ravis, un CD d’Ubuntu Feisty sous le bras… le plus souvent pour installer des logiciels libres sur leur poste Windows existant.

Réfléchir posément

21 mars 2007

Économie quaternaire versus économie tertiaire, comment parvenir à cette maturité ? Voici un billet de Michel Volle sur le sujet (le billet parle aussi un peu de François Bayrou mais pas que). Autre billet intéressant de Laurent Bloch et Nat Makarévitch qui donne à réfléchir sur l’anonymat, le pseudonymat, l’intelligence collective si tant est qu’une telle chose existe…

Dancing machines, hidden and suffering minds

21 mars 2007

Some had resisted the big machinery that transforms thinking and dancing people into lifeless machines. Some indeed had, and this mere fact deserves attention and reflection. They are alive. Listen well to their body, you will hear suffering muscles, but enthusiastic dances…

Les spams de supporters de NS

21 mars 2007

Je ne sais pas pour vous, mais je reçois des spams très fatigants de supporters du candidats NS — il s’agit pour certains de connaissances à qui j’ai répété ne plus souhaiter recevoir de tels messages, mais avec la montée de FB, cela s’intensifie ! Extrêmement désagréable. Êtes-vous nombreux dans mon cas ? Le mépris pour l’autre, celui qui ne comprend pas, teinte ces tentatives. La verve agressive qui prétend sauver le monde, domine. La disqualification a priori de tout ce qui ne rentre pas dans le rang fait fuir le débat d’idées. Bref, ça ne vole pas haut et l’orientation des messages vire à la critique personnelle des autres candidats.

À lire absolument avant l’élection présidentielle :-)

21 mars 2007

Si vous êtes las, oubliez tout, détendez-vous et lisez simplement ces quelques définitions en sirotant un thé vert : totalitarisme, dictature, libéralisme.

Plagiat chez les étudiants

21 mars 2007

Une note m’est parvenue, enjoignant les enseignants à faire signer aux étudiants un engagement à ne pas plagier.
J’ai renvoyé vers cette explication synthétique concernant le plagiat estudiantin sur le site de l’université de Paris IV qui explique notamment comment détecter très facilement un plagiat sur Internet (les moteurs de recherche permettent de le faire instantanément) et explique aussi que des mesures de répression sévères peuvent être prises.

Quant à la prévention… une paperasserie supplémentaire, ou qui risque d’être ressentie comme telle, constitue-t-elle une bonne prévention ? Cela tend à faire croire que les professeurs sont dépassés par les possibilités de l’Internet et n’ont pas su s’adapter. Cela peut donner l’impression d’une posture défensive qui me semble nocive — par mon métier, j’ai assez conscience d’un sentiment de décalage parfois fort entre ceux qui sont “hors du coup” et ceux qui sont “dans le coup”.

On me fait remarquer justement que “cela correspond aux usages car cela fait appel à la responsabilité personnelle, sans laquelle aucun enseignement ne tient, par une dimension presque contractuelle (préfigurant bien l’activité professionnelle ou non d’un adulte dans notre société)”.

J’ai posé la question pour aller au cœur du problème : que veut-on prévenir ?

  • le mensonge [là que peut-on espérer faire…] ;
  • la disparition totale de la capacité à articuler sa propre pensée [l’oral reste la plus sûre parade (?) ] ;
  • la non-détection de problèmes de langue [mini-devoirs sur table (?) ] ;
  • une surcharge de travail pour les professeurs [mais que préférer entre faire signer un papier à tous les étudiants et rechercher une phrase dans un moteur de recherche ? ].

Il est peut-être difficile d’éviter de demander des exercices scolaires dont la réponse est forcément quelque part sur l’Internet, cela dit de tels exercices ont-ils une chance d’être ressentis comme utiles…
Enfin, n’y a-t-il pas un problème autrement plus urgent, celui de la garantie de l’esprit critique  ? Il faut que les étudiants apprennent à se servir de l’Internet — qui reste heureusement encore un lieu d’expression sans censure — et aient cet esprit critique. Le petit livre sur Wikipédia explique bien la nécessité d’une démarche de validation de l’information, car le vrai problème est plutôt là.

D’ailleurs, on pourrait imaginer qu’apparaissent de nouveaux métiers comme la veille technologique, le décryptage et la vérification d’information, etc.

Raccourcis clavier sous Ubuntu Edgy

21 mars 2007

Décembre 2006, enfin un nouvel ordinateur portable, Dell Latitude D620, avec une Ubuntu Edgy (Gnome).
Un raccourci clavier par application à lancer grâce à gconf-editor, plus puissant que l’éditeur de raccourcis par défaut de Gnome (Système>Préférences>Raccourcis clavier). La touche Windows<mod4><hyper> est utilisée. (Voici comment savoir dans Gnome quel est le nom de modificateur associé à cette touche du clavier).
Tout d’abord les configurations simples depuis l’éditeur de raccourcis convivial :

Configuration des raccourcis clavier GNOME - menu Système>Préférences>Raccourcis clavier (1)Configuration des raccourcis clavier GNOME - menu Système>Préférences>Raccourcis clavier (2)

Ensuite depuis gconf-editor, on associe une combinaison de touches à des commandes, puis des applications à ces commandes respectivement à travers les menus /apps/metacity/global_keybindings et apps/metacity/keybinding_commands.

gconf-editor : associer raccourcis et commandes (touche Windows = Mod4 Hyper)Raccourcis clavier dans GNOME - configuration avancée avec gconf-editorgconf-editor : gestion des fenêtres par des raccourcis clavier

Et voilà, Firefox, Thunderbird, JPilot, OOo, Gedit, xterm s’ouvrent d’un raccourci clavier, ainsi que mon dossier personnel…

Bon, la nouvelle version de Firefox n’entendait plus la touche Alt+Backspace comme commande pour revenir à la page précédente, donc retour au bon vieux raccourci clavier Alt+flèche gauche. ça remarche.
Pour le chiffrement, l’interface kgpg qui vient en façade de gnupg fonctionne bien.
Son et musique : je prends soin d’associer à tous les fichiers de musique l’application xmms plutôt que totem, pour un meilleur son (un commentateur érudit me dira peut-être pourquoi ?)
Pas de meilleur rendu pour les polices à l’écran.
L’hibernation est réparée avec une configuration pour vérifier que des applications (son par exemple) ne bloquent pas l’endormissement. La touche d’extinction est mappée sur l’hibernation.

Denis Pascal jouait Liszt, Ravel et Debussy à Gaveau

27 février 2007

Un grand musicien jouait jeudi dernier à la salle Gaveau. Denis Pascal a réussi à tirer danse, rêverie et drame des Rhapsodies hongroises, que j’ai autrefois trop souvent entendues version bourrin, version “je montre héroïquement ce que je sais faire”. Quant au Gaspard de la Nuit, c’était magiquement coloré (et puis, Marie-Christine Barrault a dit le poème d’Aloysius Bertrand si vivant que j’avais l’impression de le découvrir pour la première fois). Et les Images de Debussy : pfiew. Une telle maîtrise des couleurs, une telle ligne. Les ayant dans l’oreille par Michelangeli, ce fut là aussi une redécouverte. Chatoyantes, élégantes, vivantes et racées. Quel maître ! Bien sûr, à la fin du concert, j’avais le fol espoir qu’il joue quelque mouvement d’une sonate de Schubert en bis… En attendant, je vais creuser du côté de son intégrale des Rhapsodies hongroises de Liszt et son disque des Images de Debussy.

Quatuors et sonates de Brahms et Fauré au Musée d’Orsay (par Éric Le Sage)

24 janvier 2007

Éric Le Sage joue Brahms et Fauré demain soir jeudi 25 janvier 2007 au Musée d’Orsay à 20h avec François Salque, violoncelle, Lise Berthaud, alto, Nicolas Dautricourt, violon :

  • le Quatuor n° 2 pour piano et cordes op. 45 de Gabriel Fauré et
  • le Quatuor n° 2 pour piano et cordes op. 26 de Johannes Brahms.

Le jeudi 1er février 2007 à 20h il jouera des sonates de Brahms avec Paul Meyer, clarinette, et François Salque, violoncelle :

  • Sonate n° 2 pour clarinette et piano op. 120
  • Sonate n° 1 pour clarinette et piano op. 120
  • Trio pour clarinette, violoncelle et piano op. 114.

Je ne raterai pas ces deux concerts.

Romantisme geek ?

12 janvier 2007

Je viens de découvrir grâce à Samuel le site xkcd (en anglais) :
Romantisme geek

Avis ébahi sur la première mouture de l’avant-projet de décret créant l’Autorité de régulation des mesures techniques

6 janvier 2007

Vers le 20 décembre 2006, j’ai bondi en lisant cet avant-projet de décret créant une “Autorité de régulation des mesures techniques de protection” — celle instituée par le vote de la loi DADVSI.

Pourvu que ce ne soit qu’un lointain brouillon car, en l’état, il est inacceptable…

La protection de l’interopérabilité y semble subordonnée à une Autorité de régulation des mesures techniques de protection (ARMT) dont cet avant-projet de décret (version du 17/11/2006 semble-t-il) ne donne aucune garantie d’impartialité, et laisse penser qu’elle ne serait soumise à aucun contrôle extérieur. L’opacité de fonctionnement serait totale…

Édictant ses propres règlement intérieur et code déontologique sans aucune obligation de publication, l’Autorité telle qu’entrevue par ce projet de décret n’offrirait aucune garantie d’impartialité en fait. Prétextant un bien vague “secret des affaires”, défini à sa discrétion, elle pourrait juger et décider en toute opacité des affaires pour lesquelles elle serait saisie. Décidant seule des critères d’éligibilité des entités et associations qui peuvent la saisir, elle agirait dans un cadre méprisant les plus élémentaires principes d’égalité devant la loi.

Ce n’est pas tout, nullement assujettie à aucune modalité de publication de ses comptes-rendus de décision, autre que celles définies par elle-même dans son règlement intérieur, saisissable à la demande d’un tiers de ses six membres — deux de ses membres étant issus respectivement du Conseil supérieur de la Propriété littéraire et artistique, et de l’Académie des Technologies… — elle pourrait imposer à ceux qui, pour des raisons d’interopérabilité, demanderaient des spécifications de MTP, le versement d’une indemnité n’apparaissant semble-t-il pas dans loi d’origine.

Elle jugerait en outre du bien-fondé de sa saisine pour interopérabilité en exigeant du demandeur la description de son “projet”, subordonnant ainsi à une évaluation ponctuelle commerciale l’application du principe d’interopérabilité indispensable à la libre
concurrence. Charge en outre à ce même demandeur, si l’injonction n’est pas respectée, de re-saisir l’Autorité pour une sanction éventuelle…

Bref, pour rester polie, une atteinte au principe de séparation des pouvoirs exécutif, législatif, et judiciaire, qui met en l’occurrence en danger les perspectives industrielles du pays en matière de création logicielle et de services en ligne.

Si c’est censé n’être qu’un brouillon — pourvu que la mouture finale n’y ressemble pas ! — cela donne quand même un bien inquiétant départ…

Citations du jour : tu aimeras ton contemporain

17 décembre 2006

Quelques citations prises par-ci par-là, en décousu… et recousu ; celle d’Hervé Bazin m’est chère. Les lisant aujourd’hui, me vient l’injonction : tu aimeras ton contemporain…

Je reprends ici tel quel l’un des nombreux commentaires à l’article du Monde “Nicolas Sarkozy défend l’exil fiscal de Johnny Hallyday” :

MICHEL C.
16.12.06 | 19h21
Ne faut il pas retirer la nationalite francaise a ceux qui gagne des millons d euros et qui pour echapper a l’impot vont 6mois et un jour en SUISSE ou ailleurs ? . La caissiere du super marche qui ne peut travailler que 60 heures et gagner 300 euros et tous les pauvres smicards et compagnie continueront a souffrir. EGALITE FRATERNITE SOLIDARITE La REPUBLIQUE fou le camp A la lanterne

Jean-Michel Dumay dit dans un article consacré à Wikipédia du Monde daté du 17 décembre 2006 :

“Dans un article de la revue Etudes de décembre, Anne Guibert-Lassalle, auteur illustrateur, regrette à juste titre que la littérature pour les moins de 12 ans, en France, n’aborde que très partiellement la complexité des guerres, dont l’examen méticuleux des causes pourrait conduire à une forme d’éducation précoce à la paix. Elle rappelle combien, souvent, ce sont d’abord les convictions de détenir la vérité qui déchaînent la violence.”

La pluralité des convictions, c’est important parfois à rappeler. Le coût de la haine aussi, que l’inconséquence nous fait parfois oublier (la haine n’est pas gratuite, héhé, ce serait trop facile…).

Voilà d’ailleurs une occasion de rappeler l’existence de cet excellent (trop ?) livre sur Wikipédia.

Autre article, passionnant, sur l’éternelle adolescence, issu d’entretien avec la photographe britannique Julia Fullerton-Batten :

“Dans les sociétés traditionnelles, on distinguait l’enfance, temps de l’apprentissage, la maturité, pendant laquelle on travaillait et élevait ses enfants, et enfin la vieillesse. Aujourd’hui, nous assistons à un brouillage de ces trois âges de la vie.” (…) “Et surtout, la jeunesse s’impose comme un impératif. Elle n’est plus seulement un moment de la vie mais une condition de la survie.”

Notez qu’on aurait intérêt à ce que certains souhaitent veillir moins vite.

Hervé Bazin, dans son livre “Ce que je crois” (Grasset, 1970), écrit :

“(…) j’ai dû me familiariser avec l’idée de ma fin. Ne vous y trompez pas, ça rend l’instant plus long, la joie plus savoureuse. Tout dans la vie m’a paru gratuit, supplémentaire. Dans posséder, j’entends céder et je suis ravi de ce qui me reste. Qui m’aime, pour un temps, aurait pu ne pas m’aimer du tout. Le succès me semble une loterie où le mérite se borne à faire tourner la roue. Ce n’est pas tellement la mort qui m’étonne, mais, compte tenu de tous ceux que j’ai laissés en route, le fait de leur avoir survécu.”

Ah, et enfin, si vous vous sentez le coeur gourd, rien de tel qu’un concentré de vie, un Ristretto de Françoise de Villenfagne.

Rires vertueux, TOC et électrochocs… et censure ?

13 décembre 2006

Mise à jour 20061216 : le site où l’on pouvait voir cette chanson très engagée et contestataire s’est trouvé “fermé temporairement” dès le lendemain matin de la publication de ce billet. Le clip est finalement visible sur dailymotion.

Il faut rire. Plus souvent et mieux. On le comprend en lisant le billet de Philippe Bilger sur le rire qui dit que les humoristes prennent bien peu de risques de nos jours (ce n’est pas le cas dans ce clip doux et fin, dansant, cha: ntant… et engagé — merci Sophie pour le lien!).
Pour moi, j’aime dans le rire le détachement de soi qu’il exprime. Ainsi les rires purement moqueurs (aux seuls dépens d’autrui) sont-ils disqualifiés, qui se gargarisent sans recul d’une infériorité ou de l’éloignement de l’autre, moqué. Cela alors que le rire dont on se reconnaît, au fond, l’objet, est heureux.
Pourvu qu’on puisse rire encore longtemps! Imaginez une société qui condamne à des traitements virils (merci Nat et Laurent!) toute personne éclatant de rire lorsqu’elle trébuche! “Au bûcher!” entendrait-on!

France Musique, Radio Classique et France Vivace

11 décembre 2006

Écouter Radio Classique m’est difficile : elle donne l’impression d’un zapping continu, d’une radio “pot-pourri” pour faux mélomanes qui veulent juste recevoir les effets prophylactiques de chefs d’oeuvre. Et peu d’aventure. France Musique est presque l’inverse, on y apprend des choses mais on peut aussi y entendre trop longuement quelques stars du microcosme. France Vivace, nouvelle venue sur l’Internet qui diffuse 24 heures sur 24 me plaît beaucoup. Je suis en train d’écouter du Steve Reich et attends Philip Glass avec impatience.

J’y vois des enregistrements très originaux, anciens, certains évoqués dans la présentation me font littéralement baver (le Voyage d’hiver de Schubert par Fritz Wunderlich par exemple).

Voter “utile” : le non-sens démocratique

10 décembre 2006

Inconséquente incitation que celle du vote “utile”. Quel mépris pour les Français et leurs sensibilités différentes, eux qui ont parfaitement su montrer déjà leur amour de la démocratie. Quel mépris pour la diversité. Quel désaveu de notre système démocratique. Il est inadmissible que quiconque incite à gommer la représentativité du premier tour. Car au nom de quoi ? Brandir un épouvantail et faire perdre tout son sens à notre premier tour, crucial pour que les Français se connaissent mieux, hors de tout sondage téléguidé ?

Je ne sais qui a lancé cette idée de vote utile en premier mais c’est une belle escroquerie, probablement un calcul. Moi en tout cas, je ne voterai pas “utile”. Je voterai comme il faut voter pour un premier tour, par conviction profonde, pour un présidentiable qui me semble avoir des idées, quelque idéal, de la force, du moins celle de résister à des lobbies, et qui sait ce qu’est censée être une démocratie, une presse indépendante, un Parlement qui nous représente vraiment.

Johannes Brahms, premier concerto pour piano par Ashkenazy (extrait de version de concert - Giulini 1980)

5 décembre 2006

Mise à jour 20070102 en réponse au commentaire de Paul : voici un extrait plus court (44 secondes au lieu de 2 minutes) au format FLAC et non WAV (2 Mo au lieu de 21 Mo)…
Mise à jour 20061210 en réponse au commentaire de Jean-Marc : Tout d’abord merci de vos commentaires :-) Je viens de retrouver une vidéo de cette version de concert légendaire, qui date du 19 avril 1980, avec le chef d’orchestre Carl Maria Giulini, et le Los Angeles Philharmonic Orchestra (beaucoup de femmes dans cet orchestre, le premier haut-bois, clarinette et flûte). Merci à celui qui tient cette page de vidéographies sur Carl Maria Giulini, qui indique qu’on peut acheter cette vidéo sur ce site de vente d’enregistrements rares de chefs d’oeuvre classiques.

Court extrait de 21 Mo (format wav), réservé aux connexions haut débit… Il provient d’une version que j’adore, enregistrée à la radio sur cassette il y a bien 15 ans. C’est le presque début du premier concerto pour piano de Johannes Brahms par Vladimir Ashkenazy (c’est horrible d’avoir à couper d’ailleurs, gasp).

Vos avis m’intéressent. Je l’ai fait écouter ; en réponse on m’a fait écouter une musique de film (du moins que j’ai immédiatement identifiée telle car on sent que ce n’est pas la musique qui dicte sa suite, mais quelque chose d’extérieur).

3e édition des Trophées du Libre

5 décembre 2006

Jeudi 30 novembre 2006 eut lieu à Soissons la cérémonie de remise des prix de la 3e édition des Trophées du libre, organisée par notre partenaire CETRIL. Les logiciels libres prennent leur essor, comme en témoignent les désormais nombreux livres sur ce secteur, mais aussi des migrations symboliques telle celle de l’Assemblée Nationale.
Les logiciels libres nominés cette année étaient tous plus excitants les uns que les autres ! Parmi les critères de choix, de mémoire : l’originalité, la transparence technique, le caractère d’innovation, la qualité du code, l’éventuelle utilité sociale, la coopération avec le reste des développeurs et les efforts que le logiciel a représenté.
Notons tout d’abord le gagnant dans la catégorie sécurité, OCS Inventory, outil libre de surveillance et de gestion de parc. Quant au gagnant de la catégorie “Jeux et multimédia”, c’est un logiciel de conférence/voix sur IP, GnomeMeeting, et j’avais rencontré il y a quatre ou cinq ans son développeur, Damien Sandras. Dans cette catégorie, bien entendu, l’excellent logiciel de pair-à-pair écrit en Java Azureus avait aussi été nominé, représenté par Olivier Chalouhi, qui avait participé à notre livre sur le pair-à-pair.
Dans la catégorie “Education”, c’est Stellarium, logiciel libre présenté par un ingénieur de l’Observatoire de Paris, qui fut primé, notamment parce que ses fonctions merveilleuses d’exploration du ciel donnent aux enfants qui l’utilisent l’envie d’apprendre, et développent la curiosité. Dans la même catégorie a été nominé pour la deuxième année consécutive le logiciel Prométhée qui permet de gérer un établissement scolaire…
Enfin, dans la catégorie “Service public et collectivités”, openELEC a gagné : ce logiciel de gestion de liste électorale est déjà utilisé en production à la mairie d’Arles. Il a arraché la première place de peu à demexp, logiciel de vote électronique visant la démocratie directe — mais qui fut ‘disqualifié’ en raison de l’impossibilité théorique et technique d’obtenir une garantie sur l’absence de tricherie supérieure à celle du vote papier. AlternC de Benjamin Sonntag fut primé dans la catégorie des logiciels PHP, il permet de gérer l’hébergement de plusieurs domaines. Quant aux gagnants de l’année dernière, citons juste VideoLAN, Blender (sujet d’un récent bestseller de la collection Accès libre), Mambo, renommé Joomla, et bien sûr, MediaWiki, le logiciel sur lequel tourne l’incontournable Wikipédia !
Le représentant d’un gros éditeur s’accordait à dire que le modèle du logiciel libre est bénéfique pour tous, notamment parce qu’il permet de mettre au point sans coût des normes éprouvées par les faits.

Pour rappel (on sait jamais) : logiciel libre = pas de secrets de fabrication en raison de la licence (transparence sur ce que le logiciel fait réellement), mutualisation des améliorations, indépendance par rapport au fournisseur puisque tout fournisseur compétent peut travailler sur le logiciel.

J’ai croisé les auteurs des logiciels vainqueurs et nominés, dont fait partie Benjamin Sonntag (traducteur du livre sur SSL VPN et relecteur du livre sur Radius), ainsi que de très nombreuses connaissances, notamment Laurent Bloch, directeur de la sécurité des systèmes d’information de l’INSERM et auteur d’un livre limpide sur la sécurité informatique.
Ce dernier est notamment intervenu dans une courte table ronde dédiée à la sécurité où il a rappelé limpidement ce qu’on appelle “sécurité” en informatique. Et d’abord un principe essentiel que bien des directions informatiques ignorent (ou feignent d’ignorer) : qu’un outil maîtrisé par l’équipe informatique vaudra toujours mieux qu’une solution très sophistiquée et opaque (sans compter le coût) — imaginez dit-il, qu’un pare-feu propriétaire tombe en panne, que l’appel d’un prestataire soit nécessaire, mais que le prestataire parti, on reste les bras ballants sans jamais savoir la raison de la panne, ni la raison de sa disparition… Enfin, plutôt que l’analyse de risque (le risque le plus embêtant n’étant jamais que celui qu’on ignore), il préconisait une prévention en profondeur fondée sur l’accumulation de bonnes pratiques. Quant à l’ouverture du code des logiciels de sécurité, elle a été établie comme nécessaire quoique non suffisante bien sûr, selon Nat Makarévitch.

Chopin par Jean-François Dichamp et concert à Musica-Trie

26 novembre 2006

Mise à jour 5 décembre : le concert ? Sublime (comment pouvait-il en être autrement). Un endroit de rêve pour lequel j’ai eu un coup de foudre, une heure et demie de train sous la pluie, le gris paisible se métamorphosant en chaleur dorée à l’arrivée. Un programme profond, exigeant ; grâce à Jean-François Dichamp, nous avons pendant près de deux heures, avec des compositeurs chéris, connu l’exaltation, aimé, souffert, pensé et médité, façon Schumann et Liszt.

Jean-François Dichamp a enregistré il y a quelque temps un disque Chopin, comprenant le nocture opus 9 n°3Cliquez-droit et enregistrez le fichier. C’est du piano, aucun doute. C’est du Chopin (je mets l’extrait pour ceux qui aiment la musique, comme Gilles). Et bien sûr j’adore.

Notez que Jean-François joue dimanche prochain 3 décembre 2006 à 15h30 dans le joli château de Trie-La-Ville pour l’association Musica Trie, une sonate de Haydn, la Fantaisie op 17 de Schumann, les Variations sur un thème de Corelli op 42 de Rachmaninov et… la sonate en si mineur de Liszt !

Parce que vous êtes sous Windows vous ne parvenez pas à lire ce fichier (format .ogg, 2 Mo) dont le format est pourtant ouvert ? Téléchargez et installez l’excellent logiciel libre de retouche de son Audacity.

Disque Chopin enregistré par Jean-François Dichamp chez Lyrinx

Éloge du silence

26 novembre 2006

Des billets dorment dans un cahier. On est tenté de se taire plutôt que d’ajouter du creux au creux, du bruit au bruit. Mais Solveig, Isabelle, Gilles m’incitent à republier. Gilles en particulier, qui d’une phrase éclaira ma journée en me disant avoir découvert Jean-Sébastien Bach grâce à ce billet.
C’est que le temps est précieux, le bruit nocif, la pertinence d’or, et ce qui va avec, le silence.

Pfiew… L’emploi du temps déborde et craque de tous côtés. Travail d’édition (des livres utiles si possible), AFUL, enseignements (ESIT, EILA, Philotechnique), et bien d’autres choses…

Disparition et réapparition du son avant/après hibernation sous Ubuntu Dapper Drake et IBM Thinkpad T22

6 novembre 2006

Billet daté du 6 novembre 2006. Précaution oratoire: ces informations ont été notées suite à des opérations mystérieuses opérées par un tiers (de confiance) sur ma machine — opérations dont je ne saurais juger de l’élégance.

Préambule : sur IBM Thinkpad T22, la mise en veille d’Ubuntu ne marche que sous APM.
Il est nécessaire de créer un fichier event.d/sound dans /etc/apm :

#!/bin/sh
echo $1 >> /var/tmp/apm_sound.log
case $1  in
  start)
    /sbin/modprobe snd-cs46xx ;;
  resume)
   /sbin/modprobe snd-cs46xx ;;
  suspend)
    /usr/bin/killall /usr/lib/gnome-applets/mixer_applet2
    /usr/bin/killall esd
    #ici, introduire des commandes pour tuer toute application utilisant du son
    /usr/bin/killall totem
    /usr/bin/killall mplayer
    #...
    /bin/sleep 5
	
    /sbin/rmmod snd-cs46xx ;;
esac

Ensuite il faut ajouter un lien symbolique de /etc/apm/resume.d/70sound vers /etc/apm/event.d/sound.
Mes deux problèmes étaient ainsi résolus :

  • Problème 1 : plus de son après hibernation. Sans le lien symbolique, le script sound resume relançant le module de son (snd-cs46xx) n’était pas exécuté.
  • Problème 2 : l’exécution d’une application sollicitant le module de son empêchait sa désactivation dans le script suspend, ,d’où l’ajout de commandes dans sound suspend pour tuer toutes les applications exécutant du son juste avant la ligne de désactivation du module (snd-cs46xx).

Nouvelles de Musique à l’Empéri

31 août 2006

Aujourd’hui jeudi 31 août 2006 à 15h sera rediffusé sur France Musiques le concert du 9 août de Musique à l’Empéri avec pour programme annoncé (il peut y avoir des suprises) une Sérénade pour flûte, violon et alto de Max Reger, le deuxième sextuor à cordes de Brahms, de Wolfgang Rihm “Duomonolog”, pour violon et violoncelle, de Robert Schumann le magnifique trio n°3 en sol mineur pour piano, violon et violoncelle (vous entendrez l’interprétation d’Eric Le Sage, Carolin Widmann et Sol Gabetta !). Et enfin la Nuit transfigurée de Schoenberg (avec Guy Braunstein au violon, Konzertmaister du Philharmonique de Berlin).
Les concerts de cet été étaient merveilleux !

Ce n’est pas tout, vous pouvez désormais vous abonner au fil RSS du Festival international de musique de Salon de Provence pour suivre l’actualité musicale des principaux acteurs. Dernier billet en date :

30/08/2006 Franck Braley et Éric Le Sage enregistrent en duo. Fort du succès de leur dernier disque consacré à Poulenc, les pianistes habitués de l’Emperi enregistrent cette semaine 3 sonates pour piano à 4 mains de Mozart dans le magnifique cadre du concertgebouw de Brugges.

Voyez aussi cette interview d’Emmanuel Pahud, flûtiste solo de l’orchestre Philharmonique de Berlin, et fondateur du festival.

Panne suite à mise à jour Ubuntu 6.06 (serveur X)

23 août 2006

Cela arrive… Une mise à jour du serveur X, un vieux portable IBM Thinkpad T22 et pof, X refuse de démarrer. Que fait une neuneue comme moi désemparée ? Elle se dit que la communauté Ubuntu a certainement la solution, lance en mode non graphique le navigateur elinks, navigue tant bien que mal à coups de flèches vers les forums et en particulier le forum Serveurs graphiques et cartes vidéo — pas évident car il faut penser à faire défiler systématiquement vers le bas puisque la première vision des différentes pages HTML est la même, elinks affichant d’abord en-têtes et menus communs. Et là, que voit-elle bien en évidence ? L’instruction salvatrice “Si vous aviez fait la mise à jour qui vous empêchait d’utiliser le serveur X, faites: sudo apt-get update; sudo apt-get upgrade“. Merci Ubuntu-fr!
Remarquez que dans le fil du forum, une personne demandait à la communauté une alerte par mail… mais encore faut-il être capable de lire des mails sans gestionnaire graphique.

Bon, je romance un peu… J’étais en fait d’abord allée voir dans le fichier de configuration /etc/X11/xorg.conf et y avais lu comment en demander une réinitialisation avec dpkg-reconfigure -phigh xserver-xorg. Comme mes geeks préférés me l’avaient bien bien appris j’ai d’abord sauvegardé le fichier de configuration original (même si dpkg est intelligent et fait une copie de sauvegarde avant d’écraser) puis lancé la commande, avec cette option -phigh qui filtre les questions secondaires (de ce que dit man dpkg-reconfigure) que j’ai ensuite laissée tomber pour faire d’autres essais. Évidemment, lorsque X a démarré, j’avais de mauvaises options et me suis empressée de remettre mon ancien fichier de configuration…

Édition 2006 du Festival de musique de chambre de Salon de Provence (Musique à l’Empéri) - mise à jour

30 juillet 2006

Mise à jour 20060823
Les concerts de musique de chambre de l’Empéri à Salon de Provence sont rediffusés par France Musiques les 13 et 14 août et le sont aujourd’hui 23 août 2006 à 15 heures et demain 24 août 2006 à 10 heures, dans l’émission Prima la musica.

Les concerts étaient beaux à pleurer et ceux qui aiment le cinéma muet et le théâtre étaient ravis - Lambert Wilson et Emmanuelle Cordoliani ont dit des lettres de Schumann, Clara Wieck et Brahms. Vous pouvez voir les photos d’archives du festival de l’empéri faites par Jean Fleche.



Du 31 juillet au 9 août 2006, se dérouleront les concerts du Festival international de musique de Salon de Provence, dont Éric Le Sage est l’un des fondateurs. “Cette année, l’accent sera mis sur le romantisme, qui sera exploré en profondeur depuis ses précurseurs, tel Mozart, jusqu’aux derniers compositeurs issus de cette tradition, dont Schoenberg”, en passant bien sûr par Brahms, Mendelssohn et Schumann qui sera beaucoup interprété par Éric Le Sage (voir la critique dithyrambique de son disque). Jean-François Zygel, dont on peut souvent écouter les Leçons de musique sur France Musiques (et récompensé d’une Victoire de la musique classique 2005), improvisera sur deux chefs-d’œuvres du cinéma muet : « Lucky Star » de Frank Borzage et « La chute de la maison Usher » de Jean Epstein.
Ce sera de la musique de chambre au plus haut niveau, comme chaque année! Nous retrouverons des interprètes que j’adore, Eric LE SAGE ; Franck BRALEY ; Antoine TAMESTIT ; Emmanuel PAHUD ; Guy BRAUNSTEIN ; Paul MEYER ; Kirill GERSTEIN ; Gordan NIKOLITCH ; Jean-François ZYGEL…
Si vous ne savez quoi faire du 1er au 9 août…

“Par sa programmation inédite et son engagement auprès du public, le Festival international de musique de Salon de Provence a fait du concert classique un spectacle vivant.”

G comme Giacometti

30 juillet 2006

“Aucun artiste de ce temps n’aura interrogé la réalité avec autant d’insistance, de fureur et d’émerveillement qu’Alberto Giacometti.” Son premier constat fondateur: l’incommunicabilité. L’essence contre la forme. La liberté laissée à l’objet d’être et de se définir contre celle de forcer l’interprétation. L’élan vers l’impossible rencontre entre l’objet et le regard. Sisyphe créant vie mais s’échappant de la forme qui veut l’emprisonner, s’approchant au plus près de l’essence, de la puissance.

Jacques Dupin le dit si bien dans son livre (éditions Farrago)!

“Il arrive aussi qu’il soit fait de lignes si peu précises, si éloignées en apparence d’une forme humaine que cela tient de la gageure (…): et pourtant il vit.”

“Multiplier les lignes, qu’est-ce d’autre que refuser la signification et la certitude à une seule? (…) De contestation en contestation, toute certitude est retirée à la forme qui ne peut apparaître que sur le mode interrogatif.”

Rapport au corps, liberté, normalisation

30 juillet 2006

“C’est mieux de dire haut et fort qu’on reluque le physique des femmes; pas comme tous ces faux-culs qui regardent des magazines en cachette.”

Non, ce n’est pas mieux. À chacun son rapport au corps. Il y a des polyamoureux comme il y a de purs esprits. Nulle publicité ne devrait être faite qui ouvre la voie à la normalisation. Une intimité est nécessaire.

Ne pas confondre véritable liberté et anticonformisme. Ce dernier empêche d’être libre, car tout ce qui nous fait réagir a priori nous vole d’une part de liberté. Pour être vraiment libre, il faut voir autour de soi, jauger l’autour, se connaître au point de connaître l’emploi que l’environnement fait de nous, dans quelle part il nous habite, et peut-être choisir quelle est cette part.
L’une des clés est le fait d’aimer. Aimer et détester, ceux qui n’en sont plus capables ne sont plus libres. Entre ces deux opposés se cerne parfois l’alchimie du rapport entre soi et l’Autre, entre vie et forme, entre interprétation et définition.

Manipulation

30 juillet 2006

Were you right? Is it all good manipulation? I used to dread it, it seemed evil: “don’t you dare steal from anyone their freedom to experience the world and think”.

But what of just being at their side, as a guardian of Detachment, preserving it for them when they might lose it?

Deuil : décision du Conseil constitutionnel sur DADVSI

27 juillet 2006

Sept jours après la décision concernant la loi relative à l’immigration et à l’intégration, le Conseil constitutionnel a rendu sa décision concernant la loi DADVSI. Je suis atterrée. Voir aussi le billet de maître Éolas sur cette décision. La notion d’interopérabilité a été zappée, incomprise, elle serait mal définie… Pour reprendre une boutade d’informaticien, il semble vraiment qu’il y ait 10 sortes de personnes… ceux qui comprennent l’informatique (sa nature, son statut dépassant celui de technique), et ceux qui ne la comprennent pas.

Imprudence quotidienne des Gentils et répartition du travail

27 juillet 2006

Isa, Fab et Nat discouraient des effets pervers de l’inégale répartition de la gentillesse et de la serviabilité dans certains corps - Éducation nationale notamment. Prenons une personne gentille, serviable et compétente (ce qui va souvent de pair, rien de plus logique d’ailleurs puisque nous sommes naturellement portés vers l’action). La surcharge quasi mécanique induite pour le “marginal” (interlocuteur préféré des étudiants, corvéable de/au service de ses pairs) provoque au bout de quelques années un épuisement général, qui nuit in fine à la qualité du travail de l’intéressé: qualité de son enseignement, qualité de ses recherches, etc.
Si bien que finissent pas se côtoyer trois types de personnes:
- le Gentil, qui finit vite épuisé ;
- le Méchant, souvent incompétent car il n’est pas dans la boucle à rétroaction positive “faire - savoir - faire…”
- le Sage, un Gentil qui se déguise le plus souvent en Méchant pour se préserver.

Bien entendu, tout cela est généralisable aux autres métiers… mais quelle conséquence plus grave que de nuire à la qualité d’un enseignement ?
De l’équilibre ou déséquilibre entre ces trois catégories, que peut-on déduire pour un corps ou une organisation donnée ? Est-il suffisamment nombreux ou adéquat dans sa formation pour l’ensemble des tâches et missions qui lui sont confiées ?

J’en reviens à ce qui me hante, une réforme du droit du travail afin que les travailleurs soient considérés comme des créateurs. Que le contrat qui les lie à l’entreprise parle de “création contre rémunération”. Commencer à tenter de systématiser l’évaluation du travail? Instaurer une obligation de management? Bien sûr c’est un peu dangereux comme chaque fois qu’on tente de substituer la Loi à la Morale - et que l’État risque l’ingérence dans une sphère plus intime. En même temps, le droit du travail qui tente de protéger le salarié du patron, ne le livre-t-il pas à ses pairs tire-au-flanc?

Lu dans les commentaires du blog d’un inspecteur du travail: “Faut arrêter de prendre ses salariés pour des abrutis : la plupart d’entre eux désirent faire leur travail et bien le faire, de n’être pas emmerdés par des tire-aux-flanc (ce qui represente toujours une charge de travail supplémentaire pour les autres) ou des petits chefs harceleurs et méprisants, de travailler dans de bonnes conditions, avec un salaire correct qui permet de vivre sans trembler dès le 15 du mois!”

Après les RMLL 2006, réflexions de fond sur le Web et la collaboration à grande échelle (Wikipédia, WebDSign…)

27 juillet 2006

Suite à l’expérience très enrichissante de la direction du thème Documentation des RMLLs 2006

Nat Makarévitch analyse les contraintes de la collaboration à grande échelle et rappelle la nécessaire séparation des pouvoirs dans toute organisation qui entend profiter de la chance donnée à chacun d’y participer.
- Wikipédia: un mode d’arbitrage à biais corporatiste risquerait d’appauvrir Wikipédia. Conférence très animée, débat contradictoire (voir la vidéo passionnante de la conférence téléchargeable en HTTP mais aussi en P2P par bittorrent sur le site de Michael Opdenacker Free Electrons.
- WebDSign ou le “petit” plus à apporter au Web pour tirer avantage - plutôt que la subir - de la gigantesque (en tout cas à l’échelle des capacités actuelles de nos cerveaux) et chaotique masse d’infos déposées sur le Web, et comment conserver ce pour quoi il fut conçu: un média n’appartenant à personne mais servant à tous, sans danger d’une mainmise quelconque. Un défi n’est-ce pas ? Nat a peut-être la solution avec WebDSign. Grâce à de la certification réalisée à l’aide de sceaux cryptographiques, on peut envisager facilement un système de notations collaboratives très strict, de certification d’informations, de filtrage et d’exploitation pertinents de l’énorme masse d’infos du Web, des regroupements de communautés ayant les mêmes sensibilités, etc.

Jalousie et vieillesse

27 juillet 2006

Jalousie et envie sont des facteurs de vieillissement prématuré. Ils nous enferment dans l’esclavage d’une comparaison unidimensionnelle; ils posent des oeillères à notre regard sur le monde (ainsi d’ailleurs des ambitions aveugles). Or vieillir, c’est oublier de s’adapter et d’être ouvert au monde.

Réflexion de Bilger sur la loi sur l’immigration (suite à la Décision du Conseil constitutionnel du 20 juillet 2006)

26 juillet 2006

Un billet qui suscite la gratitude et où l’on apprécie la hauteur de vue de Philippe Bilger, avocat général près la Cour d’appel de Paris. Il concerne la décision du Conseil constitutionnel de rejeter le recours contre la loi sur l’immigration et l’intégration:
- Une décision qui tombe bien!
- Communiqué de presse de la décision du 20 juillet 2006 du Conseil constitutionnel sur la loi relative à l’immigration et à l’intégration
- Texte de la décision complète.

“Le regroupement familial pourra être refusé (même article) lorsque le demandeur ne respecte pas les ” principes fondamentaux reconnus par les lois de la République “. Cette expression doit être entendue comme renvoyant aux principes essentiels qui, conformément aux lois de la République, régissent la vie familiale normale en France : monogamie, égalité de l’homme et la femme, respect de l’intégrité physique des enfants et adolescents, respect de la liberté du mariage, assiduité scolaire, respect des différences ethniques et religieuses, acceptation de la règle selon laquelle la France est une République laïque….”

Tiens, d’un point de vue logique, “monogamie” serait presque en trop, l’égalité de l’homme et la femme devrait suffire (?).

Tout ça pose toujours le problème des systèmes de critères. Trop précis, exprimés séparément, ils peuvent dédouaner de l’absence d’évaluation globale des cas où “tout bien considéré”, il vaut mieux intégrer (aussi flou le “vaut mieux” soit-il, entre considérations humanistes et/ou intérêt de la Nation…).

Ravages de l’impunité: des djeunz de banlieue au mal des fonctionnaires

23 juillet 2006

“Qui aime bien châtie bien”. Un vieil adage désuet, qu’on n’entend plus. Et pourtant. L’Impunité ravage certaines banlieues et certaines administrations.
Nous nous sommes tous faits parce que notre environnement nous a généreusement répondu. Voilà pourquoi l’Impunité, chose antinaturelle, est hautement pathogène; elle rend fou. Elle nie les lois de la Nature.

Banlieue craignos. 1h du mat. Boucan. Plus d’une dizaine d’enfants (des garçons uniquement) de 10-11 ans. Du 15e étage de l’une des immenses tours, descend l’une des dernières personnes de souche française à être encore là, pour tenter de faire cesser le raffût. C’est une de ses dernières tentatives d’avoir une cité à visage humain. Quinze ans qu’elle se bat, mais là ça y est, elle vend, comme les autres. Tous les autres ou presque sont partis de cette cité de milliers d’habitants…
Elle descend, accompagnée d’un voisin malien. Et avec son appareil photo. Pas vraiment pour s’en servir - et qu’en ferait la police, eux dont les mains courantes se retrouvent en moins de 24 heures aux mains des Caids de la ville. Non, juste pour se protéger.
Les enfants sont très insolents. Elle les photographie et là, le “chef” de la bande tente de lui arracher l’appareil… L’ami malien attrape la main du gamin, et la serre si fort qu’il l’oblige à s’agenouiller. (”Et n’allez pas dire que je suis raciste parce que je suis Malien. C’est vous qui êtes la honte de la race!”) Les gamins depuis n’ont plus sévi.
Elle a réfléchi à l’incident et a dit: “Cela prouve bien que c’est l’impunité qui est mère de tous les vices.”

Certaines administrations ou entreprises mal ménagées sont également pathogènes. De jeunes gens fringants y entrent et sont en quelques années peu à peu ratiboisés comme des bonsaïs, dans la souffrance. Chaque initiative est sanctionnée, l’oisiveté et l’inaction récompensées. La conception d’un monde évoluant au gré des initiatives de chacun se rétrécit d’année en année. Et comme nous sommes tous plus ou moins perméables à l’environnement… Qu’advient-il? Résignation? frustration? perversion? - Et le désespoir s’installe d’autant plus facilement que, alors que les jeunes gens sont faits pour changer le monde, ils n’ont que peu d’espoir.

Q comme Qualité

23 juillet 2006

Mystérieuse. Composante orthogonale à celle du temps. Qualité, densité de réflexion, ouverture au savoir et aux sens. Savoir ce qu’on fait et pourquoi on le fait.

Déclin de l’industrie du disque: les concentrations et l’appauvrissement de l’offre en cause - et non le “piratage”

23 juillet 2006

Extrait d’un article du Monde du 22 juillet 2006:

“La Commission européenne a été désavouée par la Cour de justice de Luxembourg, le 13 juillet, pour avoir trop hâtivement donné, en 2004, son feu vert à la fusion de deux géants du disque, Sony Music et BMG.”

Un précédent ?

“Le volume mondial des ventes a chuté de 41,9 milliards de dollars en 2000 (33,07 milliards d’euros) à 33,3 milliards de dollars en 2005. (…) La première cause de la crise, selon Impala, est la concentration, et non le piratage (…). “Mettre 60000 groupes de rock en Europe face à 60 directeurs artistiques crée des goulots d’étranglement dangereux”, explique Patrick Zelnik, fondateur de Naïve et élu récemment à la présidence d’Impala.”

Logique. Heureusement l’industrie ne dicte pas encore totalement le besoin ou l’envie du consommateur…

“Les fusions, présentées aux actionnaires comme un remède aux baisses de profit, provoquent surtout une réduction des effectifs dans les entreprises (…). Sont élaguées les branches les moins rentables, par exemple les albums vendus à moins de 30 000 exemplaires, ce qui exclut des pans entiers du jazz, de la chanson engagée, des musiques du monde, de classique…”

Aïe, snif.

Et un petit coup de projecteur sur certaines pratiques à la Commission européenne:

“(…) les fonctionnaires de Bruxelles, qui ont traité ses membres comme des “marginaux”, leur refusant le droit d’examiner les argumentaires de Sony et de BMG, “alors qu’ils avaient accès aux nôtres“, précise Isabelle Wekstein, l’une des avocates d’Impala, qui avait précédemment défendu la cause des libraires indépendants dans l’affaire ditis-Lagardère.”

Le cercle des avocats du secteur médias/musique n’est pas très grand.

L’extraterrestre

18 juillet 2006

Aïe. Des interrogations banales sur tout un pan de la réalité sociale qu’elle n’était pas censée ignorer mais sur lequel, par un parti pris qu’elle s’était imposée dès son plus jeune âge, elle flottait juste… “Cette maison est grande? Vous appartient-elle? Combien de m2?”

RMLL 2006 - Thème Documentation

3 juillet 2006

J’ai accepté il y a peu — en urgence — de codiriger avec Sébastien Blondeel le cycle de conférences intitulé “Documentation” des RMLL 2006…
Objectifs : améliorer la production de documentation autour des logiciels libres et pour leur diffusion, présenter des processus et outils efficaces (XML), inciter le plus grand nombre à collaborer.

Chers conférenciers, merci à vous qui allez transmettre des idées et du savoir aux nombreux auditeurs du thème Documentation des RMLL 2006!

Voici mon compte-rendu concis :

La table ronde sur le métier d’éditeur, qui accueillait Xavier Cazin (Éditions O’Reilly), Alexis Kauffmann (Framasoft), Nat Makarévitch (O’Reilly + Eyrolles) et moi-même (Éditions Eyrolles) a tenté de donner une vision des contraintes économiques de l’édition classique, le but étant de s’adresser à ceux qui sont tentés d’éditer eux-mêmes ou de se lancer dans l’aventure de l’édition.

L’assistance était relativement nombreuse (40 personnes?) et a posé de nombreuses questions. Le plan prévu ne reflète pas vraiment ce qui s’est dit, Xavier et Nat ont apporté de nombreuses précisions. On a décrit en quoi consiste le métier d’éditeur,
quelles sont les contraintes économiques de l’édition classique, comment l’apparition de nouveaux modèles (libre, électronique…) fait bouger les diverses variables — Framasoft nous parle de l’expérience du livre libre sur Thunderbird, on a parlé coûts, tirages, du modèle de l’édition à compte d’auteur, du contrat moral entre auteur et éditeur, etc.

Le samedi matin rassemblait un ensemble de thèmes tous publics, pour réellement comprendre le Web et ce qu’il peut apporter. Dans sa conférence «WebDSign: des certitudes sur le Web», Nat a rappelé à un public très néophyte et très intéressé (20-30 personnes?) l’incertitude qui plane sur l’origine
des infos publiées sur le web et sensibilisa aux enjeux de l’authentification, en décrivant des moyens techniques (scellement
cryptographique) pour y parvenir, et en ouvrant des perspectives sur ce que l’ensemble de moyens qu’il appelle WebDSign peut apporter au Web: notations collaboratives, certification d’informations, communautés ayant les mêmes sensibilités, filtrage et exploitation pertinents de l’énorme masse d’infos du Web, etc. Bref, une conférence passionnante.

Tristan Nitot enchaînait ensuite sur une description de ce que les blogs peuvent apporter à la diffusion du logiciel libre. Nous avons eu droit en live à toutes ses méthodes de blogueur chevronné, les outils qu’il utilise, les fils qu’il consulte (conférence filmée par Michael Opdenacker) et c’était édifiant pour le grand public — là aussi assez nombreux (50?) — qui apprenait ainsi pas à pas comment tirer parti de la masse d’infos du Web.

Ensuite, vint la conférence de Mathieu Amo, administrateur et arbitre sur la Wikipédia francophone, et membre de l’association Wikimédia France. Très claire présentation de Wikipédia pour le public. Il laissa ensuite la parole à Nat pour une conférence intitulée «Wikipédia: constats et propositions constructives» dans laquelle Nat mit en garde contre un mode de décision à biais corporatiste risquant d’appauvrir Wikipédia. La réflexion était de fond et pouvait être transposée à toute communauté, l’atmosphère était tendue car ce qui était en jeu était l’objectivité si chère à Wikipédia. Nat montra de façon
magistrale qu’il valait mieux dans l’administration de WP s’aider de vieux principes de séparation des pouvoirs aussi élémentaires que par exemple: «ceux qui sont soumis à un règlement ne doivent pas pouvoir le modifier eux-mêmes». Le débat était contradictoire et l’assistance est intervenue, parfois de façon véhémente; je vous invite à voir la vidéo de Michael si vous êtes intéressé par cette réflexion de fond sur l’organisation d’une encyclopédie collaborative.

Quant au sous-thème localisation/traduction, j’ai commencé à 9h (salle fermée, pas de vidéo, etc.) par une petite conf très générale intitulée «Bien traduire: quelques principes simples» s’adressant à un public particulier: les personnes qui ont en charge la direction de projets de traduction et la formation de traducteurs contributeurs. Peu de monde à cette heure matinale
(moins de 10) mais juste les personnes visées ;-) dont une personne responsable des projets de localisation Mandriva, Sophie Gautier pour OOo, Jean-Philippe Guérard et Isabelle Hurbain de Traduc.org. Mon souhait était de retransmettre le mieux possible mon savoir-faire professionnel et académique des fois que ça soit utile — ce fut apparemment apprécié du public peu nombreux. Chose utile à long terme, on
formula ensemble la nécessité urgente de sensibiliser les développeurs anglophones en amont aux difficultés que rencontrent leurs pairs traducteurs.

Isabelle Hurbain pour Traduc.org a présenté le projet traduc.org afin de susciter des vocations.

Thomas Huriaux, coordinateur de l’équipe d’adaptation («localisation») en français de Debian, avait présenté deux jours avant les «Méthodes et outils de localisation utilisés dans le projet Debian» et la façon dont la qualité (reconnue) des traductions Debian était assurée.

Sophie Gautier de même nous a montré l’univers de la localisation d’OOo — très complexe!

Un peu en marge de ces thèmes, Éric Bachard, co-responsable du projet Porting, responsable du port Mac pour OpenOffice.org a relaté sa passionnante expérience.

Voilà, dans l’ensemble peu de public mais objectif atteint (faire se parler les conférenciers notamment pour la localisation).

Voir aussi la critique (élogieuse) du thème sur le blog de Guillaume Lelarge

Soldes donatoires grâce au logiciel libre

3 juillet 2006

Vous prenez conscience d’une propension grandissante à acheter d’inutiles choses pour le plaisir de bourse délier ? Adonnez-vous à votre vice en toute bonne conscience !
Grâce au logiciel libre, vous pouvez désormais shopper utile. Il vous suffit comme pour un achat normal d’avoir votre carte bleue à portée de main (ou un compte paypal), et de faire du shopping donatoire à Mozilla Europe pour Firefox et Thunderbird, à fr.OpenOffice.org, Ubuntu/Canonical, JPilot, etc.

DADVSI épilogue

2 juillet 2006

Une première conséquence du vote de la loi DADVSI: le site Internet d’Etudes photographiques est tué (merci à Emmanuel).

Extraits de la conférence faite à Normale’Sup sur DADVSI le 22 juin 2006 (formats audio ou vidéos et mp3/wm/quicktime) :

Clearstream : tout savoir

9 juin 2006

Eh bien non, vous ne pourrez tout savoir sur Clearstream puisque la justice a ordonné la suspension de parution du livre de Denis RobertClearstream, l’enquête” aux Éditions Juillard… sauf si vous vous hâtez : le livre peut être acheté dans certaines librairies mais il sera très bientôt retiré : de quoi inciter à se précipiter plus encore sur cet objet appelé à devenir rare…

Éric Le Sage remplace Hélène Grimaud au Théâtre du Châtelet

9 juin 2006

Éric Le Sage remplace ce lundi 12 juin 2006 Hélène Grimaud au Théâtre du Châtelet auprès d’Emmanuel Pahud, c’est annoncé ici.

Concert de Dichamp (piano) en 2003 au Chili dispo sur le Web et en P2P

2 juin 2006

Jean-François Dichamp joua en 2003 au Chili (Frutillar) un magnifique concert Liszt, Chopin, Schumann, Beethoven, Rachmaninov. Il est disponible librement sur son site en MP3 pour les impatients ou en WAV sans perte par téléchargement P2P par BitTorrent (le logiciel libre Azureus fonctionne aussi bien sous Windows que Linux et Mac OS X).

Il est rarissime d’avoir d’aussi beaux concerts de musique classique libres de droits sur le Web puisque en général, quelque producteur ou éditeur veille jalousement sur leur diffusion.

L’informatique et le grand public

31 mai 2006

Comment le grand public perçoit-il l’informatique ? Et l’Internet ? Certains crient au miracle (on n’en est pas loin), d’autres diabolisent, d’autres clament désespérément leur indifférence…

Lire à ce propos le billet de David Madore sur le phénomène des technogadgets, ou comment une nouveauté technique passe au stade de gadget avant d’aller vers la réelle utilité ;-)

Est-ce utopique de penser que des livres peuvent permettre d’y voir plus clair ? ça relève de l’acrobatie, quand on sait qu’un livre (technique) doit faire le pont entre le bagage d’un lecteur, son état de connaissance à un moment donné, ses a priori, et une représentation plus fidèle, plus utile (plus philosophique ?) de la réalité. Autrement dit, les livres les plus utiles (les ponts les plus longs), sont le moins susceptibles d’intéresser le lecteur, qui n’ira pas investir - ni en argent ni surtout en temps. Un vrai casse-tête, hein ? Mais bon, il faut bien tenter…


Tadaaaaaa ! Un peu de publicité… Enfin, les premiers ouvrages de la collection grand public (seulement 5,90 euros, des petits bijoux vous dis-je - ok je suis partiale) baptisée “Connectez-moi!” sont en librairie ! Je recommande en particulier pour ceux qui veulent (faire) comprendre comment ça marche, ces ouvrages intelligents et dédiabolisants:
- “Wikipédia - comprendre et participer” de Sébastien Blondeel,
- “Peer-to-peer - comprendre et utiliser” de Fabrice Le Fessant, créateur de MLDonkey,
- “Créer son blog en 5 minutes” de Christine Béchet auquel Samuel Tardieu a contribué.
Bien entendu, je recommande aussi tous les ouvrages de la collection Accès libre dont le slogan est Pour que l’informatique soit un outil et non un ennemi (merci Nat). Par exemple, si vous connaissez des personnes indélicates qui ignorent encore les bons usages du courrier électronique, parlez-leur du livre sur Thunderbird qui contient un chapitre sur la netiquette (voir aussi pour les utilisateurs de Firefox et Thunderbird, le mémento Firefox et Thunderbird).

En passant, éditer des livres, pas une mince affaire…

Schumann par Éric Le Sage au Musée d’Orsay (màj)

31 mai 2006

Rediffusion du concert hypnotisant qu’Eric Le Sage donna d’oeuvres de Robert Schumann, un compositeur dont on ne peut que se sentir intimement proche. C’est sur France Musiques demain jeudi 15 juin à 15h.

Hier midi, dans le cadre du cycle Clara et Robert Schumann au Musée d’Orsay, Eric Le Sage jouait les Papillons op. 2, les Impromptus sur une Romance de Clara Wieck op. 5 et la Fantaisie en do majeur op. 17. C’était merveilleux. Si vous aimez Schumann, ou même si vous aimez simplement le piano, ou même tout bêtement, la musique, ne ratez pas le prochain concert d’Éric Le Sage qui rejoue ce jeudi 1er juin 2006 à 20h - s’y jouera l’une des suites de Schumann que je pourrais écouter en boucle des heures d’affilée, les Davidsbundlertanze mais aussi la Fantaisie op 17 dans sa première version :
Clara Wieck:
Soirées musicales op. 6
Robert Schumann :
Phantasiestucke op. 12 : Dans la Nuit, Fin du Chant
Ruines, fantaisie pour le pianoforte (première version de la fantaisie op. 17)
Novelette op. 21 n° 1 et 8
Davidsbundlertanze op.6

Un merveilleux disque Schumann d’Éric Le Sage vient de sortir chez Alpha (Abeille Musique), intitulé À Clara (premier d’une intégrale Schumann ?). Il contient les opus 2, 4 et 6 : Papillons, Intermezzi, Davidsbundlertanze.

MàJ 20060602: Le concert était magnifique. Clara Schumann fut une découverte, il y a une force dans les pièces entendues qui m’a profondément touchée. On ressort du concert fondant de gratitude envers Schumann, et envers l’interprète généreux et sensible qu’est Éric Le Sage. Une chance que ce disque Schumann tout juste sorti.