De la beauté qui ne rend pas triste
Précaution oratoire : billet décousu de toutes ses pièces ! attention, beaucoup de “je”, âmes sensibles s’abstenir, à lire comme on regarderait un nuage passer dans le ciel.
Merci à David Madore pour ce texte sur la beauté. Je crois aussi que la beauté se crée dans le regard. Elle résulte d’une rencontre. Cela a souvent à voir avec une structure. Ou disons que notre pensée étant structurée, nous nous accrochons à toute structure pour mieux l’appréhender, de sorte que la beauté d’une oeuvre, d’une musique nous apparaisse par sa structure souvent. Quant à la beauté d’un être… je ne crois pas que nous ne soyons que structure…
Ceux qui ont du mal à ressentir la beauté - ou ceux qui ne le veulent pas, oui oui, il y en a - ne sortent pas d’eux-mêmes pour aller à sa rencontre - je le crois du moins.
Et d’ailleurs, si l’observateur n’avait aucun rôle dans la création de la beauté, la répétition n’aurait pas d’effet. Quel mystère tout de même que l’effet de la répétition sur la beauté…
“Mais une oeuvre sans observateur ne serait donc pas belle, tout isolée ?”
Mais si ; elle fut créée ainsi, observée par son créateur, elle le porte en lui, elle n’est jamais seule.
Les partitas de Bach me rendent absolument heureuse. La musique peut me rendre absolument heureuse.
Je trouve beaux les gens heureux (à l’opposé, presque, des gens contents). J’ai de la chance. Je ne trouve pas de beauté dans la perfection plastique. Là aussi j’ai de la chance, car l’appréciation de la beauté plastique, qu’est-ce sinon un contentement purement cognitif, nous comprenons une structure - ou y sommes sensibles - et souhaitons voir cette structure se reproduire ?
C’est tellement bon de trouver les gens beaux ! Pas jolis, hein, beaux !
Autrefois, le sentiment de beauté me laissait sur ma faim aussi et me laissait triste, aussi. C’était ma façon à moi de m’approprier cette beauté, ma façon de la vivre. Ce n’est plus le cas. Probablement parce que je sais qu’il faut en effet nécessairement chercher en soi beauté et bonheur. Que se placer en position de les trouver éphémères est à l’opposé de la sagesse, qu’il faut au contraire se mettre en disposition de les considérer dans leur éternité, et ainsi les porter en soi toujours.
Mais encore faut-il savoir ce qu’est le bonheur, ce qu’est la beauté. Et ne point les confondre avec émotion ou contentement…
6 novembre 2005 à 11:40
Nuage en forme de chimère… de dragon… de manticore… ou de quelqu’animal fantastique qu’on ne croise pas à tous les coins de rue…
26 novembre 2007 à 14:11
Très belle citation ! Un peu de poésie dans un monde superficiel
26 novembre 2007 à 14:12
… ca fait plaisir !