RMLL 2006 - Thème Documentation
J’ai accepté il y a peu — en urgence — de codiriger avec Sébastien Blondeel le cycle de conférences intitulé “Documentation” des RMLL 2006…
Objectifs : améliorer la production de documentation autour des logiciels libres et pour leur diffusion, présenter des processus et outils efficaces (XML), inciter le plus grand nombre à collaborer.
Chers conférenciers, merci à vous qui allez transmettre des idées et du savoir aux nombreux auditeurs du thème Documentation des RMLL 2006!
Voici mon compte-rendu concis :
La table ronde sur le métier d’éditeur, qui accueillait Xavier Cazin (Éditions O’Reilly), Alexis Kauffmann (Framasoft), Nat Makarévitch (O’Reilly + Eyrolles) et moi-même (Éditions Eyrolles) a tenté de donner une vision des contraintes économiques de l’édition classique, le but étant de s’adresser à ceux qui sont tentés d’éditer eux-mêmes ou de se lancer dans l’aventure de l’édition.
L’assistance était relativement nombreuse (40 personnes?) et a posé de nombreuses questions. Le plan prévu ne reflète pas vraiment ce qui s’est dit, Xavier et Nat ont apporté de nombreuses précisions. On a décrit en quoi consiste le métier d’éditeur,
quelles sont les contraintes économiques de l’édition classique, comment l’apparition de nouveaux modèles (libre, électronique…) fait bouger les diverses variables — Framasoft nous parle de l’expérience du livre libre sur Thunderbird, on a parlé coûts, tirages, du modèle de l’édition à compte d’auteur, du contrat moral entre auteur et éditeur, etc.
Le samedi matin rassemblait un ensemble de thèmes tous publics, pour réellement comprendre le Web et ce qu’il peut apporter. Dans sa conférence «WebDSign: des certitudes sur le Web», Nat a rappelé à un public très néophyte et très intéressé (20-30 personnes?) l’incertitude qui plane sur l’origine
des infos publiées sur le web et sensibilisa aux enjeux de l’authentification, en décrivant des moyens techniques (scellement
cryptographique) pour y parvenir, et en ouvrant des perspectives sur ce que l’ensemble de moyens qu’il appelle WebDSign peut apporter au Web: notations collaboratives, certification d’informations, communautés ayant les mêmes sensibilités, filtrage et exploitation pertinents de l’énorme masse d’infos du Web, etc. Bref, une conférence passionnante.
Tristan Nitot enchaînait ensuite sur une description de ce que les blogs peuvent apporter à la diffusion du logiciel libre. Nous avons eu droit en live à toutes ses méthodes de blogueur chevronné, les outils qu’il utilise, les fils qu’il consulte (conférence filmée par Michael Opdenacker) et c’était édifiant pour le grand public — là aussi assez nombreux (50?) — qui apprenait ainsi pas à pas comment tirer parti de la masse d’infos du Web.
Ensuite, vint la conférence de Mathieu Amo, administrateur et arbitre sur la Wikipédia francophone, et membre de l’association Wikimédia France. Très claire présentation de Wikipédia pour le public. Il laissa ensuite la parole à Nat pour une conférence intitulée «Wikipédia: constats et propositions constructives» dans laquelle Nat mit en garde contre un mode de décision à biais corporatiste risquant d’appauvrir Wikipédia. La réflexion était de fond et pouvait être transposée à toute communauté, l’atmosphère était tendue car ce qui était en jeu était l’objectivité si chère à Wikipédia. Nat montra de façon
magistrale qu’il valait mieux dans l’administration de WP s’aider de vieux principes de séparation des pouvoirs aussi élémentaires que par exemple: «ceux qui sont soumis à un règlement ne doivent pas pouvoir le modifier eux-mêmes». Le débat était contradictoire et l’assistance est intervenue, parfois de façon véhémente; je vous invite à voir la vidéo de Michael si vous êtes intéressé par cette réflexion de fond sur l’organisation d’une encyclopédie collaborative.
Quant au sous-thème localisation/traduction, j’ai commencé à 9h (salle fermée, pas de vidéo, etc.) par une petite conf très générale intitulée «Bien traduire: quelques principes simples» s’adressant à un public particulier: les personnes qui ont en charge la direction de projets de traduction et la formation de traducteurs contributeurs. Peu de monde à cette heure matinale
(moins de 10) mais juste les personnes visées ;-) dont une personne responsable des projets de localisation Mandriva, Sophie Gautier pour OOo, Jean-Philippe Guérard et Isabelle Hurbain de Traduc.org. Mon souhait était de retransmettre le mieux possible mon savoir-faire professionnel et académique des fois que ça soit utile — ce fut apparemment apprécié du public peu nombreux. Chose utile à long terme, on
formula ensemble la nécessité urgente de sensibiliser les développeurs anglophones en amont aux difficultés que rencontrent leurs pairs traducteurs.
Isabelle Hurbain pour Traduc.org a présenté le projet traduc.org afin de susciter des vocations.
Thomas Huriaux, coordinateur de l’équipe d’adaptation («localisation») en français de Debian, avait présenté deux jours avant les «Méthodes et outils de localisation utilisés dans le projet Debian» et la façon dont la qualité (reconnue) des traductions Debian était assurée.
Sophie Gautier de même nous a montré l’univers de la localisation d’OOo — très complexe!
Un peu en marge de ces thèmes, Éric Bachard, co-responsable du projet Porting, responsable du port Mac pour OpenOffice.org a relaté sa passionnante expérience.
Voilà, dans l’ensemble peu de public mais objectif atteint (faire se parler les conférenciers notamment pour la localisation).
Voir aussi la critique (élogieuse) du thème sur le blog de Guillaume Lelarge