Déclin de l’industrie du disque: les concentrations et l’appauvrissement de l’offre en cause - et non le “piratage”

Extrait d’un article du Monde du 22 juillet 2006:

“La Commission européenne a été désavouée par la Cour de justice de Luxembourg, le 13 juillet, pour avoir trop hâtivement donné, en 2004, son feu vert à la fusion de deux géants du disque, Sony Music et BMG.”

Un précédent ?

“Le volume mondial des ventes a chuté de 41,9 milliards de dollars en 2000 (33,07 milliards d’euros) à 33,3 milliards de dollars en 2005. (…) La première cause de la crise, selon Impala, est la concentration, et non le piratage (…). “Mettre 60000 groupes de rock en Europe face à 60 directeurs artistiques crée des goulots d’étranglement dangereux”, explique Patrick Zelnik, fondateur de Naïve et élu récemment à la présidence d’Impala.”

Logique. Heureusement l’industrie ne dicte pas encore totalement le besoin ou l’envie du consommateur…

“Les fusions, présentées aux actionnaires comme un remède aux baisses de profit, provoquent surtout une réduction des effectifs dans les entreprises (…). Sont élaguées les branches les moins rentables, par exemple les albums vendus à moins de 30 000 exemplaires, ce qui exclut des pans entiers du jazz, de la chanson engagée, des musiques du monde, de classique…”

Aïe, snif.

Et un petit coup de projecteur sur certaines pratiques à la Commission européenne:

“(…) les fonctionnaires de Bruxelles, qui ont traité ses membres comme des “marginaux”, leur refusant le droit d’examiner les argumentaires de Sony et de BMG, “alors qu’ils avaient accès aux nôtres“, précise Isabelle Wekstein, l’une des avocates d’Impala, qui avait précédemment défendu la cause des libraires indépendants dans l’affaire ditis-Lagardère.”

Le cercle des avocats du secteur médias/musique n’est pas très grand.

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