Ravages de l’impunité: des djeunz de banlieue au mal des fonctionnaires

“Qui aime bien châtie bien”. Un vieil adage désuet, qu’on n’entend plus. Et pourtant. L’Impunité ravage certaines banlieues et certaines administrations.
Nous nous sommes tous faits parce que notre environnement nous a généreusement répondu. Voilà pourquoi l’Impunité, chose antinaturelle, est hautement pathogène; elle rend fou. Elle nie les lois de la Nature.

Banlieue craignos. 1h du mat. Boucan. Plus d’une dizaine d’enfants (des garçons uniquement) de 10-11 ans. Du 15e étage de l’une des immenses tours, descend l’une des dernières personnes de souche française à être encore là, pour tenter de faire cesser le raffût. C’est une de ses dernières tentatives d’avoir une cité à visage humain. Quinze ans qu’elle se bat, mais là ça y est, elle vend, comme les autres. Tous les autres ou presque sont partis de cette cité de milliers d’habitants…
Elle descend, accompagnée d’un voisin malien. Et avec son appareil photo. Pas vraiment pour s’en servir - et qu’en ferait la police, eux dont les mains courantes se retrouvent en moins de 24 heures aux mains des Caids de la ville. Non, juste pour se protéger.
Les enfants sont très insolents. Elle les photographie et là, le “chef” de la bande tente de lui arracher l’appareil… L’ami malien attrape la main du gamin, et la serre si fort qu’il l’oblige à s’agenouiller. (”Et n’allez pas dire que je suis raciste parce que je suis Malien. C’est vous qui êtes la honte de la race!”) Les gamins depuis n’ont plus sévi.
Elle a réfléchi à l’incident et a dit: “Cela prouve bien que c’est l’impunité qui est mère de tous les vices.”

Certaines administrations ou entreprises mal ménagées sont également pathogènes. De jeunes gens fringants y entrent et sont en quelques années peu à peu ratiboisés comme des bonsaïs, dans la souffrance. Chaque initiative est sanctionnée, l’oisiveté et l’inaction récompensées. La conception d’un monde évoluant au gré des initiatives de chacun se rétrécit d’année en année. Et comme nous sommes tous plus ou moins perméables à l’environnement… Qu’advient-il? Résignation? frustration? perversion? - Et le désespoir s’installe d’autant plus facilement que, alors que les jeunes gens sont faits pour changer le monde, ils n’ont que peu d’espoir.

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