Imprudence quotidienne des Gentils et répartition du travail

Isa, Fab et Nat discouraient des effets pervers de l’inégale répartition de la gentillesse et de la serviabilité dans certains corps - Éducation nationale notamment. Prenons une personne gentille, serviable et compétente (ce qui va souvent de pair, rien de plus logique d’ailleurs puisque nous sommes naturellement portés vers l’action). La surcharge quasi mécanique induite pour le “marginal” (interlocuteur préféré des étudiants, corvéable de/au service de ses pairs) provoque au bout de quelques années un épuisement général, qui nuit in fine à la qualité du travail de l’intéressé: qualité de son enseignement, qualité de ses recherches, etc.
Si bien que finissent pas se côtoyer trois types de personnes:
- le Gentil, qui finit vite épuisé ;
- le Méchant, souvent incompétent car il n’est pas dans la boucle à rétroaction positive “faire - savoir - faire…”
- le Sage, un Gentil qui se déguise le plus souvent en Méchant pour se préserver.

Bien entendu, tout cela est généralisable aux autres métiers… mais quelle conséquence plus grave que de nuire à la qualité d’un enseignement ?
De l’équilibre ou déséquilibre entre ces trois catégories, que peut-on déduire pour un corps ou une organisation donnée ? Est-il suffisamment nombreux ou adéquat dans sa formation pour l’ensemble des tâches et missions qui lui sont confiées ?

J’en reviens à ce qui me hante, une réforme du droit du travail afin que les travailleurs soient considérés comme des créateurs. Que le contrat qui les lie à l’entreprise parle de “création contre rémunération”. Commencer à tenter de systématiser l’évaluation du travail? Instaurer une obligation de management? Bien sûr c’est un peu dangereux comme chaque fois qu’on tente de substituer la Loi à la Morale - et que l’État risque l’ingérence dans une sphère plus intime. En même temps, le droit du travail qui tente de protéger le salarié du patron, ne le livre-t-il pas à ses pairs tire-au-flanc?

Lu dans les commentaires du blog d’un inspecteur du travail: “Faut arrêter de prendre ses salariés pour des abrutis : la plupart d’entre eux désirent faire leur travail et bien le faire, de n’être pas emmerdés par des tire-aux-flanc (ce qui represente toujours une charge de travail supplémentaire pour les autres) ou des petits chefs harceleurs et méprisants, de travailler dans de bonnes conditions, avec un salaire correct qui permet de vivre sans trembler dès le 15 du mois!”

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