3e édition des Trophées du Libre
Jeudi 30 novembre 2006 eut lieu à Soissons la cérémonie de remise des prix de la 3e édition des Trophées du libre, organisée par notre partenaire CETRIL. Les logiciels libres prennent leur essor, comme en témoignent les désormais nombreux livres sur ce secteur, mais aussi des migrations symboliques telle celle de l’Assemblée Nationale.
Les logiciels libres nominés cette année étaient tous plus excitants les uns que les autres ! Parmi les critères de choix, de mémoire : l’originalité, la transparence technique, le caractère d’innovation, la qualité du code, l’éventuelle utilité sociale, la coopération avec le reste des développeurs et les efforts que le logiciel a représenté.
Notons tout d’abord le gagnant dans la catégorie sécurité, OCS Inventory, outil libre de surveillance et de gestion de parc. Quant au gagnant de la catégorie “Jeux et multimédia”, c’est un logiciel de conférence/voix sur IP, GnomeMeeting, et j’avais rencontré il y a quatre ou cinq ans son développeur, Damien Sandras. Dans cette catégorie, bien entendu, l’excellent logiciel de pair-à-pair écrit en Java Azureus avait aussi été nominé, représenté par Olivier Chalouhi, qui avait participé à notre livre sur le pair-à-pair.
Dans la catégorie “Education”, c’est Stellarium, logiciel libre présenté par un ingénieur de l’Observatoire de Paris, qui fut primé, notamment parce que ses fonctions merveilleuses d’exploration du ciel donnent aux enfants qui l’utilisent l’envie d’apprendre, et développent la curiosité. Dans la même catégorie a été nominé pour la deuxième année consécutive le logiciel Prométhée qui permet de gérer un établissement scolaire…
Enfin, dans la catégorie “Service public et collectivités”, openELEC a gagné : ce logiciel de gestion de liste électorale est déjà utilisé en production à la mairie d’Arles. Il a arraché la première place de peu à demexp, logiciel de vote électronique visant la démocratie directe — mais qui fut ‘disqualifié’ en raison de l’impossibilité théorique et technique d’obtenir une garantie sur l’absence de tricherie supérieure à celle du vote papier. AlternC de Benjamin Sonntag fut primé dans la catégorie des logiciels PHP, il permet de gérer l’hébergement de plusieurs domaines. Quant aux gagnants de l’année dernière, citons juste VideoLAN, Blender (sujet d’un récent bestseller de la collection Accès libre), Mambo, renommé Joomla, et bien sûr, MediaWiki, le logiciel sur lequel tourne l’incontournable Wikipédia !
Le représentant d’un gros éditeur s’accordait à dire que le modèle du logiciel libre est bénéfique pour tous, notamment parce qu’il permet de mettre au point sans coût des normes éprouvées par les faits.
Pour rappel (on sait jamais) : logiciel libre = pas de secrets de fabrication en raison de la licence (transparence sur ce que le logiciel fait réellement), mutualisation des améliorations, indépendance par rapport au fournisseur puisque tout fournisseur compétent peut travailler sur le logiciel.
J’ai croisé les auteurs des logiciels vainqueurs et nominés, dont fait partie Benjamin Sonntag (traducteur du livre sur SSL VPN et relecteur du livre sur Radius), ainsi que de très nombreuses connaissances, notamment Laurent Bloch, directeur de la sécurité des systèmes d’information de l’INSERM et auteur d’un livre limpide sur la sécurité informatique.
Ce dernier est notamment intervenu dans une courte table ronde dédiée à la sécurité où il a rappelé limpidement ce qu’on appelle “sécurité” en informatique. Et d’abord un principe essentiel que bien des directions informatiques ignorent (ou feignent d’ignorer) : qu’un outil maîtrisé par l’équipe informatique vaudra toujours mieux qu’une solution très sophistiquée et opaque (sans compter le coût) — imaginez dit-il, qu’un pare-feu propriétaire tombe en panne, que l’appel d’un prestataire soit nécessaire, mais que le prestataire parti, on reste les bras ballants sans jamais savoir la raison de la panne, ni la raison de sa disparition… Enfin, plutôt que l’analyse de risque (le risque le plus embêtant n’étant jamais que celui qu’on ignore), il préconisait une prévention en profondeur fondée sur l’accumulation de bonnes pratiques. Quant à l’ouverture du code des logiciels de sécurité, elle a été établie comme nécessaire quoique non suffisante bien sûr, selon Nat Makarévitch.
28 décembre 2006 à 13:56
Coucou Muriel !
Merci pour ton article
En plus de la sécurité, qui est un thème très important, il devient aussi urgent de débattre, et fixer des règles “comportementales” sur le thème de l’éthique autour du libre tout d’abord, mais aussi sur celui de l’économie du libre.
La redistribution des richesses engendrées par le libre devient chaque jour plus délicate, et sujette à discussions.
Comme par exemple : avec tout ce qui va se passer à l’Assemblée Nationale, que va-t-il revenir aux développeurs des dits logiciels libres ? Quelles sont les limites pour avoir un fonctionnement sain ?
J’ai ici une pensée particulière pour toutes les ” SSLL ” ** , entreprises qui gagnent de l’argent, mais oublient de contribuer en retour…
Sur ce, je te souhaite une bonne journée, et de bonne fêtes pour cette fin d’année
*** SSLL signifie : Société de Services en Logiciels Libres
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eric b
P.S. : je serai dans le coin les 23 et 24 janvier prochains, et si j’ai un moment, je passerai dire bonjour