Plagiat chez les étudiants

Une note m’est parvenue, enjoignant les enseignants à faire signer aux étudiants un engagement à ne pas plagier.
J’ai renvoyé vers cette explication synthétique concernant le plagiat estudiantin sur le site de l’université de Paris IV qui explique notamment comment détecter très facilement un plagiat sur Internet (les moteurs de recherche permettent de le faire instantanément) et explique aussi que des mesures de répression sévères peuvent être prises.

Quant à la prévention… une paperasserie supplémentaire, ou qui risque d’être ressentie comme telle, constitue-t-elle une bonne prévention ? Cela tend à faire croire que les professeurs sont dépassés par les possibilités de l’Internet et n’ont pas su s’adapter. Cela peut donner l’impression d’une posture défensive qui me semble nocive — par mon métier, j’ai assez conscience d’un sentiment de décalage parfois fort entre ceux qui sont “hors du coup” et ceux qui sont “dans le coup”.

On me fait remarquer justement que “cela correspond aux usages car cela fait appel à la responsabilité personnelle, sans laquelle aucun enseignement ne tient, par une dimension presque contractuelle (préfigurant bien l’activité professionnelle ou non d’un adulte dans notre société)”.

J’ai posé la question pour aller au cœur du problème : que veut-on prévenir ?

  • le mensonge [là que peut-on espérer faire…] ;
  • la disparition totale de la capacité à articuler sa propre pensée [l’oral reste la plus sûre parade (?) ] ;
  • la non-détection de problèmes de langue [mini-devoirs sur table (?) ] ;
  • une surcharge de travail pour les professeurs [mais que préférer entre faire signer un papier à tous les étudiants et rechercher une phrase dans un moteur de recherche ? ].

Il est peut-être difficile d’éviter de demander des exercices scolaires dont la réponse est forcément quelque part sur l’Internet, cela dit de tels exercices ont-ils une chance d’être ressentis comme utiles…
Enfin, n’y a-t-il pas un problème autrement plus urgent, celui de la garantie de l’esprit critique  ? Il faut que les étudiants apprennent à se servir de l’Internet — qui reste heureusement encore un lieu d’expression sans censure — et aient cet esprit critique. Le petit livre sur Wikipédia explique bien la nécessité d’une démarche de validation de l’information, car le vrai problème est plutôt là.

D’ailleurs, on pourrait imaginer qu’apparaissent de nouveaux métiers comme la veille technologique, le décryptage et la vérification d’information, etc.

Un commentaire pour “Plagiat chez les étudiants”

  1. Cricou dit :

    Ce billet est passionnant.
    Il faut le faire lire au futur ministre de l’éducation. Quoique, je ne suis pas sûre que cela arrange tout le monde de tenter de préserver et encourager l’esprit critique. En fonction du candidat qui gagnera l’élection…