Muriel

Célébrité polynésienne

13 mai 2006

Ma grande soeur Vaima s’est vue consacrer deux pleines pages dans l’un des deux principaux quotidiens polynésiens, Les Nouvelles de Tahiti du 22 avril 2006.

DADVSI votée au Sénat

13 mai 2006

En bref : DADVSI a été adoptée. Comment s’étonner que plus de 16000 internautes boycottent déjà l’industrie du disque?

L’hypocrisie de certains partis a de quoi exaspérer et EUCD.info rapporte que “Le groupe socialiste a été invisible et sa position illisible. Il ne s’est pas opposé en séance, n’a pas apporté ses voix à certains sous-amendements importants mais a finalement voté contre”.

Cé quoi déjà le logiciel libre ?

13 mai 2006

Merci beaucoup à L. Lieb. pour cette description :

“Dans les années 1980, des informaticiens ont créé un mouvement pour le partage de l’informatique - permettant ainsi de ne payer que le matériel. Ils créent pour cela des outils juridiques et logiciels (des programmes) qu’ils offrent à toute l’humanité. Les informaticiens qui font cela gagnent leur vie grâce aux cours, aux conseils ou aux journées de développement spécifique qu’ils font sur les programmes qu’ils ont offerts. Depuis le logiciel libre est devenu une sorte de commerce équitable de l’informatique. Ainsi beaucoup de pays émergents peuvent s’équiper de logiciels de grande qualité. D’autres pays plus industrialisés ont vu quant à eux une possibilité d’indépendance vis à vis des État Unis. Enfin, c’est un partage scientifique qui fait considérablement progresser nos connaissances. Évidement, cette équité n’est pas du goût des plus riches…”

L’informatique au fond

20 avril 2006

Je mets aussi un coup de projecteur sur le blog de Laurent Bloch, qui nous offre une analyse des mécanismes du rootkit DRM-isant de Sony qui a fait tant de bruit. Ce blog est passionnant et contient des articles de fond. Il va du récit des déboires d’un internaute changeant d’opérateur (hymne à la freebox), jusqu’à des articles didactiques d’informatique - telle la description de l’implantation de structures de données élémentaires en programmation, en passant par une analyse (et apologie) de la psychologie du hacker et de la programmation. D’ailleurs, incroyable justement, je me posais la question d’une néophyte et Laurent y a répondu : mais comment marche la recherche automatique d’une chaîne dans un texte (Quicksort, algo dichotomique, par fusion, insertion…)?

Extrait du récit (utile) concernant le changement d’opérateur :

(…) mais surtout, j’avais le sentiment d’avoir affaire à des gens qui ne cherchaient pas à savoir ce qu’était l’Internet, qui n’y comprenaient rien, et qui considéraient leurs clients comme TF1 considère les siens, des demeurés rançonnables à merci dont il convient d’amollir le cerveau pour qu’il soit plus réceptif à la publicité des marchands de boisssons gazeuses ;
(…)

Le joyeux vacarme du Web

20 avril 2006

Mon blog était encore en jachère - si je pouvais être lui et me reposer aussi!
J’ai donc peu lu le Web depuis, mais grâce au blog de Tristan Nitot (merciiii Tristan !), je me rattrape (comment ? vous n’êtes pas encore abonné au fil RSS du blog de Tristan !?)

Bruit de la solitude

19 avril 2006

La solitude fait un bruit particulier, elle a un rythme unaire, aux silences doublés.

Colloque loufoque de premier avril

1 avril 2006

Nous sommes le premier avril de l’an deux mille six. Un colloque extraordinaire se tient à l’École normale supérieure, intitulé “VARIÉTÉS DE POISSON ET ESPÈCES DE MANCHOT”, dans le cadre du Groupe de recherche transdisciplinaire mathématiques - informatique - biologie. C’est à 14h. Notez Sébastien Blondeel comme participant qui fera un exposé sur “Le manchot descend-il du singe? L’exemple de Linux”.

Les actes de cet extraordinaire congrès sont en ligne ;-)

Concert de Jean-François Dichamp

31 mars 2006

Un merveilleux concert à venir en deuxième partie d’un monologue autour du retour des camps, le jeudi soir 6 avril 2006 à 20h30. C’est une soirée “paroles et musique” intitulée « Yadja » de Blanca Metzner et Dan Wolman suivie d’un récital de piano de Jean-François Dichamp : nocturne de Chopin, 2e ballade de Liszt Chopin, sonate de Prokofiev. Et ce sera au théâtre du garde-chasse des Lilas (m° Mairie des Lilas).

Téméraire

24 mars 2006

Porte de Bagnolet. BMW à vitres teintées, feu vert, contrarié par une piétonne obtue : coup de klaxon agressif. Dans l’instant la piétonne entend l’insolente opulence. Elle s’octroie alors un luxe insensé, comme ceux qui n’ont rien à perdre : une décoche au carosse pour faire écho sans bosse. Crissement de pneus, arrêt net. Témérité ? Lucidité ? Elle se précipite sur la portière avant, l’ouvre et dit “le feu n’était pas rouge !”. Sort en trombe un géant patibulaire, en rage, qui contourne la voiture et se précipite sur elle. Ô vitale symétrie : elle aussi, attaque pour planter son visage à deux centimètres du sien. (Voyant le poing s’armer, elle s’autorise une fugace pensée “je n’avais jamais reçu de coup de poing”.) L’homme est stupéfait. Quelle audace ! Ou plutôt… est-il d’une folle ce regard clair ?

“Montez dans ma voiture que je vous mène à la police”. “Que non, à pieds j’irai !”. Plus loin, près d’un commissariat caméléon camouflé dans la grisaille. Elle ne voit nul adversaire, sinon la rutilante ; et affalés dessus, un groupe d’adolescents à mine de dealers. “Où est l’homme ?”. Ils ne savent, disent-ils. “Cessez de mentir ! où est-il ?”. “Là”.
Survint une bien étrange scène : un brigand intrigué sermonnant une follette.

DADVSI - vote aujourd’hui à l’assemblée

20 mars 2006

L’avis de David Monniaux sur les réactions, dans la presse étrangère, aux derniers amendements votés… ou comme on s’aperçoit que dans le jeu des pouvoirs internationaux, on ne s’intéresse pas du tout aux artistes mais à l’interopérabilité

Et à lire absolument, le communiqué de l’AFUL analysant le texte que les députés s’apprêtent à voter aujourd’hui.

Voir aussi l’interview d’une aveuglante clarté du mathématicien Roberto di Cosmo sur la licence globale et les DRMs.

DADVSI - Suite avant épilogue

19 mars 2006

En deux mots :

  • une majorité à l’assemblée votant comme un seul homme,
  • quelques raisonnables en leur sein mais probablement objets de pressions et donc intimidés, revenant sur leur soutien fort,
  • une opposition défendant courageusement mais sans grand espoir la raison

Puis, quand même, un coup de théâtre à 3h30 avec des sous-amendements/amendements qui rééquilibrent le texte façon “je te tiens, tu me tiens, par la barbichette…”.

Maintenant, l’idéal quand même serait que le texte résultant ne soit pas voté demain mardi 21 mars 2006.

Voir aussi l’analyse détaillée sur DADVSI de Laurent Bloch.

Beethoven, Crumb, Poulenc et Mozart, et tango argentin

19 mars 2006

Gare de l’Est, 8h du matin, direction Strasbourg. 5-6 heures de train. Visite sous la pluie, étape chez l’Ami Fritz. Départ en voiture louée pour franchir le col verglassé de Sainte-Marie. Dérapages incontrôlés. Bleu acier de la neige et de la nuit. Arrivée à 20h30 à St-Dié des Vosges, où se jouait le dernier quatuor de Beethoven op. 131 suivi de Black Angels de Georges Crumb. Oh je n’ai pas regretté un instant l’imposante et menaçante vue des cols enneigés dans la tempête. J’ai enfin retrouvé le son du Quatuor Satie que j’avais tant aimé, et suis enthousiaste de l’arrivée d’une deuxième violon somptueuse et aussi engagée que les autres membres.
Départ précipité pour tenter de ne pas rater le train de minuit dix-neuf à Strasbourg. Retour par la même route, mêmes frayeurs, habitées cette fois de la beauté des sons entendus. Train de nuit, arrivée à 6h47, heure où Paris s’éveille. Le concert d’Eric Le Sage, Frank Braley, Paul Meyer et l’orchestre de Paris commence à 11h. Les double-concertos de Mozart et Poulenc sont merveilleux, ainsi que le Pélléas et Mélisande de Fauré, coloré et ciselé. Bien belle journée.
Et aujourd’hui, du tango argentin au théâtre du Mogador, je plane à Buenos Aires, tant de générosité, de nostalgie, de finesse… Et quelle grâce dans les pas et les regards des danseurs ! C’est décidé, je me mets au tango argentin !

Quelques concerts

11 mars 2006

Ai découvert ce soir grâce à Jean-François Dichamp un disque magnifique de tango, par Barenboim renouant avec l’Argentine de son enfance et jouant des airs de tango de Buenos Aires.

Aujourd’hui, à Saint-Dié des Vosges, jouera le Quatuor Satie.
Demain matin dimanche 12 mars 2006, Eric Le Sage (piano) jouera avec Frank Braley (piano) et Paul Meyer (direction) Mozart et Poulenc au Théâtre du Châtelet.

Et enfin, le festival international de musique de Salon de Provence (Musique à l’Empéri), qui se tient tous les étés à Salon de Provence, est doté d’un nouveau site web alléchant. Il aura lieu cette année du 31 juillet au 9 août 2006.

DADVSI - triste spectacle à l’Assemblée

10 mars 2006

Suite à une intervention récente, un billet a été supprimé de ce site.

Débat DADVSI dans l’hémicycle

7 mars 2006

La bataille sera livrée à l’Assemblée nationale à partir de cet après-midi et retransmise en direct.
L’enjeu : la discussion et le vote en séance d’amendements au projet de loi DADVSI
- qui en suppriment les menaces qu’il fait peser sur le logiciel libre et sur certaines libertés fondamentales de l’utilisateur/individu/consommateur
- voire qui assurent un environnement de concurrence équitable en cas d’apparition de nouveaux modèles d’offres payantes adaptées.

Les protagonistes :
- des représentants du peuple parlant pour des lobbies,
- des représentants du peuple parlant pour le peuple, et
- des politiciens parlant juste pour leur élection à venir.

Équilibre des forces : comment le savoir ? Certitude : 2/3 de députés pouvant être asservis par le gouvernement qui soutient ce projet félon.
Seule chance : des partis indépendants et des députés informés (bravo EUCD!) parlant haut et fort en séance.

Tout sera archivé sur l’Internet… Chacun sera mis devant ses responsabilités (faute grave pour mettre en danger la sécurité/indépendance nationale, etc.).

En passant, une réflexion commune de Nat et Sébastien sur la copie privée:

La copie privée est une activité légale (CPI, 122-5 2º)
quelle que soit l’origine de l’original utilisé (P2P, copie d’un copain, original personnel ou emprunté…), du moins tant qu’elle ne bénéficie pas au ‘public’, donc à des inconnus. Ce fut confirmé en appel à Montpellier en mars 2005.

Les majors mènent un bourrage de crâne impressionnant pour faire croire le contraire, toutefois le mot «piratage», «piraterie», «contrefaçon» ou des mots de leur famille, en France, ne s’applique pas en cas de copie privée.

Toutefois les tribunaux eux-mêmes ne parviennent à trancher clairement et facilement (cas de moyens de verrouillage limitant le droit à la copie privée, au point que la Cour de Cassation interpréterait indûment une loi).

Par ailleurs droit à la copie est ambigu car s’agit-il:

  1. d’interdiction à autrui de nous interdire de (tenter de) le faire?
  2. de la possibillité d’exiger d’autrui le moyen de le faire?

Comparer: liberté d’expression / de circulation

La formulation de l’article du CPI semble aller dans le sens 1.

Pour ma part, la formulation originale du CPI laisse voir une incohérence : la notion de sphère privée s’oppose à celle de sphère publique, et la notion de collectivité est orthogonale. Il y a des collectivités privées, et publiques. Il ne me viendrait pas à l’idée que la SACEM puisse toucher quelque chose sur la diffusion d’une musique lors d’une cérémonie de mariage par exemple.

DADVSI bientôt…

3 mars 2006

7 à 9 mars, délibération à l’assemblée. 14 mars, vote du projet de loi.

Pour ceux rares qui manqueraient d’informations :
www.lestelechargments.info
http://standblog.org/blog/2006/03/02/93114688-actu-drm-et-dadvsi
http://standblog.org/blog/2006/03/01/93114682-actualite-dadvsi

Ils nous auront tout fait, je veux dire les lobbies et le gouvernement complice. Depuis le ministre de la Culture s’exhibant dans des émissions grand public sur la chanson française pour convaincre des vedettes - riches pantins de soie de leurs très riches producteurs/distributeurs - de s’exprimer contre une licence globale qui “tuerait la création”, jusqu’au fin ridicule d’un site de propagande gouvernemental (mais dans quel pays suis-je ?), irrespectueux du savoir-vivre le plus élémentaire sur le Web, témoin du fait que nos gouvernants sont complètement à côté de la plaque quant à ce qui se fait de bien sur l’Internet…

Et juste par devers moi (presque) une tentative lacunaire de séparer les problèmes :

  • les DRM et leur efficacité toute relative qui laisse penser que l’objectif de leurs défenseurs n’est pas de lutter contre le “piratage” - pancarte brandie par les majors pour attendrir les artistes - mais bien de s’assurer une manne par monopole sur toute une chaîne de distribution (voire imposer un système de type big brother sur tous les ordinateurs et offrir sur un plateau d’argent un pouvoir absolu à de gros fabricants) et écarter ainsi tous concurrents, logiciel libre compris (ce dernier étant pourtant une des rares sources de dynamisme économique et garantie de notre indépendance technologique ;
  • la création artistique et le droit d’auteur, censé protéger l’artiste, les deux entretenant une floue relation (souvent à l’avantage des producteurs/distributeurs) ;
  • la liberté naturelle (nécessaire ?) d’utilisation dont devrait jouir un individu au regard d’un bien culturel - et sur laquelle aucune concession n’est admissible (copie privée) ;
  • la non-séparation entre production et distribution : pourquoi continuer de lier production et distribution alors que cela peut mener à des oligopoles qui appauvrissent la diversité culturelle dans le secteur de la musique et de l’art.

Polysémie à risque (commentée)

20 février 2006

Suite à remarques, ce billet a fait l’objet de quelques ajouts récents, précisant que les farceurs n’étaient pas de méchants irresponsables et que les conséquences de l’aventure étaient mineures.

Au service informatique d’une grande école… Driiiiiiiing !
- Allô ?
C’est l’ingénieur système d’une société d’informatique qui appelle à l’aide :
- Au secours, j’ai des problèmes de son.
Off. L’admin exaspéré passe la communication à l’un des collègues présents - toujours d’humeur farceuse. Sachant s’adresser à un administrateur système, persuadé que ce dernier rirait de sa bonne blague :
- Ah, tu es dans /etc ? Passe root et fais “rm moins rf étoile”
Off. Clic clac clic clic (bruit sur clavier) :

# cd /root
# rm-rf *

- Marche pas, il me dit “command not found”.
Off. Stupéfaction du farceur. Fou rire dans l’assemblée au bout du fil. Incrédulité générale. Et avant même que quiconque puisse réagir :
Off. Clic clic clic clic (bruit sur clavier) :

# rm -rf *

- Ah, finalement ça marche !

Il l’avait fait ! L’assemblée était entrée dans la 5e dimension et se tordait de rire à terre dans d’horribles spasmes.
Root tout puissant et bienveillant avait récursivement sauvé puis sanctionné l’incompétence. Seuls les fichiers que le malheureux venait de télécharger l’heure passée avaient été effacés.

Boulot dodo ?

20 février 2006

Idées en pagaille, rencontres, naissances de projets, sorties de livres… Et toujours la course…

Honte

15 février 2006

Le confort de sa soirée n’avait eu d’égal que la banalité de sa vie parisienne. Il était plus de minuit, les étoiles lui rappelaient qu’il y avait un ciel, au-dessus. Le tranquille scintillement de la place des Vosges lui chuchotait qu’ailleurs était la vie.

Un peu plus loin, deux clochards allongés devisaient gaiement ensemble avec leur vin, dans le froid. Pour leur mendier un peu de gaieté, elle glissa dans la main de l’un d’eux, le rouge au front, un billet de 20 euros. Somme rondelette ? Geste dérisoire. Mortifée de honte, elle n’entendit pas l’homme brailler gaiement un remerciement ; elle entendit, en lieu, un cri de colère.

Politique : espoir ?

15 février 2006

Fin de l’opposition artificielle et stérile entre libéralisme et socialisme. Un libéral socialiste est un humaniste épris de justice sociale.

Pour remettre quelques idées en place, ai assisté à une conférence passionnante “Qu’est-ce qu’un libéral ?” (bientôt disponible en audio sur le site de Diffusion des savoirs de l’École normale supérieure) d’Alain Renault, professeur de philosophie morale et politique. Il rappelle que le libéralisme consiste à concevoir des limites à l’intervention de l’État, notamment pour qu’il reste hors de la sphère privée (cela rappelle la nécessaire laïcité - avec laquelle certains hélas confondent l’athéisme ou l’agnosticisme :-/ ).
Le libéralisme entraînant nécessairement des corrections pour éviter que sur l’intérêt général ne prennent le pas une somme de petits intérêts particuliers. Condition nécessaire au libéralisme, une économie de marché, mais avec toutes les régulations (garantir une concurrence équitable, lutter contre les monopoles…) qui s’imposent du fait des possibles déviations inhérentes à cette conception.
Piste pour notre politique malade : une véritable décentralisation voire démocratie participative.
MàJ 20060421: J’apprends de Diffusion des savoirs que l’enregistrement est ô combien hélas perdu :-/

Justement, lors du récent congrès extraordinaire d’un parti politique auquel son président m’avait conviée avec d’autres, au titre d’une aide à la réflexion sur DADVSI, j’ai entendu des choses réconfortantes - notamment pour ceux qui en toute conscience votèrent “non” au projet de “constitution” européenne :

“Un État qui respecte la loi, c’est d’abord un État qui respecte celui qui fait la loi, c’est-à-dire le Parlement. Or il n’y a pas un jour qui passe sans que les pouvoirs et les attributions du Parlement ne soient piétinés. Vous le savez, nous voulons changer les institutions, car la France ne peut pas continuer à vivre dans un régime aussi déséquilibré que le nôtre et qui fait de la Vème République une monarchie républicaine, pire encore une monarchie impuissante. On respecte si peu le Parlement que le gouvernement peut déposer un amendement fondamental de 7 pages sur la protection du droit d’auteur sur internet à 18 heures, pour être discuté à 21 heures, alors que cela fait quatre ans que la France doit transposer la directive européenne.”

(…)

“Il faut aussi redonner au Parlement un vrai pouvoir de contrôle : contrôler l’action du gouvernement, contrôler l’usage de l’argent public, ce n’est pas empêcher l’action du gouvernement. Le contrôle, ce n’est pas l’impuissance, c’est au contraire la légitimation de l’action. C’est parce que l’action de l’exécutif est contrôlée, qu’elle devient crédible auprès de nos compatriotes et que l’impôt devient acceptable.”

Il y avait des gens courageux (plutôt jeunes) convaincus de leur mission. Quant au président de ce parti, il inspire confiance car il oppose une résistance à la mécanique de gangrène de notre système politique qui assure la victoire aux lobbies dès qu’ils sont riches et puissants. Il écoute ceux qui vivent dans les problèmes et se forge d’intimes convictions, auxquelles il reste fidèle - ce qui comporterait une part de risque, n’était justement sa capacité à écouter.

Time flies…

15 février 2006

De ceux rares mais chers qui ont remarqué l’inactivité de mon blog, certains s’inquiétaient, d’autres s’impatientaient. Bref, sous l’amicale pression il me faut tenter de reprendre.

Qui est encore pour le projet de loi DADVSI ?

17 décembre 2005

Qui est encore assez naïf pour approuver le projet de loi DADVSI qui sera voté mardi ? Qui continue de tomber dans le panneau en reprenant bêtement les arguments serinés par les médias du type “les artistes doivent être rémunérés, donc ce projet est bon” sans voir que le problème n’est pas là et que si jamais il était là, il ne s’agirait que de rémunérer d’abord les majors ?
Qui continue de croire que ceux qui s’opposent à ce projet sont des pirates ou des gens qui approuvent la contrefaçon alors qu’il s’agit avant tout de gens qui en ont compris les implications techniques ? Qui croit encore que nos députés comprennent ce qu’ils voteront lorsqu’ils sont coulés sous 230 amendements et que le texte est technique, qu’il y a un déficit d’expertise, et que l’interprétation en est laissée à des intérêts industriels ?
Qui n’a pas encore compris que pour contrôler des choses comme la copie, il faut pouvoir contrôler de bout en bout à un niveau matériel toute la chaîne de communication de l’utilisateur, et ce depuis l’exérieur ! Qui n’a pas compris que l’on s’orientait ainsi vers des ordinateurs prépiratés par des oligopoles ou monopoles sans laisser d’autre choix ? Sony a piraté des milliers d’ordinateurs avec ses CDs intégrant des “mesures techniques de gestion de droit numérique” : cette loi interdira à l’individu de se défendre contre ce genre de piratage. Autrement dit, alors qu’aux États-Unis, Sony fait l’objet de très nombreuses plaintes collectives, il ne faudrait piper mot si cela arrivait ici.
Qui n’a pas encore compris qu’alors, c’est toute l’informatique qui est entravée (et ne parlons pas de logiciel libre !) : un chercheur ne pourra publier une faille découverte, une bibliothèque publique ne pourra plus prêter, vous n’aurez plus le droit de contourner une mesure technique tierce pour tenter quand même un usage licite de vos outils informatiques.

Pourquoi cette hâte douteuse quand la directive qu’elle est censée transposer doit justement être réexaminée l’année prochaine ?!

En bref donc, qui n’a pas encore signé la pétition contre ce projet de loi (pétition qui a réuni à ce jour 101400 signataires depuis le 2 décembre 2005) sur le site de l’EUCD ? Il vous reste ce week-end, car la pétition sera déposée ce lundi 19 décembre, avant le vote de mardi-mercredi.

Et qui ignore encore que la directive européenne censée être ainsi transposée résulte d’un lobbying provenant principalement d’intérêts américains, qui ont réussi à faire passer cette directive après avoir eux-mêmes passé le scandaleux DMCA ?

http://www.pps.jussieu.fr/~dicosmo/MyOpinions/index.php/2005/12/16/12-ridadvsicule
http://www.debatpublic.net/Members/paigrain/blogue/votes
http://www.debatpublic.net/Members/paigrain/blogue/choix

Croyants, athées, agnostiques…

10 décembre 2005

La vraie laïcité, c’est la tolérance, mais institutionnalisée, permettant à tous, religieux, athées et agnostiques, d’être égaux en chances et en droit.
Or, les contresens sont nombreux : certains tentent de mettre la laïcité au rang de religion, quand il ne s’agit pour l’État que d’assurer une absolue non-discrimination. Ainsi ce titre du Monde, scandaleusement trompeur : “La laïcité, une religion française ?” Horreur ! On veut justement que tous, croyants, athées, agnostiques, cohabitent en paix.

La non-laïcité, autrement dit la collusion entre État et Religion ou entre État et doctrine athée, veut rayer les progrès humanistes d’institution d’égalité de droit entre tous. Ainsi dans ces états voit-on s’exercer des discriminations voire des oppressions sur des critères religieux (état athée opprimant tout religieux, état religieux opprimant athées et hétérodoxes, etc.).
Comment se prémunir de ces arbitraires fondés sur des critères religieux ? Par la laïcité, qui permet à la spiritualité de s’épanouir pleinement dans la sphère privée, sans entraver la liberté des autres dans la sphère publique, et chacun restant libre de ses choix spirituels.

Merci infiniment à Henri Pena-Ruiz pour la conférence donnée jeudi soir sur la laïcité.

Pair à pair (peer-to-peer) et droit d’auteur

10 décembre 2005

Il faut réapprendre à raisonner en oubliant ce que nous serinent les médias. Voici un livre blanc sur le pair à pair, tant diabolisé ces derniers jours ; il y a urgence justement avant le vote de l’absurde (bénéfice du doute…) amendement au droit d’auteur, le 22 décembre 2005 :
Le livre blanc du peer-to-peer.

On peut y lire Bernard Lang :

Il faut noter enfin que bien des logiciels de communication, y compris des logiciels de pair à pair, sont destinés à des usages parfaitement licites, et qu’il semble anormal que ceux qui souhaitent bénéficier de protections en cas d’usage illicite choisissent en outre d’imposer des coûts supplémentaires, au delà de l’implémentation de ces protections, à ceux qui assumeraient la charge ­ inutile pour eux-mêmes et pour nombre de leurs usagers ­ de réaliser cette implémentation.

mais aussi le président de l’UFC-Que choisir, Alain BAZOT, également membre du Conseil supérieur de la propriété littéraire et artistique (CSPLA) :

Il est consternant de voir avec quelle partialité la sous-commission de travail du CSPLA a évacué de sa considération, celles du public et des consommateurs pour promouvoir sans mesure la volonté des dominants de l’industrie du contenu et des logiciels : vouloir imposer des
DRM partout c’est à dire sur tous les logiciels d’échanges, de distribution, ce sont autant de barbelés posés susceptibles de causer à terme de graves dommages à l’économie au bien-être collectif en freinant la diffusion de l’innovation et de la diversité culturelle.

Les techniques de pair à pair s’inscrivent dans l’évolution naturelle des techniques de l’Internet.
Voyez d’ailleurs ce passionnant article de recherche écrit en 1998 par les fondateurs de Google, Sergey Brin et Lawrence Page :
The Anatomy of a Large-Scale Hypertextual Web Search Engine

Le vote du 22 décembre a lieu bientôt, très bientôt. N’hésitez pas à signer déjà, cette pétition électronique : Vote du DADVSI

“Le processus législatif de l’UE se fissure sous la pression”

7 décembre 2005

Dire que tout ça n’est peut-être qu’une question de temps ; nous manquons tous de ce temps, qui nous est volé de partout et nous fait oublier l’important. Quelle autre raison empêcherait nos députés européens de faire bien leur travail ?

Ouhlà, mâchent pas leurs mots à la FFII :

« Le processus législatif devient une usine à gaz à produire des textes bricolés à la hâte, alimentée par des intérêts particuliers », met en garde Pieter Hintjens, président de la FFII. Il ajoute : « au lieu du processus consciencieux, équilibré et impartial que l’on est en droit
d’attendre, la législation est produite à la va-vite, sous la lourde influence de lobbies et dirigée par des agendas commerciaux et extrêmement politiciens. La loi Big Brother anti-vie privée (alias directive sur la conservation de données) est symptomatique de problèmes plus larges. »

Il poursuit : « les citoyens européens sont pris dans un triple piège : premièrement, il ont perdu le contrôle du processus et l’on intime l’ordre à nos organes élus d’accepter de mauvaises lois ;
deuxièmement, des lois sont passées qui considèrent & transforment le citoyen ordinaire en criminel potentiel ; troisièmement, l’UE est en train d’acquérir le pouvoir de faire appliquer ses sanctions criminelles dans les États membres. »

Jonas Maebe de la FFII déclare : « le Conseil et la Commission n’ont pas abandonné leur stratégie visant à forcer la main au Parlement. Ils déforment des études indépendantes ; ils encouragent le Parlement à négliger ses devoirs et ses objectifs annoncés au bénéfice de fumeux
intérêts supérieurs : l’agenda de Lisbonne dans le cas des brevets logiciels, la lutte contre le terrorisme dans le cas de la conservation des données. Les parties prenantes n’ont pas l’occasion d’être entendues ou sont tout simplement ignorées. » (Voir p.ex l’avis du contrôleur européen de la protection des données, dont les fortes réserves n’ont aucunement été prises en compte par le Conseil.)

Le seul organe élu dans le processus de décision de l’UE reste le Parlement européen. L’usine à gaz fonctionne en balançant des directives au Parlement élu sous une telle pression et à un tel rythme que ce dernier n’a pas le temps de les analyser.

Jonas Maebe poursuit : « Nous avons besoin d’un Parlement qui puisse prononcer un NON clair au spam législatif hasardeux et à la pression du Conseil et de la Commission. Nous avons besoin de bonnes directives et une bonne directive signifie une prise en compte appropriée du problème global, une étude des conséquences appropriée, le temps d’examiner les
inquiétudes de la société civile et de l’industrie, et tout particulièrement, le temps pour que le Parlement se fasse sereinement sa propre opinion. »

Droit d’auteur, SACEM et ridicule : défendez votre droit de siffler sous la douche !!!

1 décembre 2005

François Elie envoie un courrier brillant et mordant à la SACEM, où il démontre l’absurde des tentatives de confondre le contenu et son support, la fin et les moyens, l’objet et son usage, éclairant en cela d’un jour révélateur toute la campagne médiatique orchestrée récemment visant à justifier l’amendement qui risque d’être voté (si trop peu de gens prennent conscience de ce que les médias se tuent à tenter de cacher) le 22 décembre 2005, qui risque de ternir l’esprit du droit d’auteur pour en renforcer “la lettre” d’une façon qui semble commandée non par la visée de l’intérêt général mais par la visée de la préservation à court terme des intérêts de majors industriels. Donc, merci à François Elie, merci :
Bonjour,

L’industrie française des droits de la musique tente de faire interdire la publication du code source de logiciels qui seraient “manifestement” destinés à échanger des contenus illégaux. Je porte à votre connaissance qu’il va vous falloir interdire quasiment tous les serveurs webs dans le monde. Le serveur Apache est le plus utilisé, vous devriez essayer de le faire interdire (la maison blanche et l’Elysée l’utilisent). C’est un logiciel libre! Il permet “manifestement” d’exploiter un lien hypertexte par une balise html sur un fichier dont le contenu est peut-être illégal. Il faut penser aussi à faire interdire tous les éditeurs de texte qui permettent d’écrire une séquence aussi séditieuse que *a href=”truc”*. Fichus formats ouverts! Il faut également que vous songiez à faire interdire tous les serveurs de courrier du genre sendmail. Un système qui permet d’attacher un ficher à un message est “manifestement” fait pour échanger des fichiers qui sont peut-être illégaux. Il en va de même des serveurs ftp, qui sont “manifestement” un moyen de permettre le téléchargement de fichiers qui sont peut-être illicites. Bref, c’est tout internet qu’il va falloir interdire. Vaste programme… à Tunis la mort d’internet ne semblait pourtant pas à l’ordre du jour. Ils ne devaient pas être au courant.

Pour être prudent, il faut peut-être aussi mettre au ban la Poste. Figurez-vous qu’il est possible d’envoyer, dans une simple enveloppe, un contenu qui est peut-être illicite. “Manifestement”, autoriser les gens à échanger des objets sans contrôle a priori est un encouragement à la délinquance. Je m’étonne d’ailleurs qu’on n’ait pas interdit plus tôt le téléphone qui est “manifestement” un instrument pour monter des coups. J’ajoute que les fabriquants de chemises ont fait des poches… qui ont donné l’idée de définir les formats de disquettes qui puissent y rentrer. “Manifestement”, le prêt à porter n’est qu’une couverture (si je puis dire) pour transporter des supports numériques gorgés de musique illicite, et l’on devrait s’aviser d’interdire les chemises avec poche, par précaution. Je me suis laissé dire aussi que certaines personnes ont le toupet de siffler sous la douche. On murmure qu’elles ont parfois l’impudence de dépasser la cinquième note en oubliant de mettre la pièce dans le tronc, à côté du porte-savon. Il serait expédient de les baillonner ou de leur coudre préventivement les cordes vocales, avec des ARM.E.S (Analogic Right Management Especial System).

Si d’aventure les gens doivent choisir un jour entre internet et la musique… entre la liberté et la musique, entre l’administration électronique à coût supportable et la musique, ils risquent de s’aviser qu’ils pourraient bien faire de la musique eux-mêmes, sans aller dans les magasins ou au concert, et sans ouvrir le poste. Mais… mais c’est peut-être le but! Je n’y avais pas pensé… Ce qui se vend est-il donc si mauvais que l’industrie des droits de la musique cherche à encourager la pratique musicale? Quelle ruse subtile! Quelle habileté! Cela rappelle le génie de Parmentier pour l’introduction de la pomme de terre. C’est vraiment trop fort! Mais oui! l’exception culturelle française, c’est cela… bientôt ce sera tellement compliqué qu’on ne pourra plus écouter de musique ex-agonale nulle part sans craindre que le ciel nous tombe sur la tête. La musique française “toute faite” sera très bien protégée comme il faut: personne ne l’écoutera plus. Mais c’est en fait une ruse: car se lèveront les créateurs que le monde nous envie déjà…

…A moins qu’il ne soit bientôt interdit de jouer un si mineur sur une guitare ou un do dièse sur un piano sans avoir au préalable payé la taxe, collé la vignette ou acquitté quelque redevance…

Alors nos concitoyens se mettront peut-être à chanter… mais je doute que ce soient des berceuses :-)

François Elie
Citoyen français, qui a un tout petit peu peur du ridicule pour la représentation nationale de son pays.

Raphaël Hertzog résume bien la situation… et Thierry Stoehr sur Formats-ouverts.org souligne avec humour le ridicule de la SACEM.

Conférence ENS sur la fiabilité des logiciels

30 novembre 2005

Curieux d’informatique ? David Madore de l’Ecole Normale Supérieure nous conseille d’aller à la journée portes ouvertes de l’ENS samedi à 13h30 (salle Jules Ferry, 29, rue d’Ulm) pour écouter une conférence de David Monniaux qui s’annonce très intéressante sur la fiabilité des logiciels, sous-titrée “De l’A380 à Microsoft”.
Voilà qui devrait allécher tous ceux qui s’intéressent à l’informatique d’une façon générale.

Voir en passant le programme Diffusion des savoirs de l’ENS.

30 novembre 2005

Maître Eolas nous fait part de sa profonde réflexion sur les banlieues - cela vient clore le long mais enrichissant débat qui eut lieu dans les très nombreux commentaires d’un précédent billet.

Ah, vous n’êtes pas encore abonné au fil RSS du blog de Maître Eolas, le Journal d’un avocat ?

Denis Pascal

28 novembre 2005

Denis Pascal jouait lors d’un concert privé le 18 novembre 2005 une mystérieuse et profonde sonate de Schubert (op. posthume 143, n°16 en la mineur D784). C’était hors du temps et très émouvant.

Il joue aujourd’hui lundi 28 novembre au soir à la salle Gaveau les deux concertos de Chopin avec l’orchestre de chambre Les Siècles, qui joueront aussi la 34e Symphonie et l’ouverture de La Clémence de Titus de Mozart (direction François-Xavier Roth).

La would-be rolleuse aux roues carrées

19 novembre 2005

L’éclat de rire fut général. Les clients et l’hôte de l’atelier de skis du Vieux Campeur n’en revenaient pas. La débutante voulait acheter des semelles thermoformées pour des rollers de plus de dix ans d’âge. On refusa de lui en vendre, et elle repartit bredouille avec les coordonnées d’un professeur pour des cours particuliers de roller.

Elle avait expliqué que ses amis l’avaient plaisantée sur ses roues carrées, et lui avaient recommandé de ne point trop investir étant donné son niveau, qu’au lieu de changer de roller il était déjà souhaitable d’ôter les fils qui bloquaient la roue arrière droite, etc. Lorsqu’elle répondit en outre “comme je peux” à la question “Comment freinez-vous ?”, les présents unanimes lui recommandèrent de changer de carnet d’adresses, et, d’un ton paternel, de bien faire la différence entre les copains et les amis.
Elle ressortit avec un numéro de téléphone en poche, assez gaie ma foi d’avoir vu rire tant de monde, en cet après-midi maussade et froid de novembre 2005.

Concert de musique traditionnelle chinoise ce soir

18 novembre 2005

“Introduisant un souffle de fraîcheur dans ce monde plein de bruits et de fureurs, le Shin Shin Nanguan Ensemble réaffirme les valeurs traditionnelles de gentillesse, de générosité et de probité.” C’est ce soir au Centre culturel de Taipei à Paris à 19h au 78 rue de l’Université à Paris (entrée libre mais il faut s’inscrire par téléphone).

Spywares, gestion de droits numériques (DRM) - Bis

16 novembre 2005

Hop, le dernier billet sur la gestion de droits numériques ricoche. Forcément, c’est tellement énorme ! Thierry Stoehr sur Formats-ouverts.org explique si bien lui aussi l’histoire de “la trousse du grand chef” (rootkit), je le cite :

  • le CD a installé un logiciel particulier, appelé rootkit, que l’on pourrait-on traduire par « la trousse du grand chef » (de l’ordinateur) : il s’installe sans que vous (chef de la machine) ne vous en rendiez compte, vous croyez votre machine saine ;
  • ce logiciel donne la possibilité à Sony de savoir quel CD est écouté et quand, car des informations peuvent être transmises lors de la connexion Internet ;
  • le rootkit est utilisé par des pirates pour prendre le contrôle de l’ordinateur sans que son chef (vous en théorie) ne s’en rende compte ; …

Lire la suite passionnante…

Spywares, gestion de droits numériques (DRM) : un gouvernement mal informé

16 novembre 2005

La gestion de droits numériques ? Qu’est-ce ? Le standblog nous en donne un aperçu :

“(…) installation d’un logiciel furtif chez les utilisateurs favorisant la propagation de virus et de chevaux de Troie, violation d’une licence Libre, possibilité de violer la vie privée des utilisateurs, contrat de licence abusif, c’est un vrai florilège !” Lire la suite…

Et Samuel Tardieu nous l’explique simplement :

“Comment fonctionne un système DRM ? Généralement, cela consiste à installer sur votre ordinateur un logiciel qui vérifiera tous vos accès au CD ou aux copies (de basse qualité) que l’éditeur vous aura autorisé à faire. D’ailleurs, en ce moment, celui de Sony défraie la chronique : le logiciel de contrôle agit exactement comme un espion et se cache afin qu’il ne puisse être enlevé de votre ordinateur même si vous n’utilisez plus de disques produits par Sony. De plus, il se connecte par Internet sur le site du fournisseur de Sony et indique quel disque vous êtes en train d’écouter, et ce, bien entendu, sans vous prévenir. Plusieurs plaintes ont été déposées contre Sony ces derniers jours, aussi bien aux USA qu’en Europe.”

Hélas, notre système législatif donne plus que jamais l’impression d’être aux mains de lobbies :

“Il est prévu de le faire voter par l’Assemblée Nationale le 22 décembre, lorsque l’hémicycle est traditionnellement désert. Seuls les députés démarchés par Vivendi Universal, la SACEM ou d’autres groupes de pression risquent de ne pas manquer à l’appel.” Lire la suite

Cela dit, c’est louable de la part du gouvernement de vouloir faire le bien de la population malgré elle…

“Selon nos informations, le Conseil supérieur de la propriété littéraire et artistique (CSPLA), à la demande du ministre de la Culture, prépare un amendement au projet de loi sur le droit d’auteur.”
“le ministre de la Culture, Renaud Donnedieu de Vabres évoque: «la possibilité de compléter ces dispositions de mécanismes sanctionnant l’incitation, notamment par les fournisseurs de logiciels “pair à pair”».”Lire la suite.

Au secours, comment le gouvernement peut-il être si mal renseigné ?

Autres nouvelles intéressantes :
La direction générale des Impôts migre vers OpenOffice.org. ZDNet et le standblog en parlent.

Intégration, discrimination : la solution !

16 novembre 2005

Ben… Vous voyez pas ? C’est l’Internet bien sûr, pour tous, et le haut débit pour tous !
On the Internet, nobody jnows you're a dog
En effet, bien des gens sont incapables d’avoir du recul par rapport à leurs réactions face à une Différence - et cela est pire encore s’ils nient leurs propres réactions ou nient même la différence. Or l’Internet est merveilleux en cela : moins de place aux jugements d’emblée sur ce genre de critères (quoiqu’il peut y avoir un filtre sur le langage, sur la façon de s’exprimer, sur le bagage implicite de connaissances, etc.)

La négation - au sens, nier l’existence de… - de la différence (couleur de peau, culture, hiérarchie de valeurs) et la négation des réactions aux différences fait le jeu du racisme. C’est le ferment de l’intolérance. Il faut bien redéfinir le racisme comme la tyrannie des préjugés sur la relation à autrui. À ce sujet, le commentaire de Cricou brille par sa clarté.

Émeutes et médias

16 novembre 2005

Sensationnalisme (la recherche d’émotion tyrannisant la réflexion), prémâchage des analyses pour nier l’esprit critique du lecteur… Retournons l’arme : “Scandaleusement tendancieux, les médias traditionnels ont tout à craindre de l’excellence des articles que l’on trouve sur le Web.”

Nat rappelle d’ailleurs l’anecdote principale.

Au sujet des “troubles de l’ordre public” et des dégradations, lisez cette analyse sur le site d’Agoravox, un blog où tout le monde peut s’exprimer. Je citeFôtes en moins quelques extraits de commentaires éclairés :

“Formidables médias de l’instantané et de la bêtise, enfermés dans leur bulle “spéculative” et se nourrissant des malheurs du monde. “

“J’ai vécu dans la banlieue d’une grande ville et c’était vraiment craignos. Mais dans ce quartier pas un Arabe, que des Français bien de chez nous. Je pense que si l’on concentre toute la “misère du monde” dans un quartier, il ne faut pas s’attendre à des merveilles, ce n’est pas une question de couleur de peau.”

“Le fait d’avoir des parents enseignants qui m’ont appris la tolérance et d’avoir été au lycée de banlieue (il y a 10 ans) et donc côtoyé les personnes des cités m’a toujours fait réfléchir sur ces problèmes, je le cerne très bien, sa cause est ce racisme causé par les différences culturelles et sociales, sa solution est l’apaisement entre ces groupes et la mixité culturelle et sociale (ce qui prendra beaucoup de temps).”

“comment un pays si à cheval sur la diversité culturelle (…) peut-il refuser à ce point la diversité, de sexe, ethnique et religieuse, dans la formation et la composition de ses propres élites, tous secteurs confondus ?”

Lisez enfin ce témoignage sur ce que veut dire discrimination, dans la vraie vie.

Cet article a fait l’objet d’éclairants commentaires entre son auteur et Nat : “Je n’affirme ni ne pense que le texte de M. Peres Baptista révèle une volonté de nuire mais suis convaincu que ce témoignage est de nature à renforcer des pensées fausses et dangereuses et, de surcroît, entrave le dialogue propre à révéler ces dernières. Ce texte procède d’une disposition d’esprit aujourd’hui répandue mais néfaste car surtout constituée de jugements à l’emporte-pièce, de généralisations abusives, d’attentes illégitimes et d’incohérences.

Termes : blog, blogue, bloc ?

16 novembre 2005

Un peu de termino sur cet article.

Catégories de billets de ce blog

16 novembre 2005

“Your notes are too long, too frequent”. Just to prepare hibernation.

Au sujet des catégories de billets de ce blog - qui ne sont point idéales :
Ne suis point geek (le terme de geekette est douteux - en tout cas comme il se finit) ; dans le nom de catégorie “Geekish newbie“, le mot geek est donc du deuxième degré, comme l’exprime le suffixe “ish” ; le terme newbie est à prendre au premier degré.

Du terme newbie, on m’avait d’ailleurs fait croire que l’équivalent français “neuneu” était éminemment laudatif et reflétait les qualités humaines les plus nobles : curiosité et humilité…

La catégorie Édition est plus large qu’il n’y paraît : parle de mots, de terminologie/trollie, de traduction, de la relation entre les mots et la réalité, et la pensée, de livres. Devrais-je changer ? Le Corps gai parle de lui-même et Musique plus encore. Not’pays aborde des choses qui concernent… notre pays. Rêverie accueille les billets qui ne ressemblent à rien, tels des nuages.
C’est tout… idées d’amélioration bienvenues.
Et merci à Daniel pour la retouche de la CSS.

Droit de grève

14 novembre 2005

Au sujet du droit de grève, une réflexion intéressante dans le dernier billet de Michel Volle :

“Avez-vous vu le vote des salariés de la RTM à Marseille ? La poursuite de la grève a été votée à mains levées. Cela a pu vous échapper, car le journaliste n’a pas fait de commentaire.
Si vous étiez l’un de ces salariés et si, dans votre for intérieur, vous préfériez reprendre le travail, oseriez-vous ne pas lever la main ? Il vous faudrait du courage…”

Bagne de Seine : à recommencer ?

9 novembre 2005

Le précédent atelier a eu du succès… d’autres veulent s’y joindre, nous serons nombreux la prochaine fois. Bagne de Seine… ou Geeks en liberté… ou Informaticiens en mal de sport…

Interessé(e) ? Écrivez-moi :)

SPIP sous la douche, UML à la piscine, CSS dans son bain, Calc et Writer sous la pluie !

9 novembre 2005

Plongez avec SPIP ! Nagez en CSS ! Faites de l’apnée avec UML ! Barbotez avec Calc et Writer ! Ils sont arrivés !
Magnifiquement carossés, on en mangerait, et bien sûr, bien sûr… ils sont imperméables !!! (mais qui a bien pu avoir cette idée saugrenue ? )

Le contenu est extrêmement dense. Trop ? On verra s’ils ont du succès… :-)

Le week-end était un faux… mais le ministre taiwanais était un vrai !

7 novembre 2005

Toujours témérairement enthousiaste, ai accepté vendredi, sans avoir évalué la chose, de traduire pour le dimanche un texte écrit en chinois… Il illustrera la visite en France du président du Conseil national des Affaires culturelles de Taiwan (équivalent de notre ministre de la Culture). Difficile de donner consistance à ce qui paraît au premier abord être une mélopée de noms d’institutions culturelles (merci à I-Chuang pour le coup de main sur les dernières hésitations) et pourtant combien intéressant : où l’on apprend qu’à Taiwan, derrière la politique culturelle qui est menée depuis quelques années, campe un sociologue et anthropologue de convictions : mesures intelligentes telles que l’instauration d’animations de quartier, politique d’encouragement à la solidarité de quartier (bénévoles apprenant à lire à des enfants…), tout cela sur fond de décentralisation, de lutte contre un élitisme urbain et de démocratisation de la culture - cette dernière étant entendue non pas comme un à-côté, ni un vernis, ni un emblème de caste, mais bien comme une donnée vitale d’identification, indispensable pour se sentir appartenir à un pays. Et justement, l’histoire de Taiwan est riche en colonisations (des aborigènes, puis par les Japonais)…

Franchement, chapeau !

Marcher en rollers

7 novembre 2005

Indubitablement, j’ai fait des progrès… Prenant mon courage à quatre bras, je me lançai seule, sans professeur des premiers pas, dans la grande rollade parisienne du dimanche après-midi.
Abandonnant brusquement le chemin me menant au trapèze, je courus aller chercher les patins, et le temps de m’apercevoir, mi-roulant mi-trottinant vers Bastille, que je ne savais vraiment pas freiner, ils étaient partis…

Conseil aux débutants : soyez à l’heure. Car hors de la grande rollerie, point de salut : pas de jolis t-shirts jaunes pour arrêter les voitures, pas de balisage…

Les rattrapai par un fort habile raccourci. Au cours duquel j’appris notamment à marcher en roller (si si !) et à ne pas freiner… Rejoignant le groupe, ne fus point déçue. J'’entendais des conversations passionnantes, puis vint un tournant (délicat, donc…), et là une grand masse m’a poussée et déséquilibrée… Tout en criant (j’essaie toujours d’avoir l’air normale en de tels cas, le comportement normal consistant à exprimer sa détresse par un cri), je me suis sentie soulevée du sol par deux bras (costauds, oui forcément, très costauds, surtout sur patins, z’imaginez !), mes patins à moi tournant désespérément dans le vide, sur une longueur d’au moins 10 mètres sans toucher le sol en entendant une voix masculine dire “Ne bouge pas”… (Digne d’une scène Harlequin non ? Ah vous connaissez pas ?)
Dans un cas comme celui-là, on écoute celui qui a l’air de savoir. Et là il n’y avait aucun doute, c’était lui qui avait la solution. Je ne suis donc pas tombée - sauf quand il m’a lâchée, forcément :-]
Là j’ai exécuté la leçon n°1 de la chute en roller : “tomber mains en avant” (j’ai un peu modifié en cours de chute les préceptes car sans protection aux poignets, donc me suis dit, tombons en avant, certes, mais lentement…).
Et voilà, j’étais très fière car j’avais tenté auparavant de me constituer une base de données des choses les plus catastrophiques susceptibles d’arriver…
Mon professeur des premiers pas m’avait dit : “au bruit que font tes rollers, les roues sont carrées”. Je confirme, en tout cas sur du bitume. Je me suis donc arrêtée à la pause, un brin nostalgique, en me disant que mes pieds me feraient moins mal la semaine suivante…

9 – 12 novembre, cinéma l’Archipel - Le jeune documentaire néerlandais d’aujourd’hui

7 novembre 2005

(Je relaie cette information reçue par mail, disponible en moins détaillée sur le site de l’Institut néerlandais… )

Quatre films documentaires néerlandais inédits en France, sur des sujets aussi divers que l’histoire très médiatisée d’un braquage de banque à Brooklyn dans les années soixante-dix, l’islamisation galopante de l’Indonésie à travers une famille déchirée, les bords du fleuve du Rhin, entre protection de l’environnement et construction d’une nouvelle ligne des chemins de fer, et la port d’Amsterdam et ses occupants nocturnes, souvent marginaux.
En « bonus », chaque réalisateur néerlandais propose un court métrage français pour accompagner son documentaire.
Projections en présence des réalisateurs néerlandais et français. Films projetés en version originale avec sous-titres français.

Mercredi 9 novembre, 20 h
Based On A True Story, de Walter Stokman
Pays-Bas, 2004, 75 minutes, vidéo, couleur
En août 1972, John Wojtowicz braque une banque à Brooklyn pour financer l’opération de changement de sexe de son petit ami. Cet événement très médiatisé a inspiré Sidney Lumet à son film Dog Day Afternoon (1975). Trente ans après, Stokman retourne sur les lieux et tente d’obtenir la collaboration de Wojtowicz pour un film sur le « vrai » braquage. Mais celui-ci pose nombre de conditions et veut contrôler son image dans le film…
Walter Stokman (1966) est l’un des documentaristes néerlandais les plus originaux, qui trouve souvent son inspiration dans la culture et la musique américaines. Based On A True Story a été sélectionné au festival de film documentaire d’Amsterdam 2004 (IDFA), à la Berlinale 2005 et au festival Tribeca 2005 de New York.

En avant-programme : The Third Memory, de Pierre Huyghe
France, 1999, 10 minutes, vidéo, couleur
Projection de l’installation vidéo du grand artiste pluridisciplinaire français, où l’on voit le même Wojtowicz qui raconte et revit sa version des événements de 1972.

Jeudi 10 novembre, 20 h
Haven –omzwervingen in de nacht (Le port, pérégrinations nocturnes), de Marjoleine Boonstra
Pays-Bas, 2004, 72 minutes, vidéo, couleur
La Réalisatrice Boonstra et son cameraman Stef Tijdink traversent le port d’Amsterdam la nuit et rencontrent Hannah, qui habite un sous-marin abandonné, Dennis, qui attend dans sa grue l’arrivée des marchandises, Saskia, qui cherche de la nourriture et Dirk, directeur d’une entreprise de transport qui travaille la nuit. Tous ont choisi le port comme lieu d’attache, refuge qui prend dans le film une allure surréelle et presque féerique.
Marjoleine Boonstra (1959) a choisi le documentaire pour exprimer sa passion pour les deux média cinéma et photographie. Tantôt engagés, tantôt poétiques, ses films se caractérisent souvent par une très grande compassion pour des personnages en marge de la société.

En avant-programme : La boucane, de Jean Gaumy
France, 1984, 36 minutes, vidéo, couleur
Le célèbre photographe Gaumy revient dans une fabrique de hareng fumé à Fécamp, lieu de ses premières photographies, et s’entretient avec les femmes qui y travaillent, les « filetières ». Un film souvent primé et diffusé dans le monde entier.

Vendredi 11 novembre, 20 h
De stand van de maan, (Les contours de la lune), de Leonard Retel Helmrich
Pays-Bas, 2004, 92 min. vidéo, couleur
Le réalisateur Retel Helmrich revient dans son pays d’adoption, l’Indonésie, pour y filmer la même famille que dans son film précédent De stand van de Zon (La hauteur du soleil). Il découvre que l’islamisation avance à grand pas dans les bidonvilles de Djakarta, déchirant des familles entières. La vieille Rumidjah, chrétienne, rêve d’une existence paisible dans son village natal au centre de l’île de Java. Mais ce départ implique qu’il va falloir abandonner sa famille en ville.
Leonard Retel Helmrich (1959) a commencé sa carrière comme réalisateur de fictions et d’adaptations cinématographiques de spectacles, mais c’est en filmant l’Indonésie que son travail a pris sa véritable ampleur. Il a été très influencé par les théories sur le cinéma d’André Bazin. De stand van de maan a obtenu le Joris Ivens Award, le grand prix du festival IDFA 2004 et le « World Cinema Documentary Grand Jury Prize » au Sundance Festival 2005.

En avant programme : Les Mistons, de François Truffaut
France, 1958, 18 minutes, 35 mm, noir et blanc
Le deuxième court métrage (mais son premier film professionnel) de l’ancien protégé d’André Bazin, avec Bernadette Lafont et Gérard Blain, possède des caractéristiques fortement documentaires et revient volontiers aux sources du cinéma.

Samedi 12 novembre, 20 h
Voorland (Terres exposées), de Albert Elings et Eugenie Jansen
Pays-Bas, 2005, 70 minutes, 35 mm, couleur
Elings et Jansen ont tourné, pendant sept ans, autour des terres inondables du Rhin. C’est l’un des rares morceaux de nature indemne aux Pays-Bas, mais menacé par la construction d’une nouvelle ligne de chemin de fer. Un film poétique et minimaliste sur la difficile relation entre l’homme et la nature, dans la droite ligne des grands documentaristes néerlandais, Ivens, Haanstra, Van der Horst.
Albert Elings (1965) est cinéaste de films documentaires et monteur. Il a notamment réalisé, avec Eugenie Jansen, le film Vogelvrij (1996), sur les épouvantails. Eugenie Jansen a, de son côté, réalisé le long métrage Tussenland (Dormir dehors, 2002), primé au festival de Rotterdam. Pendant la préparation de Voorland, Elings et Janssen ont suivi un atelier du cinéaste et monteur Stan Neumann.

En avant programme : Nadar Photographe, de Stan Neumann
France, 1994, 26 minutes, vidéo, couleur
Stan Neumann a réalisé ce film sur ce journaliste et pionnier de la photographie à l’occasion d’une grande rétrospective au Musée d’Orsay en 1994.

L’Archipel, 17 boulevard de Strasbourg, 75010 Paris
M° Strasbourg Saint-Denis.
Tarifs : 7 €, 5,5 € (réduit)
Renseignements: 01 53 59 12 40 (Institut Néerlandais),
Réservation 01 53 59 12 47 (répondeur)
info@institutneerlandais.com / http://www.institutneerlandais.com

De la beauté qui ne rend pas triste

6 novembre 2005

Précaution oratoire : billet décousu de toutes ses pièces ! attention, beaucoup de “je”, âmes sensibles s’abstenir, à lire comme on regarderait un nuage passer dans le ciel.

Merci à David Madore pour ce texte sur la beauté. Je crois aussi que la beauté se crée dans le regard. Elle résulte d’une rencontre. Cela a souvent à voir avec une structure. Ou disons que notre pensée étant structurée, nous nous accrochons à toute structure pour mieux l’appréhender, de sorte que la beauté d’une oeuvre, d’une musique nous apparaisse par sa structure souvent. Quant à la beauté d’un être… je ne crois pas que nous ne soyons que structure…

Ceux qui ont du mal à ressentir la beauté - ou ceux qui ne le veulent pas, oui oui, il y en a - ne sortent pas d’eux-mêmes pour aller à sa rencontre - je le crois du moins.

Et d’ailleurs, si l’observateur n’avait aucun rôle dans la création de la beauté, la répétition n’aurait pas d’effet. Quel mystère tout de même que l’effet de la répétition sur la beauté…

“Mais une oeuvre sans observateur ne serait donc pas belle, tout isolée ?”
Mais si ; elle fut créée ainsi, observée par son créateur, elle le porte en lui, elle n’est jamais seule.

Les partitas de Bach me rendent absolument heureuse. La musique peut me rendre absolument heureuse.

Je trouve beaux les gens heureux (à l’opposé, presque, des gens contents). J’ai de la chance. Je ne trouve pas de beauté dans la perfection plastique. Là aussi j’ai de la chance, car l’appréciation de la beauté plastique, qu’est-ce sinon un contentement purement cognitif, nous comprenons une structure - ou y sommes sensibles - et souhaitons voir cette structure se reproduire ?

C’est tellement bon de trouver les gens beaux ! Pas jolis, hein, beaux !

Autrefois, le sentiment de beauté me laissait sur ma faim aussi et me laissait triste, aussi. C’était ma façon à moi de m’approprier cette beauté, ma façon de la vivre. Ce n’est plus le cas. Probablement parce que je sais qu’il faut en effet nécessairement chercher en soi beauté et bonheur. Que se placer en position de les trouver éphémères est à l’opposé de la sagesse, qu’il faut au contraire se mettre en disposition de les considérer dans leur éternité, et ainsi les porter en soi toujours.
Mais encore faut-il savoir ce qu’est le bonheur, ce qu’est la beauté. Et ne point les confondre avec émotion ou contentement…

Bach. Partita. Eau à la bouche. Haut dans le ciel.

5 novembre 2005

La plus belle musique du mondeCliquez-droit et enregistrez le fichier. C’est du piano. Bach. Deuxième partita. Premier mouvement. Par Zhu XiaoMei. Ne pas m’en vouloir de ce trop court extrait.

Vous êtes sous Windows et ne parvenez pas à lire ce fichier (format .ogg, 2 Mo) dont le format est pourtant ouvert ? Téléchargez et installez l’excellent logiciel libre de retouche de son Audacity.

(Apparemment, ce disque entier avec les 6 partitas est encore disponible.)

Stressssss…

4 novembre 2005

Petit ménage aujourd’hui, mais pour moi un grand saut dans le vide…
je suis passée de 821 non lus à… tout lu…

Conférence logique et langage naturel de Paul Egré

4 novembre 2005

L’excellent programme Diffusion des savoirs de l’École normale supérieure proposait hier une conférence de Paul Egré sur la logique dans le langage naturel. C’était passionnant et… très clair. (Précipitez-vous sur le dossier “Les chemins de la logique” du numéro d’octobre-décembre 2005 de Pour la science.)
Mise à jour 20051110 :
La conférence est disponible !

Comment, vous n’êtes toujours pas abonné(e) au fil RSS de leur programme ?

Divers

4 novembre 2005

Il lui dit : “Tu es une femme mais tu n’en as aucun des atouts : dextérité à la manipulation, maniement de la douceur comme d’une arme, désarmant vernis de fragilité…”

Terminotrollie informatique : suite et fin (digest)

2 novembre 2005

Chers lecteurs, voici un résumé que Nat et moi avons mis au point pour vous, afin que les longues discussions précédentes aient une éventuelle utilité.

Rappel du problème : il s’agissait de la graphie de Gimp/GIMP/The GIMP.

  1. Des auteurs d’un logiciel décident de lui donner un nom.
  2. Rappel que les conventions sont nécessaires pour communiquer.
  3. Rappel du droit d’un auteur de baptiser comme il l’entend sa création - d’autant plus qu’il vaut mieux que le nom soit décidé le plus tôt possible par quelqu’un comprenant bien ce dont il s’agit, ce qui désigne a priori le(s) auteur(s).
  4. Rappel que nul ne peut contraindre l’usage, en ce sens que le lien entre un mot et ce qu’il désigne n’appartient à personne autrement dit appartient à chacun - d’où mise en garde contre les excès du droit des marques prétendant justement parfois contrôler cela.
  5. Rappel que la principale raison d’être du droit des marques est la lutte contre les usurpations et les utilisations de mauvaise foi.
  6. Mais :

  7. Le souci de respecter ce que l’auteur a souhaité peut entrer en conflit avec l’usage (Gimp est un cas particulier. Il semble après examen que toutes les formes soient tolérées des auteurs eux-mêmes : “Gimp” dans le splashscreen, “GIMP” dans la documentation, “the GIMP” dans une phrase.) ; on peut alors constater que la graphie est modelée pour être adaptée à l’usage, dans une langue donnée.
  8. Rappel que les majuscules ont un effet syntaxique : un nom propre et un acronyme/sigle ne s’écrivent pas selon les mêmes règles : un nom propre prend une capitale, un acronyme ou un sigle s’écrivent tout en majuscules (avec exceptions : pour des questions de lisibilité, on peut décider de ne laisser que la capitale si l’acronyme est long).

    Remarque en passant sur le fait qu’une bonne marque tente de tenir compte de l’usage (facile à retenir, etc.) sachant qu’en pratique cela est impossible pour toutes les cultures, langues et usages.

Retard

1 novembre 2005

Suis en retard ! si je dis que c’est parce que je ne trouve plus mon pantalon on va croire que je me moque du monde. Et pourtant c’est vrai ! Essayez de retrouver un pantalon dans le noir. Mes trois ampoules ont grillé en une demi journée… le blog doit émettre des ondes d’excitation car c’est la première fois qu’il a un ou deux commentaires… je ne vois pas d’autre explication…

Terminotrollie informatique

1 novembre 2005

La terminologie informatique est “infixable” :-) L’usage, alchimie mystérieuse, est en ce domaine contraint par des paramètres particuliers : étymologies anglaises, ayant pour conséquence le traitement des acronymes comme des noms propres souvent, foule de noms propres de programmes qui tendent à finalement, dans la façon dont ils sont utilisés, être traités comme des noms communs, le passage de l’indénombrable au dénombrable, etc.

Gimp ou the GIMP ou le GIMP ? L’internet ou l’Internet ou Internet ?
Deux cas proches et pourtant je penche pour deux solutions contraires. Pour GIMP, acronyme, je penche pour laisser tomber l’étymologie et en faire un nom propre normal. Mais voyons les essais suivants :

“J’adore faire des retouches avec Gimp !”
“As-tu installé GIMP ?”
“The GIMP, quel programme génial !”

Le “The” ne marche pas c’est sûr en français. Un “Le” de remplacement est horrible parce que l’étymologie n’apparaît pas. Ou alors il y a connotation comme dans “la Marie”. Donc on est bien face à un nom propre. Pour l’euphonie, je pense qu’il vaut mieux baisser les caps pour alléger.

The GNU Image Manipulation Program (GIMP)’s authors insist that their software should be called and written “GIMP” (caps) . Advocacy for tolerance about calling this wonderful software “Gimp” instead of “the GIMP” : Please let the name Gimp become a word people can make their own, one that they use as the words chocolate or sunrise, one that they encounter in their daily life and is part of their universe. In French, it pronounces Gimp and not G.I.M.P. Will the acronym fade away ?
And by the way… for words… like ideas… can anyone claim to possess them ?

Pour l’Internet, je penche pour garder l’article afin de conserver la conscience de l’étymologie “le réseau de réseaux” en conservant la majuscule qui institutionnalise. Mais voyons les essais suivants :

“J’admire ceux qui ont inventé et mis au point les protocoles de l’Internet”
“Internet c’est une révolution”
“Je n’ai pas de connexion internet”
“Quand t’es-tu connectée à l’internet pour la dernière fois ?” (le terme “connexion” seul porte de plus en plus souvent l’implicite qu’il s’agit de connexion à l’Internet)

Héhé, pas simple hein ?

Bien entendu, rien de normatif dans tout ça, mais il est bon de s’interroger parfois, car il n’est pas dit que certains usages ne puissent être “optimisés”…

Encore plus de portables vendus avec Linux ?

1 novembre 2005

Ayant acheté une station d’accueil pour mon IBM Thinkpad T22 pour m’apercevoir qu’elle n’alimentait pas mon portable et qu’elle était trop profonde, l’ai ramenée au magasin pour l’échanger contre un simple réplicateur et une batterie (joli échange, gnik gnik)… Prenant soin d’emporter avec moi le CD vifQuoi, vous n’aimez pas le terme CD vif pour live CD ? Voir http://blog.muriel-shanseifan.org/?p=22 … et le CD d’installation d’Ubuntu Hoary.
J’en profitai pour faire négligemment une petite démonstration de Firefox, Thunderbird, Gimp (ok, GIMP si vous voulez mais…The GNU Image Manipulation Program (GIMP)’s authors insist that their software should be called and written “GIMP” (caps). My advocacy for calling this wonderful software “Gimp” instead of “the GIMP” : Please let the name Gimp become a word people can make their own, one that they use as the words chocolate or sunrise, one that they encounter in their daily life and is part of their universe. In French, it pronounces Gimp and not G.I.M.P. And by the way… for words… like ideas… can anyone claim to possess them ?), OpenOffice.org, Audacity, etc. C’est décidé, ils vendront des portables avec Linux préinstallé, à la demande, en amorçage simple ou mixte (avec Windows).

Il faut dire, comment résister à Ubuntu Breezy quand on lit le billet de Ploum sur la question. Et lui aussi, comme Samuel, quelle force de conviction et comme il décrit habilement la liberté comme une bonne habitude !

Thunderbird: trop sexy l’extension !

1 novembre 2005
Icône pour un client non enregistré
L’impudique extension que voilà ! Elle dévoile l’icône du client de messagerie de l’expéditeurIl est vrai qu’un simple Ctrl+U suffit à afficher les en-têtes complets du message sélectionné.. Mieux encore, pour un logiciel pas encore enregistré, cette icône s’affiche et il suffit de cliquer dessus pour ouvrir un message destiné au développeur, afin de le prévenir. Quelle diversité, quelle richesse ! (Merci à Christelle)
Extension Thunderbird
Ajouts 20051102/06/11 : et quatre de plus (Foxmail, Imail, Pegasus Mail, PHPMailer, Open Webmail)
Icône de FoxmailIcône de Imail (?) Icône de Pegasus Mail

Trapèze et roller

31 octobre 2005

Trapèze et roller, que pour les masos…
Reprendre le trapèze après un certain temps est toujours un grand moment… de douleur. Mains limite écorchées, arrières de genoux rouges, chevilles frottées, muscles du dos et des épaules éprouvés, tout cela dans l’odeur de chanvre. Et une gravité démultipliée par le manque d’entraînement. Mais quel bonheur d’être perchée en hauteur et de savoir à qui l’on doit son équilibre : deux cordes et une barre de bois.

Elle n’était pas rassurée. Comment savoir si ses mains tiendraient ? Étrange exercice que d’anticiper ses limites : le muscle est-il suffisamment dispos et reposé ? Car le tout n’est pas de tenir, il faut aussi ne point se blesser. Surtout après l’histoire de déchirure musculaire entendue récemment d’un ami. Sans doute n’était-il pas suffisamment échauffé ou entraîné. D’une nature musculaire généreuse, de celles qui allient la plus grande décontraction à une tonicité instantanée, il avait été trop apte à mobiliser d’un coup sa plus grande énergie. C’était bien le genre de choses auxquelles elle pouvait s’exposer aussi…

Ensuite vint la découverte du roller. Ouille aux chevilles. Merci à celui qui s’est dévoué pour me tenir la main lors de mes premiers tours de roue.

L’asthme de fond, ce fourbe

31 octobre 2005

L’asthme est un handicap insidieux. Avoir le souffle court sans s’en rendre compte, des envies de dormir en milieu d’après-midi, une fatigue latente continue, une tendance à prendre du poids, l’impression de ne savoir où puiser son énergie… cela peut durer des années et gâcher toute une vie si l’on ne sait pas le détecter. L’ashtme de fond ne s’entend presque pas, tel un parasite invisible. Depuis quelques années ma vie a changé grâce au Pr Laaban de l’Hôtel-Dieu. Écoutez-vous parler, ou demandez à des amis de vous écouter : avez-vous le souffle un peu rauque, manquez-vous de voix ? Si oui, conseil d’amie : consultez !

Mécanique des blogs et dynamique de groupe

30 octobre 2005

Encore et toujours… c’est redoutable, les Groupes…
Tristan Nitot nous commente brillamment un article de Forbes attaquant les blogs. Il y parle du “caractère moutonnier de la blogosphère” et du fait que “le plus remarqué est non pas celui qui dit la véritérien de neuf sous le soleil, ni celui qui explique le mieux, ni celui qui expose le mieux la subilité de la réalité, mais celui qui dit les choses les plus choquantes” .
Mais… “il est indéniable que la blogosphère est un contre-pouvoir, comme (à) la presse, qui perd là l’exclusivité de son privilège. Elle seule pouvait, jusqu’à présent, toucher autant de monde.”

Comment ?! Vous n’êtes pas encore abonné à son fil RSS ? Ou vous ne savez pas encore comment récupérer des fils RSS depuis Thunderbird ? Ou vous n’avez pas entendu parler des fils RSS ?

Le Pavillon d’Or (citation)

30 octobre 2005

” (…) j’entrai dans une violente colère. Car depuis que nous nous connaissions, pas une seule fois il n’avait entrepris de me plaisanter sur mon bégaiement. (…)
Un sourire d’ineffable gentillesse passa sur le visage de Tsukurawa. “Moi, je suis de ceux qui ne prêtent aucune attention à ce genre de choses”, fit-il.

(…)

Dernier été… Dernières vacances d’été… Dernier jour de vacances…
Notre jeunesse se tenait debout à l’extrémité de ce bord vertigineux. Et le Pavillon d’Or aussi, debout sur la même arête, nous regardait, nous parlait (…). Dans un silence profond, le soleil de cette fin d’été plaquait des feuilles d’or sur la toiture, tandis que la lumière, verticalement déversée, laissait plein de nuit l’intérieur du bâtiment. ”

Yukio Mishima, Le Pavillon rouge (trad. de Marc Mécréant, Folio)

Avant-goût de l’enfer

28 octobre 2005

Tout se saccade. La restauration de contexte ne marche plus. La restauration de contexte ne marche plus. Chaque interruption laisse laisse laisse un grand blanc. Les thèmes et collections se mélangent, les gens lui parlent, elle n’entend plus : alerte, les limites sont atteintes, alerte, alerte…

Liens rafraîchissants - culture générale info

28 octobre 2005

Dans la série un texte qui réveille les foules d’utilisateurs de Windows, Samuel Tardieu vous convainc de vous libérer.
Le peer-to-peer (pair à pair) démystifié et dédiabolisé grâce à un merveilleux dessin animé fait à l’INRIA (merci à Fabrice Le Fessant).
Dans la série je pense donc je me fais du bien, un texte de Michel Volle sur la torture.
Dans la série ça vaut le coup de comprendre pour ne pas me faire avoir, Thierry Stoehr nous parle d’interopérabilité et des politiques nationales d’établissement de normes ouvertes - permettant à nos machines d’être interopérables, de suite bureautique gérant des droits numériques… et dans la série “préhistoire”, ce que disait Tristan Nitot lorsqu’il était encore sous Windows au sujet du SP2 et de Windows Media Player et quand il nous parle de spyware.
Dans la série lyrisme geek, Dominique Quatravaux chante la complainte du créateur libre.

Farandole de monopoles

28 octobre 2005

Au sujet de l’édito d’Ignacio Ramonet du Monde diplomatique où il est dit que : “L’hégémonie sur Internet donne aux États-Unis, en théorie, le pouvoir de limiter l’accès à tous les sites du réseau dans quelque pays que ce soit. Ils peuvent aussi bloquer tous les envois de messages électroniques de la planète. Jusqu’à présent, ils ne l’ont jamais fait. Mais ils ont la possibilité de le faire. Et cette simple éventualité inquiète au plus haut point de nombreux pays (2). Le temps est donc venu de réclamer que l’Icann cesse d’être sous contrôle de Washington. Et devienne enfin un organisme indépendant relevant des Nations unies.”

notre cher Bernard Lang écrivait en réponse ce qui suit, en faisant un lien avec ce que fit France Telecom en empêchant l’INRIA de faire évoluer les choses :

“Vinton Cerf (à qui l’on attribue l’invention de l’Internet) a aussi reconnu publiquement la contribution de Louis Pouzin (INRIA) à cette technologie. Son projet Cyclades, qu’il développait à l’INRIA, a été remisé grâce aux amicales pressions de France-Telecom, qui ne souhaitait pas voir son hégémonie remise en cause sur les télécoms.
On a donc eu le minitel, ce qui n’était pas une si mauvaise chose à l’époque. Mais fondé sur des standards totalitaires entièrement sous le contrôle de FT (ce qui n’était que la continuation d’une ancienne politique concernant tous les appareillages, et non fondée techniquement).
Vers 1980, l’INRIA aurait pu se brancher sur le réseau Arpanet (ancêtre de l’Internet) ce qui était important pour la recherche. Veto du monopoliste d’état FT (qui était un état dans l’Etat).
Conclusion : La constitution a raison.

Tout bien, toute entreprise, dont l’exploitation a ou acquiert les caractères d’un service public national ou d’un monopole de fait, doit devenir la propriété de la collectivité.

Mais … il faut bien comprendre et séparer les composantes :
Il est important d’avoir un service public pour les infrastructures, notamment de réseau. Mais il faut au contraire ouvrir le plus possible, par la réglementation et par les standards ouverts, tous les services à valeur ajoutée utilisant ces infrastructures.
Privatiser la production d’electricité peut avoir du sens (cela dépend du mode de production). Privatiser les lignes est une stupidité politique et économique (aucune concurrence possible). Idem pour les infrastructures de communication électronique ou les autoroutes.
Et il faut que la loi impose la séparation des activités économiques de développement des infrastructures et d’utilisation de ces infrastructures, que ce soit sous contrôle public ou privé.”

Babââââssing in the bath…

27 octobre 2005

I’m siiinnnnging in the rain… I’m babaaaaassing in my bath !
Babasse au bain

Terminotrollie : l’Internet

27 octobre 2005

CD vif : j’adopte ! Courriel, j’adopte ! Et pour terminotroller un peu…
L’Internet… Nous partons d’un nom commun, ou du moins qui est construit comme tel : “réseau de réseaux”. On ajoute comme il se doit l’article déterminant pour signifier que tout le monde sait duquel on parle ou qu’il n’y en a qu’un seul. Et la majuscule pour conférer le statut d’institution. Y voir un nom propre plutôt qu’un nom commun qui a statut d’institution ? Dommage. Ceux qui voient là un nom propre se sont laissés séduire par la tournure anglaise.
The Internet.

Remarquons qu’il vaut mieux ne pas franciser à toute force. Être souple dans l’absorption de nouveaux termes peut paradoxalement nous aider à préserver le plus important : les articulations logiques et la syntaxe. L’article déterminant en fait partie, préservons-le ! Pourquoi nom-propriser un nom suffisamment bien construit pour passer dans le camp des noms communs. Et quelle plus grande richesse que celle des noms soi-disant ‘communs’ qui changent d’habit avec le locuteur, qui ne se parent d’aucune étiquette pour rester souples dans leur acception, habitués qu’ils sont à se plier à la mémoire de celui qui les reçoit ?

Bagne de Seine

26 octobre 2005
Seb sur la Seine

Esprit sain dans un corps sain… Ai emmené deux amis sportifs. Exercices de concentration et d’équilibre sur un rebord en mangeant une glace. Puis il fallait quelques exos d’abdos.

Qu’est-ce qu’on était bien ! on a ri, on a dansé, on a joué

Puis au bout de deux heures, nous sommes allées nous reposer et prendre un long thé à la Fourmi ailée - en devisant gaiement, le pourquoi des choses, les mots bizarres comme hétérocerque…

Bucolique Paris

20 octobre 2005

Baiser torride sur un pont ; la passante attendrie change discrètement de trottoir, pour point déranger… tout en observant l’autre passant, en sens contraire : ira-t-il droit comme si de rien n’était ou esquivera-t-il délicatement ?

Enfin une journée pluvieuse, enfin la bonne pluie ; il est si bon de marcher et à mesure que l’on aime davantage l’endroit, le ciel est un toit, Paris une maison. Une fois n’est pas coutume, sur le chemin, une pyta grecque… Nos touristes ont bien de la chance, elle était délicieuse. Et comme la librairie Shakespeare semblait m’inviter, hop, j’en repars avec des nouvelles de Dickens sous le bras - je venais de redécouvrir le chef d’oeuvre “Christmas Carol” à la Fourmi ailée, où l’on peut manger en lisant - pour peu qu’on attrape un livre sur l’une des nombreuses étagères. Et me voilà assise sur un banc de pierre éclairé juste assez par la lumière d’un lampadaire, écoutant la Seine, regardant les passants passer, livre ouvert et sandwich grec à la main… le bonheur.

Sur l’un des plus beaux ponts de la Seine, des touristes interdits observaient une drôle de silhouette danser seule sur le quai. Mais que pouvait donc causer une telle félicité ? À qui s’adressaient ces arabesques si gaies ?

Freebox et wifi

20 octobre 2005

Freebox et wi-fi : il faut rebooter pour utiliser un chiffrement plus sûr que WEP : WPA qu’ils disent.

Pouvoir…

19 octobre 2005

Dom, au pouvoir ! Le pouvoir c’est plusieurs étapes : s’apercevoir qu’on en a un peu. Rêver à ce qu’on pourrait en faire. Le convoiter pour cela. L’obtenir et là… faire ce pour quoi on s’était battu pour le pouvoir, ou bien le laisser prendre la main et se guider comme un vampire oublieux et ingrat.

Interpellation : la combinaison gagnante

17 octobre 2005

Mélange explosif :
un permis de conduire tahitien, des papiers d’assurance au nom de votre soeur, une voiture immatriculée 86, une carte grise au nom de votre ancien copain, le contrôle technique pas fait et votre ami, un beau jeune homme guinéen, avec son permis de conduire guinéen, à la place du conducteur…

Tous les ingrédients sont là : mélangez, postez-vous place de la Bastille et attendez sagement… Paf ! ça ne rate pas, vous gagnez un séjour touristique au poste de police.

Migration vers Wordpress

17 octobre 2005

Oyez oyez ! Les nouveaux billets sont désormais publiés sur http://blog.muriel-shanseifan.org ce qui entraîne une révolution : la possibilité d’enfin accueillir vos commentaires.

Comment s’y abonner depuis Thunderbird ? Très facile : Outils>Paramètres des comptes (ou menu Edition, sous Linux), puis cliquer sur “Créer un nouveau compte“, et cocher ensuite “Nouvelles et blogs (rss)“. Puis valider et fermer les boîtes de dialogue. Il faut ensuite cliquer droit sur le nouveau compte apparu à gauche, et choisir Gérer les abonnements, puis cliquer sur Ajouter dans la boîte de dialogue de gestion des abonnements. Et là, il faut inscrire ou copier l’URL du fil RSS, en l’occurrence : http://blog.muriel-shanseifan.org/?feed=rss puis valider. Les billets du présent blog seront peu à peu migrés vers le nouveau.

Premier billet sous WordPress

16 octobre 2005

La migration ouvrira le blog aux commentaires. La charte graphique est étrange. Trop de vide, trop d’espace pour un titre. Vite, modifier la présentation…
Que de temps gagné cependant ! Plus d’insertion de balises à la main, l’insertion de liens est simple - excepté que la boîte de saisie de lien préremplit un inutile “http://” et qu’elle est modale chez moi - je ne puis aller naviguer dans un autre onglet pour copier une url.
Je dois me hâter de rapatrier les archives de mon ancien blog car j’ai souvent regretté qu’il n’y ait pas de commentaires.
Dans l’immédiat ce que j’aimerais faire mais ne sais point :

  • un style css pour chaque catégorie
  • une longue liste de titres de billets à droite ou à gauche
  • le non-affichage des listes de catégories
  • un blogroll plus discret (c’est tout de même intime)
  • beaucoup moins de place pour tout ça - listes à puces moins aérées, police un peu plus petite, etc.
  • changer la couleur de fond - n’y suis pas parvenue… - pour que ça ressemble à mon ancien blog,
  • etc.

Déjà la feuille de style est d’une décourageante complexité.
L’angoisse, il va falloir bidouiller dans une barbare cacophonie de balises pour modifier l’agencement de certaines choses… Voyez un peu !

< ?php wp_list_pages('title_li=' . __('Pages') . '' ); ?>
< ?php _e('Archives'); ?>
< ?php wp_get_archives('type=monthly'); ?>
< ?php _e('Categories'); ?>
< ?php wp_list_cats('sort_column=name&optioncount=1&hierarchical=0'); ?>

Ubuntu Breezy, elle est si belle

15 octobre 2005
Belle Breezy
Ma nouvelle Ubuntu Breezy est si belle ! (et la légère mésaventure d’un serveur X ne se lançant pas pour cause de xfree86 datant de warty alors que l’installateur fait l’hypothèse, probablement, qu’on est forcément sous Xorg, et qu’il faut donc tout simplement réinstaller le serveur xorg puis le reconfigurer, n’y change rien, non non non !)

Billet vide

15 octobre 2005

Ubuntu vive

11 octobre 2005

Deux amis, Raphaël et Emmanuel, m’ont dit que mon dernier message sur le sujet avait créé deux vocations ubuntuesques. Emmanuel a cependant perdu 18 mois de mails :-(
Utilisateur d’Outlook - dont on sait combien le format de fichier .pst est ouvert et interopérable (antiphrase) - il a booté avec le CD vif de la Ubuntu.
Il est sorti un moment de la session. Et là, piège, il ne connaissait pas le mot de passe de l’utilisateur par défaut ubuntu…
Précaution à prendre en de tels cas : redéfinir le mot de passe avec la commande “sudo passwd ubuntu” (l’utilisateur ubuntu peut avoir temporairement des droits administrateur, on le qualifie d’apte au sudo ou “sudoer” (ne pas confondre avec soudoyeur… quoique, il y a peut-être là une explication étymologique ?). Il est possible aussi d’ouvrir une session avec le login/mdp root/ubuntu

Nat : “le nom de la commande ’sudo’ provient de :
* ‘su‘, commande (dt ’sudo’ constitue un substitut amélioré) dont le nom provient de ‘super-user‘, terme parfois employé en lieu et place de ‘root‘ pour désigner le compte associé (et n la racine d’un fs) et de
* ‘do’ (to do)

Emmanuel dut éteindre sa machine brutalement, redémarrer sous Windows. Au deuxième redémarrage, grub se lançait… ne trouvant nul système à amorcer (je n’ai pas tout compris : secteur d’amorçage se trouvait sur “D:” tandis que le système Windows était sur “C:” ?). Il aurait pu réinsérer le CD vif. Mais il est allé plus loin, et a installé ubuntu, pensant que la partition de données serait épargnée. Malheureusement non. Tout fut effacé.
Certes, lorsque grub apparut (je serais heureuse qu’un ami geek m’explique comment cela est possible), plusieurs embranchements dans l’algorithme catastrophe donnaient l’occasion d’éviter l’écrasement des données - le dernier embranchement étant le formatage du disque et la réinstallation de Windows.

Divers

11 octobre 2005

Méthode coué : dans les bouchons de retour de l’A6, une pancarte psychédélique : “La méridienne verte”.

Au bout de 20 kilomètres d’autoroute : “je la trouve bruyante quand même cette voiture…”. Et Christelle d’un ton incrédule : “tu es en cinquième… ?”. Nos quatre yeux braqués sur la position en 4e vitesse du levier de vitesse, nous partimes d’un fou rire. Un peu plus, nous rendions visite au décor.

J’ai adoré le film Saving face avec des dialogues en mandarin et en anglais. Résumé télégraphique :

À Singapour je crois. L’héroïne, fille unique d’une veuve. Scandale : la mère est enceinte et refuse de dire de qui. Est chassée de chez le grand père qui doit sauver la face (en chinois, scène dure). Scandale off : la fille tombe amoureuse d’une autre jeune femme. Entre temps, l’héroïne organise plein de rencontres pour trouver à sa mère un mari qui accepte l’enfant - condition imposée par papi pour accueillir de nouveau sa fille. La mère se rend compte que sa fille est “gay” (terme utilisé) et est scandalisée. La fille n’arrive pas à faire son coming out, pression sociale trop importante (délicieuses courtes scènes sur les commères). Son amie danseuse décide de partir danser à Paris. Juste avant le départ, l’héroïne arrête le mariage arrangé de sa mère in extremis car se rend compte en tombant sur une lettre que le père de l’enfant est un jeune homme que tout le monde connaît (la différence d’âge étant l’autre scandale du film) et que les conventions allaient condamner cette véritable histoire d’amour. Comme dans je ne sais plus quel film américain, la fille surgit juste au bon moment, alors que la mère s’apprête à dire “oui” sur l’autel à l’époux convenu. Elles s’enfuient toutes deux dans un bus hilares et soulagées. Puis foncent à l’aéroport pour rattraper l’amie danseuse. Mais au dernier moment l’héroîne n’arrive pas à embrasser en public son amie, qui part. Sort très malheureuse, pleure pour la première fois dans les bras de sa mère (très belle scène, comme toutes d’ailleurs). Le coming out de la mère étant fait, 3 mois plus tard, soirée habituelle apothéotique avec l’héroine qui retrouve son amie; suspense, elles dansent ensemble, les commères fuient, les autres gens acceptent par une très joyeuse indifférence.

Tout est d’une incroyable finesse, je me régale des répliques chinoises, je comprends moins bien les répliques en anglais en fait…
Bravo Alice Wu.

Ce blog sera bientôt migré sous Wordpress (c’était normalement DotClear mais on m’a convaincue que la gestion des spams était bien gérée sous WordPress).

Esprit critique et Internet

10 octobre 2005

Comment évaluer la qualité d’un écrit sur le Web ? La “graphosphère” (appellation à mon avis mal choisie pour la génération n’ayant pas ou peu connu l’Internet) doit-elle avoir peur de l’Internet ? Peut-on la rassurer en disant que la cyber-société n’échappe pas aux lois du groupe (émulation, jugements, exclusions) ? Nombreux sont ceux qui l’ignorent et pensent que l’Internet, c’est l’Anarchie.

Ajout 20051011 : commentaire de Nat : “arf, j’ai la soluce : http://makarevitch.org/webdsign/

Le medium a une influence sur le message. Un texte est sur le Web modifiable, commentable, jaugé par les pairs, potentiellement lisible par tous tout de suite. Tous peuvent publier (excepté ceux qui n’ont pas le haut débit - ne pas dire merci à ceux qui n’ont pas compris que le haut débit devait être un droit et non un privilège). Quelles conséquences pour la nature et la qualité du contenu ? Comment évoluent les critères de qualité ?

À l’occasion de cette discussion, un ami me fit prendre conscience une fois de plus d’à quel point la forme peut bloquer l’accès au fond : le texte de Dominique Quatravaux, que je trouve généreusement écrit et limpide sur le fait tout simple que plutôt que tenter de bloquer l’accès des enfants à l’Internet, il faut nourrir et épanouir leur esprit critique, n’a pas été lu car le lecteur trouvait le style “pédant” (où l’on voit le langage costumé comme arme sociale - débat sur l’être et le paraître, et l’effet non anodin de l’extrinsèque sur l’intrinsèque).
Avoir l’esprit critique : prendre du recul, parvenir à se mettre hors contexte pour apprécier la véracité d’un énoncé, à englober le plus de paramètres possibles… et savoir qu’il manque nécessairement des éléments pour converger parfaitement vers une vérité ?

État, société…

10 octobre 2005

Quelques articles lançant des réflexions intéressantes.
“Valoriser vraiment ceux qui conduisent le changement et contribuent, à tous les échelons, à son succès, à travers des possbilités élargies de promotion interne et d’intéressement aux fruits de la réforme.”
Enfin du management dans les administrations pour la réforme de l’État ?

Mais d’ailleurs, l’État, quelle définition ?
« Les sociétés primitives sont sans État », non au sens où il leur manquerait quelque chose, mais au sens où elles n’en ont nullement besoin. Ce que l’on caractérise comme leur économie de subsistance est en vérité une économie d’abondance et de loisir qui ne connaît ni le surtravail ni l’accumulation. La dimension politique des sociétés primitives ne relève ni du pouvoir, ni de l’autorité, ni du commandement, mais du prestige du chef dont la fonction est de rétablir l’ordre et la concorde sans ordonner ni contraindre. Ces sociétés sans État sont même des sociétés contre l’État, puisqu’elles réagissent de manière à ne pas laisser le chef transformer son désir de prestige en volonté de pouvoir.”

Intéressant non ? Voir aussi :
Déficits et dette publique, et humour politique

Dear AP

5 octobre 2005

“I am wildly complicated. Just can’t help it. For protection.
Disguise won’t help. I just see things. Real or not.
Sometimes thank god! it saves me… But from loneness.”

Sylvia Plath, poétesse

4 octobre 2005

Ai découvert Sylvia Plath, poétesse américaine d’une force incroyable, de la beauté à l’état brut. C’est là qu’on voit la différence entre joli et beau :)