Muriel

Réflexion de Bilger sur la loi sur l’immigration (suite à la Décision du Conseil constitutionnel du 20 juillet 2006)

26 juillet 2006

Un billet qui suscite la gratitude et où l’on apprécie la hauteur de vue de Philippe Bilger, avocat général près la Cour d’appel de Paris. Il concerne la décision du Conseil constitutionnel de rejeter le recours contre la loi sur l’immigration et l’intégration:
- Une décision qui tombe bien!
- Communiqué de presse de la décision du 20 juillet 2006 du Conseil constitutionnel sur la loi relative à l’immigration et à l’intégration
- Texte de la décision complète.

“Le regroupement familial pourra être refusé (même article) lorsque le demandeur ne respecte pas les ” principes fondamentaux reconnus par les lois de la République “. Cette expression doit être entendue comme renvoyant aux principes essentiels qui, conformément aux lois de la République, régissent la vie familiale normale en France : monogamie, égalité de l’homme et la femme, respect de l’intégrité physique des enfants et adolescents, respect de la liberté du mariage, assiduité scolaire, respect des différences ethniques et religieuses, acceptation de la règle selon laquelle la France est une République laïque….”

Tiens, d’un point de vue logique, “monogamie” serait presque en trop, l’égalité de l’homme et la femme devrait suffire (?).

Tout ça pose toujours le problème des systèmes de critères. Trop précis, exprimés séparément, ils peuvent dédouaner de l’absence d’évaluation globale des cas où “tout bien considéré”, il vaut mieux intégrer (aussi flou le “vaut mieux” soit-il, entre considérations humanistes et/ou intérêt de la Nation…).

Ravages de l’impunité: des djeunz de banlieue au mal des fonctionnaires

23 juillet 2006

“Qui aime bien châtie bien”. Un vieil adage désuet, qu’on n’entend plus. Et pourtant. L’Impunité ravage certaines banlieues et certaines administrations.
Nous nous sommes tous faits parce que notre environnement nous a généreusement répondu. Voilà pourquoi l’Impunité, chose antinaturelle, est hautement pathogène; elle rend fou. Elle nie les lois de la Nature.

Banlieue craignos. 1h du mat. Boucan. Plus d’une dizaine d’enfants (des garçons uniquement) de 10-11 ans. Du 15e étage de l’une des immenses tours, descend l’une des dernières personnes de souche française à être encore là, pour tenter de faire cesser le raffût. C’est une de ses dernières tentatives d’avoir une cité à visage humain. Quinze ans qu’elle se bat, mais là ça y est, elle vend, comme les autres. Tous les autres ou presque sont partis de cette cité de milliers d’habitants…
Elle descend, accompagnée d’un voisin malien. Et avec son appareil photo. Pas vraiment pour s’en servir - et qu’en ferait la police, eux dont les mains courantes se retrouvent en moins de 24 heures aux mains des Caids de la ville. Non, juste pour se protéger.
Les enfants sont très insolents. Elle les photographie et là, le “chef” de la bande tente de lui arracher l’appareil… L’ami malien attrape la main du gamin, et la serre si fort qu’il l’oblige à s’agenouiller. (”Et n’allez pas dire que je suis raciste parce que je suis Malien. C’est vous qui êtes la honte de la race!”) Les gamins depuis n’ont plus sévi.
Elle a réfléchi à l’incident et a dit: “Cela prouve bien que c’est l’impunité qui est mère de tous les vices.”

Certaines administrations ou entreprises mal ménagées sont également pathogènes. De jeunes gens fringants y entrent et sont en quelques années peu à peu ratiboisés comme des bonsaïs, dans la souffrance. Chaque initiative est sanctionnée, l’oisiveté et l’inaction récompensées. La conception d’un monde évoluant au gré des initiatives de chacun se rétrécit d’année en année. Et comme nous sommes tous plus ou moins perméables à l’environnement… Qu’advient-il? Résignation? frustration? perversion? - Et le désespoir s’installe d’autant plus facilement que, alors que les jeunes gens sont faits pour changer le monde, ils n’ont que peu d’espoir.

Q comme Qualité

23 juillet 2006

Mystérieuse. Composante orthogonale à celle du temps. Qualité, densité de réflexion, ouverture au savoir et aux sens. Savoir ce qu’on fait et pourquoi on le fait.

Déclin de l’industrie du disque: les concentrations et l’appauvrissement de l’offre en cause - et non le “piratage”

23 juillet 2006

Extrait d’un article du Monde du 22 juillet 2006:

“La Commission européenne a été désavouée par la Cour de justice de Luxembourg, le 13 juillet, pour avoir trop hâtivement donné, en 2004, son feu vert à la fusion de deux géants du disque, Sony Music et BMG.”

Un précédent ?

“Le volume mondial des ventes a chuté de 41,9 milliards de dollars en 2000 (33,07 milliards d’euros) à 33,3 milliards de dollars en 2005. (…) La première cause de la crise, selon Impala, est la concentration, et non le piratage (…). “Mettre 60000 groupes de rock en Europe face à 60 directeurs artistiques crée des goulots d’étranglement dangereux”, explique Patrick Zelnik, fondateur de Naïve et élu récemment à la présidence d’Impala.”

Logique. Heureusement l’industrie ne dicte pas encore totalement le besoin ou l’envie du consommateur…

“Les fusions, présentées aux actionnaires comme un remède aux baisses de profit, provoquent surtout une réduction des effectifs dans les entreprises (…). Sont élaguées les branches les moins rentables, par exemple les albums vendus à moins de 30 000 exemplaires, ce qui exclut des pans entiers du jazz, de la chanson engagée, des musiques du monde, de classique…”

Aïe, snif.

Et un petit coup de projecteur sur certaines pratiques à la Commission européenne:

“(…) les fonctionnaires de Bruxelles, qui ont traité ses membres comme des “marginaux”, leur refusant le droit d’examiner les argumentaires de Sony et de BMG, “alors qu’ils avaient accès aux nôtres“, précise Isabelle Wekstein, l’une des avocates d’Impala, qui avait précédemment défendu la cause des libraires indépendants dans l’affaire ditis-Lagardère.”

Le cercle des avocats du secteur médias/musique n’est pas très grand.

L’extraterrestre

18 juillet 2006

Aïe. Des interrogations banales sur tout un pan de la réalité sociale qu’elle n’était pas censée ignorer mais sur lequel, par un parti pris qu’elle s’était imposée dès son plus jeune âge, elle flottait juste… “Cette maison est grande? Vous appartient-elle? Combien de m2?”

RMLL 2006 - Thème Documentation

3 juillet 2006

J’ai accepté il y a peu — en urgence — de codiriger avec Sébastien Blondeel le cycle de conférences intitulé “Documentation” des RMLL 2006…
Objectifs : améliorer la production de documentation autour des logiciels libres et pour leur diffusion, présenter des processus et outils efficaces (XML), inciter le plus grand nombre à collaborer.

Chers conférenciers, merci à vous qui allez transmettre des idées et du savoir aux nombreux auditeurs du thème Documentation des RMLL 2006!

Voici mon compte-rendu concis :

La table ronde sur le métier d’éditeur, qui accueillait Xavier Cazin (Éditions O’Reilly), Alexis Kauffmann (Framasoft), Nat Makarévitch (O’Reilly + Eyrolles) et moi-même (Éditions Eyrolles) a tenté de donner une vision des contraintes économiques de l’édition classique, le but étant de s’adresser à ceux qui sont tentés d’éditer eux-mêmes ou de se lancer dans l’aventure de l’édition.

L’assistance était relativement nombreuse (40 personnes?) et a posé de nombreuses questions. Le plan prévu ne reflète pas vraiment ce qui s’est dit, Xavier et Nat ont apporté de nombreuses précisions. On a décrit en quoi consiste le métier d’éditeur,
quelles sont les contraintes économiques de l’édition classique, comment l’apparition de nouveaux modèles (libre, électronique…) fait bouger les diverses variables — Framasoft nous parle de l’expérience du livre libre sur Thunderbird, on a parlé coûts, tirages, du modèle de l’édition à compte d’auteur, du contrat moral entre auteur et éditeur, etc.

Le samedi matin rassemblait un ensemble de thèmes tous publics, pour réellement comprendre le Web et ce qu’il peut apporter. Dans sa conférence «WebDSign: des certitudes sur le Web», Nat a rappelé à un public très néophyte et très intéressé (20-30 personnes?) l’incertitude qui plane sur l’origine
des infos publiées sur le web et sensibilisa aux enjeux de l’authentification, en décrivant des moyens techniques (scellement
cryptographique) pour y parvenir, et en ouvrant des perspectives sur ce que l’ensemble de moyens qu’il appelle WebDSign peut apporter au Web: notations collaboratives, certification d’informations, communautés ayant les mêmes sensibilités, filtrage et exploitation pertinents de l’énorme masse d’infos du Web, etc. Bref, une conférence passionnante.

Tristan Nitot enchaînait ensuite sur une description de ce que les blogs peuvent apporter à la diffusion du logiciel libre. Nous avons eu droit en live à toutes ses méthodes de blogueur chevronné, les outils qu’il utilise, les fils qu’il consulte (conférence filmée par Michael Opdenacker) et c’était édifiant pour le grand public — là aussi assez nombreux (50?) — qui apprenait ainsi pas à pas comment tirer parti de la masse d’infos du Web.

Ensuite, vint la conférence de Mathieu Amo, administrateur et arbitre sur la Wikipédia francophone, et membre de l’association Wikimédia France. Très claire présentation de Wikipédia pour le public. Il laissa ensuite la parole à Nat pour une conférence intitulée «Wikipédia: constats et propositions constructives» dans laquelle Nat mit en garde contre un mode de décision à biais corporatiste risquant d’appauvrir Wikipédia. La réflexion était de fond et pouvait être transposée à toute communauté, l’atmosphère était tendue car ce qui était en jeu était l’objectivité si chère à Wikipédia. Nat montra de façon
magistrale qu’il valait mieux dans l’administration de WP s’aider de vieux principes de séparation des pouvoirs aussi élémentaires que par exemple: «ceux qui sont soumis à un règlement ne doivent pas pouvoir le modifier eux-mêmes». Le débat était contradictoire et l’assistance est intervenue, parfois de façon véhémente; je vous invite à voir la vidéo de Michael si vous êtes intéressé par cette réflexion de fond sur l’organisation d’une encyclopédie collaborative.

Quant au sous-thème localisation/traduction, j’ai commencé à 9h (salle fermée, pas de vidéo, etc.) par une petite conf très générale intitulée «Bien traduire: quelques principes simples» s’adressant à un public particulier: les personnes qui ont en charge la direction de projets de traduction et la formation de traducteurs contributeurs. Peu de monde à cette heure matinale
(moins de 10) mais juste les personnes visées ;-) dont une personne responsable des projets de localisation Mandriva, Sophie Gautier pour OOo, Jean-Philippe Guérard et Isabelle Hurbain de Traduc.org. Mon souhait était de retransmettre le mieux possible mon savoir-faire professionnel et académique des fois que ça soit utile — ce fut apparemment apprécié du public peu nombreux. Chose utile à long terme, on
formula ensemble la nécessité urgente de sensibiliser les développeurs anglophones en amont aux difficultés que rencontrent leurs pairs traducteurs.

Isabelle Hurbain pour Traduc.org a présenté le projet traduc.org afin de susciter des vocations.

Thomas Huriaux, coordinateur de l’équipe d’adaptation («localisation») en français de Debian, avait présenté deux jours avant les «Méthodes et outils de localisation utilisés dans le projet Debian» et la façon dont la qualité (reconnue) des traductions Debian était assurée.

Sophie Gautier de même nous a montré l’univers de la localisation d’OOo — très complexe!

Un peu en marge de ces thèmes, Éric Bachard, co-responsable du projet Porting, responsable du port Mac pour OpenOffice.org a relaté sa passionnante expérience.

Voilà, dans l’ensemble peu de public mais objectif atteint (faire se parler les conférenciers notamment pour la localisation).

Voir aussi la critique (élogieuse) du thème sur le blog de Guillaume Lelarge

Soldes donatoires grâce au logiciel libre

3 juillet 2006

Vous prenez conscience d’une propension grandissante à acheter d’inutiles choses pour le plaisir de bourse délier ? Adonnez-vous à votre vice en toute bonne conscience !
Grâce au logiciel libre, vous pouvez désormais shopper utile. Il vous suffit comme pour un achat normal d’avoir votre carte bleue à portée de main (ou un compte paypal), et de faire du shopping donatoire à Mozilla Europe pour Firefox et Thunderbird, à fr.OpenOffice.org, Ubuntu/Canonical, JPilot, etc.

DADVSI épilogue

2 juillet 2006

Une première conséquence du vote de la loi DADVSI: le site Internet d’Etudes photographiques est tué (merci à Emmanuel).

Extraits de la conférence faite à Normale’Sup sur DADVSI le 22 juin 2006 (formats audio ou vidéos et mp3/wm/quicktime) :

Clearstream : tout savoir

9 juin 2006

Eh bien non, vous ne pourrez tout savoir sur Clearstream puisque la justice a ordonné la suspension de parution du livre de Denis RobertClearstream, l’enquête” aux Éditions Juillard… sauf si vous vous hâtez : le livre peut être acheté dans certaines librairies mais il sera très bientôt retiré : de quoi inciter à se précipiter plus encore sur cet objet appelé à devenir rare…

Éric Le Sage remplace Hélène Grimaud au Théâtre du Châtelet

9 juin 2006

Éric Le Sage remplace ce lundi 12 juin 2006 Hélène Grimaud au Théâtre du Châtelet auprès d’Emmanuel Pahud, c’est annoncé ici.

Concert de Dichamp (piano) en 2003 au Chili dispo sur le Web et en P2P

2 juin 2006

Jean-François Dichamp joua en 2003 au Chili (Frutillar) un magnifique concert Liszt, Chopin, Schumann, Beethoven, Rachmaninov. Il est disponible librement sur son site en MP3 pour les impatients ou en WAV sans perte par téléchargement P2P par BitTorrent (le logiciel libre Azureus fonctionne aussi bien sous Windows que Linux et Mac OS X).

Il est rarissime d’avoir d’aussi beaux concerts de musique classique libres de droits sur le Web puisque en général, quelque producteur ou éditeur veille jalousement sur leur diffusion.

L’informatique et le grand public

31 mai 2006

Comment le grand public perçoit-il l’informatique ? Et l’Internet ? Certains crient au miracle (on n’en est pas loin), d’autres diabolisent, d’autres clament désespérément leur indifférence…

Lire à ce propos le billet de David Madore sur le phénomène des technogadgets, ou comment une nouveauté technique passe au stade de gadget avant d’aller vers la réelle utilité ;-)

Est-ce utopique de penser que des livres peuvent permettre d’y voir plus clair ? ça relève de l’acrobatie, quand on sait qu’un livre (technique) doit faire le pont entre le bagage d’un lecteur, son état de connaissance à un moment donné, ses a priori, et une représentation plus fidèle, plus utile (plus philosophique ?) de la réalité. Autrement dit, les livres les plus utiles (les ponts les plus longs), sont le moins susceptibles d’intéresser le lecteur, qui n’ira pas investir - ni en argent ni surtout en temps. Un vrai casse-tête, hein ? Mais bon, il faut bien tenter…


Tadaaaaaa ! Un peu de publicité… Enfin, les premiers ouvrages de la collection grand public (seulement 5,90 euros, des petits bijoux vous dis-je - ok je suis partiale) baptisée “Connectez-moi!” sont en librairie ! Je recommande en particulier pour ceux qui veulent (faire) comprendre comment ça marche, ces ouvrages intelligents et dédiabolisants:
- “Wikipédia - comprendre et participer” de Sébastien Blondeel,
- “Peer-to-peer - comprendre et utiliser” de Fabrice Le Fessant, créateur de MLDonkey,
- “Créer son blog en 5 minutes” de Christine Béchet auquel Samuel Tardieu a contribué.
Bien entendu, je recommande aussi tous les ouvrages de la collection Accès libre dont le slogan est Pour que l’informatique soit un outil et non un ennemi (merci Nat). Par exemple, si vous connaissez des personnes indélicates qui ignorent encore les bons usages du courrier électronique, parlez-leur du livre sur Thunderbird qui contient un chapitre sur la netiquette (voir aussi pour les utilisateurs de Firefox et Thunderbird, le mémento Firefox et Thunderbird).

En passant, éditer des livres, pas une mince affaire…

Schumann par Éric Le Sage au Musée d’Orsay (màj)

31 mai 2006

Rediffusion du concert hypnotisant qu’Eric Le Sage donna d’oeuvres de Robert Schumann, un compositeur dont on ne peut que se sentir intimement proche. C’est sur France Musiques demain jeudi 15 juin à 15h.

Hier midi, dans le cadre du cycle Clara et Robert Schumann au Musée d’Orsay, Eric Le Sage jouait les Papillons op. 2, les Impromptus sur une Romance de Clara Wieck op. 5 et la Fantaisie en do majeur op. 17. C’était merveilleux. Si vous aimez Schumann, ou même si vous aimez simplement le piano, ou même tout bêtement, la musique, ne ratez pas le prochain concert d’Éric Le Sage qui rejoue ce jeudi 1er juin 2006 à 20h - s’y jouera l’une des suites de Schumann que je pourrais écouter en boucle des heures d’affilée, les Davidsbundlertanze mais aussi la Fantaisie op 17 dans sa première version :
Clara Wieck:
Soirées musicales op. 6
Robert Schumann :
Phantasiestucke op. 12 : Dans la Nuit, Fin du Chant
Ruines, fantaisie pour le pianoforte (première version de la fantaisie op. 17)
Novelette op. 21 n° 1 et 8
Davidsbundlertanze op.6

Un merveilleux disque Schumann d’Éric Le Sage vient de sortir chez Alpha (Abeille Musique), intitulé À Clara (premier d’une intégrale Schumann ?). Il contient les opus 2, 4 et 6 : Papillons, Intermezzi, Davidsbundlertanze.

MàJ 20060602: Le concert était magnifique. Clara Schumann fut une découverte, il y a une force dans les pièces entendues qui m’a profondément touchée. On ressort du concert fondant de gratitude envers Schumann, et envers l’interprète généreux et sensible qu’est Éric Le Sage. Une chance que ce disque Schumann tout juste sorti.

Célébrité polynésienne

13 mai 2006

Ma grande soeur Vaima s’est vue consacrer deux pleines pages dans l’un des deux principaux quotidiens polynésiens, Les Nouvelles de Tahiti du 22 avril 2006.

DADVSI votée au Sénat

13 mai 2006

En bref : DADVSI a été adoptée. Comment s’étonner que plus de 16000 internautes boycottent déjà l’industrie du disque?

L’hypocrisie de certains partis a de quoi exaspérer et EUCD.info rapporte que “Le groupe socialiste a été invisible et sa position illisible. Il ne s’est pas opposé en séance, n’a pas apporté ses voix à certains sous-amendements importants mais a finalement voté contre”.

Cé quoi déjà le logiciel libre ?

13 mai 2006

Merci beaucoup à L. Lieb. pour cette description :

“Dans les années 1980, des informaticiens ont créé un mouvement pour le partage de l’informatique - permettant ainsi de ne payer que le matériel. Ils créent pour cela des outils juridiques et logiciels (des programmes) qu’ils offrent à toute l’humanité. Les informaticiens qui font cela gagnent leur vie grâce aux cours, aux conseils ou aux journées de développement spécifique qu’ils font sur les programmes qu’ils ont offerts. Depuis le logiciel libre est devenu une sorte de commerce équitable de l’informatique. Ainsi beaucoup de pays émergents peuvent s’équiper de logiciels de grande qualité. D’autres pays plus industrialisés ont vu quant à eux une possibilité d’indépendance vis à vis des État Unis. Enfin, c’est un partage scientifique qui fait considérablement progresser nos connaissances. Évidement, cette équité n’est pas du goût des plus riches…”

L’informatique au fond

20 avril 2006

Je mets aussi un coup de projecteur sur le blog de Laurent Bloch, qui nous offre une analyse des mécanismes du rootkit DRM-isant de Sony qui a fait tant de bruit. Ce blog est passionnant et contient des articles de fond. Il va du récit des déboires d’un internaute changeant d’opérateur (hymne à la freebox), jusqu’à des articles didactiques d’informatique - telle la description de l’implantation de structures de données élémentaires en programmation, en passant par une analyse (et apologie) de la psychologie du hacker et de la programmation. D’ailleurs, incroyable justement, je me posais la question d’une néophyte et Laurent y a répondu : mais comment marche la recherche automatique d’une chaîne dans un texte (Quicksort, algo dichotomique, par fusion, insertion…)?

Extrait du récit (utile) concernant le changement d’opérateur :

(…) mais surtout, j’avais le sentiment d’avoir affaire à des gens qui ne cherchaient pas à savoir ce qu’était l’Internet, qui n’y comprenaient rien, et qui considéraient leurs clients comme TF1 considère les siens, des demeurés rançonnables à merci dont il convient d’amollir le cerveau pour qu’il soit plus réceptif à la publicité des marchands de boisssons gazeuses ;
(…)

Le joyeux vacarme du Web

20 avril 2006

Mon blog était encore en jachère - si je pouvais être lui et me reposer aussi!
J’ai donc peu lu le Web depuis, mais grâce au blog de Tristan Nitot (merciiii Tristan !), je me rattrape (comment ? vous n’êtes pas encore abonné au fil RSS du blog de Tristan !?)

Bruit de la solitude

19 avril 2006

La solitude fait un bruit particulier, elle a un rythme unaire, aux silences doublés.

Colloque loufoque de premier avril

1 avril 2006

Nous sommes le premier avril de l’an deux mille six. Un colloque extraordinaire se tient à l’École normale supérieure, intitulé “VARIÉTÉS DE POISSON ET ESPÈCES DE MANCHOT”, dans le cadre du Groupe de recherche transdisciplinaire mathématiques - informatique - biologie. C’est à 14h. Notez Sébastien Blondeel comme participant qui fera un exposé sur “Le manchot descend-il du singe? L’exemple de Linux”.

Les actes de cet extraordinaire congrès sont en ligne ;-)

Concert de Jean-François Dichamp

31 mars 2006

Un merveilleux concert à venir en deuxième partie d’un monologue autour du retour des camps, le jeudi soir 6 avril 2006 à 20h30. C’est une soirée “paroles et musique” intitulée « Yadja » de Blanca Metzner et Dan Wolman suivie d’un récital de piano de Jean-François Dichamp : nocturne de Chopin, 2e ballade de Liszt Chopin, sonate de Prokofiev. Et ce sera au théâtre du garde-chasse des Lilas (m° Mairie des Lilas).

Téméraire

24 mars 2006

Porte de Bagnolet. BMW à vitres teintées, feu vert, contrarié par une piétonne obtue : coup de klaxon agressif. Dans l’instant la piétonne entend l’insolente opulence. Elle s’octroie alors un luxe insensé, comme ceux qui n’ont rien à perdre : une décoche au carosse pour faire écho sans bosse. Crissement de pneus, arrêt net. Témérité ? Lucidité ? Elle se précipite sur la portière avant, l’ouvre et dit “le feu n’était pas rouge !”. Sort en trombe un géant patibulaire, en rage, qui contourne la voiture et se précipite sur elle. Ô vitale symétrie : elle aussi, attaque pour planter son visage à deux centimètres du sien. (Voyant le poing s’armer, elle s’autorise une fugace pensée “je n’avais jamais reçu de coup de poing”.) L’homme est stupéfait. Quelle audace ! Ou plutôt… est-il d’une folle ce regard clair ?

“Montez dans ma voiture que je vous mène à la police”. “Que non, à pieds j’irai !”. Plus loin, près d’un commissariat caméléon camouflé dans la grisaille. Elle ne voit nul adversaire, sinon la rutilante ; et affalés dessus, un groupe d’adolescents à mine de dealers. “Où est l’homme ?”. Ils ne savent, disent-ils. “Cessez de mentir ! où est-il ?”. “Là”.
Survint une bien étrange scène : un brigand intrigué sermonnant une follette.

DADVSI - vote aujourd’hui à l’assemblée

20 mars 2006

L’avis de David Monniaux sur les réactions, dans la presse étrangère, aux derniers amendements votés… ou comme on s’aperçoit que dans le jeu des pouvoirs internationaux, on ne s’intéresse pas du tout aux artistes mais à l’interopérabilité

Et à lire absolument, le communiqué de l’AFUL analysant le texte que les députés s’apprêtent à voter aujourd’hui.

Voir aussi l’interview d’une aveuglante clarté du mathématicien Roberto di Cosmo sur la licence globale et les DRMs.

DADVSI - Suite avant épilogue

19 mars 2006

En deux mots :

  • une majorité à l’assemblée votant comme un seul homme,
  • quelques raisonnables en leur sein mais probablement objets de pressions et donc intimidés, revenant sur leur soutien fort,
  • une opposition défendant courageusement mais sans grand espoir la raison

Puis, quand même, un coup de théâtre à 3h30 avec des sous-amendements/amendements qui rééquilibrent le texte façon “je te tiens, tu me tiens, par la barbichette…”.

Maintenant, l’idéal quand même serait que le texte résultant ne soit pas voté demain mardi 21 mars 2006.

Voir aussi l’analyse détaillée sur DADVSI de Laurent Bloch.

Beethoven, Crumb, Poulenc et Mozart, et tango argentin

19 mars 2006

Gare de l’Est, 8h du matin, direction Strasbourg. 5-6 heures de train. Visite sous la pluie, étape chez l’Ami Fritz. Départ en voiture louée pour franchir le col verglassé de Sainte-Marie. Dérapages incontrôlés. Bleu acier de la neige et de la nuit. Arrivée à 20h30 à St-Dié des Vosges, où se jouait le dernier quatuor de Beethoven op. 131 suivi de Black Angels de Georges Crumb. Oh je n’ai pas regretté un instant l’imposante et menaçante vue des cols enneigés dans la tempête. J’ai enfin retrouvé le son du Quatuor Satie que j’avais tant aimé, et suis enthousiaste de l’arrivée d’une deuxième violon somptueuse et aussi engagée que les autres membres.
Départ précipité pour tenter de ne pas rater le train de minuit dix-neuf à Strasbourg. Retour par la même route, mêmes frayeurs, habitées cette fois de la beauté des sons entendus. Train de nuit, arrivée à 6h47, heure où Paris s’éveille. Le concert d’Eric Le Sage, Frank Braley, Paul Meyer et l’orchestre de Paris commence à 11h. Les double-concertos de Mozart et Poulenc sont merveilleux, ainsi que le Pélléas et Mélisande de Fauré, coloré et ciselé. Bien belle journée.
Et aujourd’hui, du tango argentin au théâtre du Mogador, je plane à Buenos Aires, tant de générosité, de nostalgie, de finesse… Et quelle grâce dans les pas et les regards des danseurs ! C’est décidé, je me mets au tango argentin !

Quelques concerts

11 mars 2006

Ai découvert ce soir grâce à Jean-François Dichamp un disque magnifique de tango, par Barenboim renouant avec l’Argentine de son enfance et jouant des airs de tango de Buenos Aires.

Aujourd’hui, à Saint-Dié des Vosges, jouera le Quatuor Satie.
Demain matin dimanche 12 mars 2006, Eric Le Sage (piano) jouera avec Frank Braley (piano) et Paul Meyer (direction) Mozart et Poulenc au Théâtre du Châtelet.

Et enfin, le festival international de musique de Salon de Provence (Musique à l’Empéri), qui se tient tous les étés à Salon de Provence, est doté d’un nouveau site web alléchant. Il aura lieu cette année du 31 juillet au 9 août 2006.

DADVSI - triste spectacle à l’Assemblée

10 mars 2006

Suite à une intervention récente, un billet a été supprimé de ce site.

Débat DADVSI dans l’hémicycle

7 mars 2006

La bataille sera livrée à l’Assemblée nationale à partir de cet après-midi et retransmise en direct.
L’enjeu : la discussion et le vote en séance d’amendements au projet de loi DADVSI
- qui en suppriment les menaces qu’il fait peser sur le logiciel libre et sur certaines libertés fondamentales de l’utilisateur/individu/consommateur
- voire qui assurent un environnement de concurrence équitable en cas d’apparition de nouveaux modèles d’offres payantes adaptées.

Les protagonistes :
- des représentants du peuple parlant pour des lobbies,
- des représentants du peuple parlant pour le peuple, et
- des politiciens parlant juste pour leur élection à venir.

Équilibre des forces : comment le savoir ? Certitude : 2/3 de députés pouvant être asservis par le gouvernement qui soutient ce projet félon.
Seule chance : des partis indépendants et des députés informés (bravo EUCD!) parlant haut et fort en séance.

Tout sera archivé sur l’Internet… Chacun sera mis devant ses responsabilités (faute grave pour mettre en danger la sécurité/indépendance nationale, etc.).

En passant, une réflexion commune de Nat et Sébastien sur la copie privée:

La copie privée est une activité légale (CPI, 122-5 2º)
quelle que soit l’origine de l’original utilisé (P2P, copie d’un copain, original personnel ou emprunté…), du moins tant qu’elle ne bénéficie pas au ‘public’, donc à des inconnus. Ce fut confirmé en appel à Montpellier en mars 2005.

Les majors mènent un bourrage de crâne impressionnant pour faire croire le contraire, toutefois le mot «piratage», «piraterie», «contrefaçon» ou des mots de leur famille, en France, ne s’applique pas en cas de copie privée.

Toutefois les tribunaux eux-mêmes ne parviennent à trancher clairement et facilement (cas de moyens de verrouillage limitant le droit à la copie privée, au point que la Cour de Cassation interpréterait indûment une loi).

Par ailleurs droit à la copie est ambigu car s’agit-il:

  1. d’interdiction à autrui de nous interdire de (tenter de) le faire?
  2. de la possibillité d’exiger d’autrui le moyen de le faire?

Comparer: liberté d’expression / de circulation

La formulation de l’article du CPI semble aller dans le sens 1.

Pour ma part, la formulation originale du CPI laisse voir une incohérence : la notion de sphère privée s’oppose à celle de sphère publique, et la notion de collectivité est orthogonale. Il y a des collectivités privées, et publiques. Il ne me viendrait pas à l’idée que la SACEM puisse toucher quelque chose sur la diffusion d’une musique lors d’une cérémonie de mariage par exemple.

DADVSI bientôt…

3 mars 2006

7 à 9 mars, délibération à l’assemblée. 14 mars, vote du projet de loi.

Pour ceux rares qui manqueraient d’informations :
www.lestelechargments.info
http://standblog.org/blog/2006/03/02/93114688-actu-drm-et-dadvsi
http://standblog.org/blog/2006/03/01/93114682-actualite-dadvsi

Ils nous auront tout fait, je veux dire les lobbies et le gouvernement complice. Depuis le ministre de la Culture s’exhibant dans des émissions grand public sur la chanson française pour convaincre des vedettes - riches pantins de soie de leurs très riches producteurs/distributeurs - de s’exprimer contre une licence globale qui “tuerait la création”, jusqu’au fin ridicule d’un site de propagande gouvernemental (mais dans quel pays suis-je ?), irrespectueux du savoir-vivre le plus élémentaire sur le Web, témoin du fait que nos gouvernants sont complètement à côté de la plaque quant à ce qui se fait de bien sur l’Internet…

Et juste par devers moi (presque) une tentative lacunaire de séparer les problèmes :

  • les DRM et leur efficacité toute relative qui laisse penser que l’objectif de leurs défenseurs n’est pas de lutter contre le “piratage” - pancarte brandie par les majors pour attendrir les artistes - mais bien de s’assurer une manne par monopole sur toute une chaîne de distribution (voire imposer un système de type big brother sur tous les ordinateurs et offrir sur un plateau d’argent un pouvoir absolu à de gros fabricants) et écarter ainsi tous concurrents, logiciel libre compris (ce dernier étant pourtant une des rares sources de dynamisme économique et garantie de notre indépendance technologique ;
  • la création artistique et le droit d’auteur, censé protéger l’artiste, les deux entretenant une floue relation (souvent à l’avantage des producteurs/distributeurs) ;
  • la liberté naturelle (nécessaire ?) d’utilisation dont devrait jouir un individu au regard d’un bien culturel - et sur laquelle aucune concession n’est admissible (copie privée) ;
  • la non-séparation entre production et distribution : pourquoi continuer de lier production et distribution alors que cela peut mener à des oligopoles qui appauvrissent la diversité culturelle dans le secteur de la musique et de l’art.

Polysémie à risque (commentée)

20 février 2006

Suite à remarques, ce billet a fait l’objet de quelques ajouts récents, précisant que les farceurs n’étaient pas de méchants irresponsables et que les conséquences de l’aventure étaient mineures.

Au service informatique d’une grande école… Driiiiiiiing !
- Allô ?
C’est l’ingénieur système d’une société d’informatique qui appelle à l’aide :
- Au secours, j’ai des problèmes de son.
Off. L’admin exaspéré passe la communication à l’un des collègues présents - toujours d’humeur farceuse. Sachant s’adresser à un administrateur système, persuadé que ce dernier rirait de sa bonne blague :
- Ah, tu es dans /etc ? Passe root et fais “rm moins rf étoile”
Off. Clic clac clic clic (bruit sur clavier) :

# cd /root
# rm-rf *

- Marche pas, il me dit “command not found”.
Off. Stupéfaction du farceur. Fou rire dans l’assemblée au bout du fil. Incrédulité générale. Et avant même que quiconque puisse réagir :
Off. Clic clic clic clic (bruit sur clavier) :

# rm -rf *

- Ah, finalement ça marche !

Il l’avait fait ! L’assemblée était entrée dans la 5e dimension et se tordait de rire à terre dans d’horribles spasmes.
Root tout puissant et bienveillant avait récursivement sauvé puis sanctionné l’incompétence. Seuls les fichiers que le malheureux venait de télécharger l’heure passée avaient été effacés.

Boulot dodo ?

20 février 2006

Idées en pagaille, rencontres, naissances de projets, sorties de livres… Et toujours la course…

Honte

15 février 2006

Le confort de sa soirée n’avait eu d’égal que la banalité de sa vie parisienne. Il était plus de minuit, les étoiles lui rappelaient qu’il y avait un ciel, au-dessus. Le tranquille scintillement de la place des Vosges lui chuchotait qu’ailleurs était la vie.

Un peu plus loin, deux clochards allongés devisaient gaiement ensemble avec leur vin, dans le froid. Pour leur mendier un peu de gaieté, elle glissa dans la main de l’un d’eux, le rouge au front, un billet de 20 euros. Somme rondelette ? Geste dérisoire. Mortifée de honte, elle n’entendit pas l’homme brailler gaiement un remerciement ; elle entendit, en lieu, un cri de colère.

Politique : espoir ?

15 février 2006

Fin de l’opposition artificielle et stérile entre libéralisme et socialisme. Un libéral socialiste est un humaniste épris de justice sociale.

Pour remettre quelques idées en place, ai assisté à une conférence passionnante “Qu’est-ce qu’un libéral ?” (bientôt disponible en audio sur le site de Diffusion des savoirs de l’École normale supérieure) d’Alain Renault, professeur de philosophie morale et politique. Il rappelle que le libéralisme consiste à concevoir des limites à l’intervention de l’État, notamment pour qu’il reste hors de la sphère privée (cela rappelle la nécessaire laïcité - avec laquelle certains hélas confondent l’athéisme ou l’agnosticisme :-/ ).
Le libéralisme entraînant nécessairement des corrections pour éviter que sur l’intérêt général ne prennent le pas une somme de petits intérêts particuliers. Condition nécessaire au libéralisme, une économie de marché, mais avec toutes les régulations (garantir une concurrence équitable, lutter contre les monopoles…) qui s’imposent du fait des possibles déviations inhérentes à cette conception.
Piste pour notre politique malade : une véritable décentralisation voire démocratie participative.
MàJ 20060421: J’apprends de Diffusion des savoirs que l’enregistrement est ô combien hélas perdu :-/

Justement, lors du récent congrès extraordinaire d’un parti politique auquel son président m’avait conviée avec d’autres, au titre d’une aide à la réflexion sur DADVSI, j’ai entendu des choses réconfortantes - notamment pour ceux qui en toute conscience votèrent “non” au projet de “constitution” européenne :

“Un État qui respecte la loi, c’est d’abord un État qui respecte celui qui fait la loi, c’est-à-dire le Parlement. Or il n’y a pas un jour qui passe sans que les pouvoirs et les attributions du Parlement ne soient piétinés. Vous le savez, nous voulons changer les institutions, car la France ne peut pas continuer à vivre dans un régime aussi déséquilibré que le nôtre et qui fait de la Vème République une monarchie républicaine, pire encore une monarchie impuissante. On respecte si peu le Parlement que le gouvernement peut déposer un amendement fondamental de 7 pages sur la protection du droit d’auteur sur internet à 18 heures, pour être discuté à 21 heures, alors que cela fait quatre ans que la France doit transposer la directive européenne.”

(…)

“Il faut aussi redonner au Parlement un vrai pouvoir de contrôle : contrôler l’action du gouvernement, contrôler l’usage de l’argent public, ce n’est pas empêcher l’action du gouvernement. Le contrôle, ce n’est pas l’impuissance, c’est au contraire la légitimation de l’action. C’est parce que l’action de l’exécutif est contrôlée, qu’elle devient crédible auprès de nos compatriotes et que l’impôt devient acceptable.”

Il y avait des gens courageux (plutôt jeunes) convaincus de leur mission. Quant au président de ce parti, il inspire confiance car il oppose une résistance à la mécanique de gangrène de notre système politique qui assure la victoire aux lobbies dès qu’ils sont riches et puissants. Il écoute ceux qui vivent dans les problèmes et se forge d’intimes convictions, auxquelles il reste fidèle - ce qui comporterait une part de risque, n’était justement sa capacité à écouter.

Time flies…

15 février 2006

De ceux rares mais chers qui ont remarqué l’inactivité de mon blog, certains s’inquiétaient, d’autres s’impatientaient. Bref, sous l’amicale pression il me faut tenter de reprendre.

Qui est encore pour le projet de loi DADVSI ?

17 décembre 2005

Qui est encore assez naïf pour approuver le projet de loi DADVSI qui sera voté mardi ? Qui continue de tomber dans le panneau en reprenant bêtement les arguments serinés par les médias du type “les artistes doivent être rémunérés, donc ce projet est bon” sans voir que le problème n’est pas là et que si jamais il était là, il ne s’agirait que de rémunérer d’abord les majors ?
Qui continue de croire que ceux qui s’opposent à ce projet sont des pirates ou des gens qui approuvent la contrefaçon alors qu’il s’agit avant tout de gens qui en ont compris les implications techniques ? Qui croit encore que nos députés comprennent ce qu’ils voteront lorsqu’ils sont coulés sous 230 amendements et que le texte est technique, qu’il y a un déficit d’expertise, et que l’interprétation en est laissée à des intérêts industriels ?
Qui n’a pas encore compris que pour contrôler des choses comme la copie, il faut pouvoir contrôler de bout en bout à un niveau matériel toute la chaîne de communication de l’utilisateur, et ce depuis l’exérieur ! Qui n’a pas compris que l’on s’orientait ainsi vers des ordinateurs prépiratés par des oligopoles ou monopoles sans laisser d’autre choix ? Sony a piraté des milliers d’ordinateurs avec ses CDs intégrant des “mesures techniques de gestion de droit numérique” : cette loi interdira à l’individu de se défendre contre ce genre de piratage. Autrement dit, alors qu’aux États-Unis, Sony fait l’objet de très nombreuses plaintes collectives, il ne faudrait piper mot si cela arrivait ici.
Qui n’a pas encore compris qu’alors, c’est toute l’informatique qui est entravée (et ne parlons pas de logiciel libre !) : un chercheur ne pourra publier une faille découverte, une bibliothèque publique ne pourra plus prêter, vous n’aurez plus le droit de contourner une mesure technique tierce pour tenter quand même un usage licite de vos outils informatiques.

Pourquoi cette hâte douteuse quand la directive qu’elle est censée transposer doit justement être réexaminée l’année prochaine ?!

En bref donc, qui n’a pas encore signé la pétition contre ce projet de loi (pétition qui a réuni à ce jour 101400 signataires depuis le 2 décembre 2005) sur le site de l’EUCD ? Il vous reste ce week-end, car la pétition sera déposée ce lundi 19 décembre, avant le vote de mardi-mercredi.

Et qui ignore encore que la directive européenne censée être ainsi transposée résulte d’un lobbying provenant principalement d’intérêts américains, qui ont réussi à faire passer cette directive après avoir eux-mêmes passé le scandaleux DMCA ?

http://www.pps.jussieu.fr/~dicosmo/MyOpinions/index.php/2005/12/16/12-ridadvsicule
http://www.debatpublic.net/Members/paigrain/blogue/votes
http://www.debatpublic.net/Members/paigrain/blogue/choix

Croyants, athées, agnostiques…

10 décembre 2005

La vraie laïcité, c’est la tolérance, mais institutionnalisée, permettant à tous, religieux, athées et agnostiques, d’être égaux en chances et en droit.
Or, les contresens sont nombreux : certains tentent de mettre la laïcité au rang de religion, quand il ne s’agit pour l’État que d’assurer une absolue non-discrimination. Ainsi ce titre du Monde, scandaleusement trompeur : “La laïcité, une religion française ?” Horreur ! On veut justement que tous, croyants, athées, agnostiques, cohabitent en paix.

La non-laïcité, autrement dit la collusion entre État et Religion ou entre État et doctrine athée, veut rayer les progrès humanistes d’institution d’égalité de droit entre tous. Ainsi dans ces états voit-on s’exercer des discriminations voire des oppressions sur des critères religieux (état athée opprimant tout religieux, état religieux opprimant athées et hétérodoxes, etc.).
Comment se prémunir de ces arbitraires fondés sur des critères religieux ? Par la laïcité, qui permet à la spiritualité de s’épanouir pleinement dans la sphère privée, sans entraver la liberté des autres dans la sphère publique, et chacun restant libre de ses choix spirituels.

Merci infiniment à Henri Pena-Ruiz pour la conférence donnée jeudi soir sur la laïcité.

Pair à pair (peer-to-peer) et droit d’auteur

10 décembre 2005

Il faut réapprendre à raisonner en oubliant ce que nous serinent les médias. Voici un livre blanc sur le pair à pair, tant diabolisé ces derniers jours ; il y a urgence justement avant le vote de l’absurde (bénéfice du doute…) amendement au droit d’auteur, le 22 décembre 2005 :
Le livre blanc du peer-to-peer.

On peut y lire Bernard Lang :

Il faut noter enfin que bien des logiciels de communication, y compris des logiciels de pair à pair, sont destinés à des usages parfaitement licites, et qu’il semble anormal que ceux qui souhaitent bénéficier de protections en cas d’usage illicite choisissent en outre d’imposer des coûts supplémentaires, au delà de l’implémentation de ces protections, à ceux qui assumeraient la charge ­ inutile pour eux-mêmes et pour nombre de leurs usagers ­ de réaliser cette implémentation.

mais aussi le président de l’UFC-Que choisir, Alain BAZOT, également membre du Conseil supérieur de la propriété littéraire et artistique (CSPLA) :

Il est consternant de voir avec quelle partialité la sous-commission de travail du CSPLA a évacué de sa considération, celles du public et des consommateurs pour promouvoir sans mesure la volonté des dominants de l’industrie du contenu et des logiciels : vouloir imposer des
DRM partout c’est à dire sur tous les logiciels d’échanges, de distribution, ce sont autant de barbelés posés susceptibles de causer à terme de graves dommages à l’économie au bien-être collectif en freinant la diffusion de l’innovation et de la diversité culturelle.

Les techniques de pair à pair s’inscrivent dans l’évolution naturelle des techniques de l’Internet.
Voyez d’ailleurs ce passionnant article de recherche écrit en 1998 par les fondateurs de Google, Sergey Brin et Lawrence Page :
The Anatomy of a Large-Scale Hypertextual Web Search Engine

Le vote du 22 décembre a lieu bientôt, très bientôt. N’hésitez pas à signer déjà, cette pétition électronique : Vote du DADVSI

“Le processus législatif de l’UE se fissure sous la pression”

7 décembre 2005

Dire que tout ça n’est peut-être qu’une question de temps ; nous manquons tous de ce temps, qui nous est volé de partout et nous fait oublier l’important. Quelle autre raison empêcherait nos députés européens de faire bien leur travail ?

Ouhlà, mâchent pas leurs mots à la FFII :

« Le processus législatif devient une usine à gaz à produire des textes bricolés à la hâte, alimentée par des intérêts particuliers », met en garde Pieter Hintjens, président de la FFII. Il ajoute : « au lieu du processus consciencieux, équilibré et impartial que l’on est en droit
d’attendre, la législation est produite à la va-vite, sous la lourde influence de lobbies et dirigée par des agendas commerciaux et extrêmement politiciens. La loi Big Brother anti-vie privée (alias directive sur la conservation de données) est symptomatique de problèmes plus larges. »

Il poursuit : « les citoyens européens sont pris dans un triple piège : premièrement, il ont perdu le contrôle du processus et l’on intime l’ordre à nos organes élus d’accepter de mauvaises lois ;
deuxièmement, des lois sont passées qui considèrent & transforment le citoyen ordinaire en criminel potentiel ; troisièmement, l’UE est en train d’acquérir le pouvoir de faire appliquer ses sanctions criminelles dans les États membres. »

Jonas Maebe de la FFII déclare : « le Conseil et la Commission n’ont pas abandonné leur stratégie visant à forcer la main au Parlement. Ils déforment des études indépendantes ; ils encouragent le Parlement à négliger ses devoirs et ses objectifs annoncés au bénéfice de fumeux
intérêts supérieurs : l’agenda de Lisbonne dans le cas des brevets logiciels, la lutte contre le terrorisme dans le cas de la conservation des données. Les parties prenantes n’ont pas l’occasion d’être entendues ou sont tout simplement ignorées. » (Voir p.ex l’avis du contrôleur européen de la protection des données, dont les fortes réserves n’ont aucunement été prises en compte par le Conseil.)

Le seul organe élu dans le processus de décision de l’UE reste le Parlement européen. L’usine à gaz fonctionne en balançant des directives au Parlement élu sous une telle pression et à un tel rythme que ce dernier n’a pas le temps de les analyser.

Jonas Maebe poursuit : « Nous avons besoin d’un Parlement qui puisse prononcer un NON clair au spam législatif hasardeux et à la pression du Conseil et de la Commission. Nous avons besoin de bonnes directives et une bonne directive signifie une prise en compte appropriée du problème global, une étude des conséquences appropriée, le temps d’examiner les
inquiétudes de la société civile et de l’industrie, et tout particulièrement, le temps pour que le Parlement se fasse sereinement sa propre opinion. »

Droit d’auteur, SACEM et ridicule : défendez votre droit de siffler sous la douche !!!

1 décembre 2005

François Elie envoie un courrier brillant et mordant à la SACEM, où il démontre l’absurde des tentatives de confondre le contenu et son support, la fin et les moyens, l’objet et son usage, éclairant en cela d’un jour révélateur toute la campagne médiatique orchestrée récemment visant à justifier l’amendement qui risque d’être voté (si trop peu de gens prennent conscience de ce que les médias se tuent à tenter de cacher) le 22 décembre 2005, qui risque de ternir l’esprit du droit d’auteur pour en renforcer “la lettre” d’une façon qui semble commandée non par la visée de l’intérêt général mais par la visée de la préservation à court terme des intérêts de majors industriels. Donc, merci à François Elie, merci :
Bonjour,

L’industrie française des droits de la musique tente de faire interdire la publication du code source de logiciels qui seraient “manifestement” destinés à échanger des contenus illégaux. Je porte à votre connaissance qu’il va vous falloir interdire quasiment tous les serveurs webs dans le monde. Le serveur Apache est le plus utilisé, vous devriez essayer de le faire interdire (la maison blanche et l’Elysée l’utilisent). C’est un logiciel libre! Il permet “manifestement” d’exploiter un lien hypertexte par une balise html sur un fichier dont le contenu est peut-être illégal. Il faut penser aussi à faire interdire tous les éditeurs de texte qui permettent d’écrire une séquence aussi séditieuse que *a href=”truc”*. Fichus formats ouverts! Il faut également que vous songiez à faire interdire tous les serveurs de courrier du genre sendmail. Un système qui permet d’attacher un ficher à un message est “manifestement” fait pour échanger des fichiers qui sont peut-être illégaux. Il en va de même des serveurs ftp, qui sont “manifestement” un moyen de permettre le téléchargement de fichiers qui sont peut-être illicites. Bref, c’est tout internet qu’il va falloir interdire. Vaste programme… à Tunis la mort d’internet ne semblait pourtant pas à l’ordre du jour. Ils ne devaient pas être au courant.

Pour être prudent, il faut peut-être aussi mettre au ban la Poste. Figurez-vous qu’il est possible d’envoyer, dans une simple enveloppe, un contenu qui est peut-être illicite. “Manifestement”, autoriser les gens à échanger des objets sans contrôle a priori est un encouragement à la délinquance. Je m’étonne d’ailleurs qu’on n’ait pas interdit plus tôt le téléphone qui est “manifestement” un instrument pour monter des coups. J’ajoute que les fabriquants de chemises ont fait des poches… qui ont donné l’idée de définir les formats de disquettes qui puissent y rentrer. “Manifestement”, le prêt à porter n’est qu’une couverture (si je puis dire) pour transporter des supports numériques gorgés de musique illicite, et l’on devrait s’aviser d’interdire les chemises avec poche, par précaution. Je me suis laissé dire aussi que certaines personnes ont le toupet de siffler sous la douche. On murmure qu’elles ont parfois l’impudence de dépasser la cinquième note en oubliant de mettre la pièce dans le tronc, à côté du porte-savon. Il serait expédient de les baillonner ou de leur coudre préventivement les cordes vocales, avec des ARM.E.S (Analogic Right Management Especial System).

Si d’aventure les gens doivent choisir un jour entre internet et la musique… entre la liberté et la musique, entre l’administration électronique à coût supportable et la musique, ils risquent de s’aviser qu’ils pourraient bien faire de la musique eux-mêmes, sans aller dans les magasins ou au concert, et sans ouvrir le poste. Mais… mais c’est peut-être le but! Je n’y avais pas pensé… Ce qui se vend est-il donc si mauvais que l’industrie des droits de la musique cherche à encourager la pratique musicale? Quelle ruse subtile! Quelle habileté! Cela rappelle le génie de Parmentier pour l’introduction de la pomme de terre. C’est vraiment trop fort! Mais oui! l’exception culturelle française, c’est cela… bientôt ce sera tellement compliqué qu’on ne pourra plus écouter de musique ex-agonale nulle part sans craindre que le ciel nous tombe sur la tête. La musique française “toute faite” sera très bien protégée comme il faut: personne ne l’écoutera plus. Mais c’est en fait une ruse: car se lèveront les créateurs que le monde nous envie déjà…

…A moins qu’il ne soit bientôt interdit de jouer un si mineur sur une guitare ou un do dièse sur un piano sans avoir au préalable payé la taxe, collé la vignette ou acquitté quelque redevance…

Alors nos concitoyens se mettront peut-être à chanter… mais je doute que ce soient des berceuses :-)

François Elie
Citoyen français, qui a un tout petit peu peur du ridicule pour la représentation nationale de son pays.

Raphaël Hertzog résume bien la situation… et Thierry Stoehr sur Formats-ouverts.org souligne avec humour le ridicule de la SACEM.

Conférence ENS sur la fiabilité des logiciels

30 novembre 2005

Curieux d’informatique ? David Madore de l’Ecole Normale Supérieure nous conseille d’aller à la journée portes ouvertes de l’ENS samedi à 13h30 (salle Jules Ferry, 29, rue d’Ulm) pour écouter une conférence de David Monniaux qui s’annonce très intéressante sur la fiabilité des logiciels, sous-titrée “De l’A380 à Microsoft”.
Voilà qui devrait allécher tous ceux qui s’intéressent à l’informatique d’une façon générale.

Voir en passant le programme Diffusion des savoirs de l’ENS.

30 novembre 2005

Maître Eolas nous fait part de sa profonde réflexion sur les banlieues - cela vient clore le long mais enrichissant débat qui eut lieu dans les très nombreux commentaires d’un précédent billet.

Ah, vous n’êtes pas encore abonné au fil RSS du blog de Maître Eolas, le Journal d’un avocat ?

Denis Pascal

28 novembre 2005

Denis Pascal jouait lors d’un concert privé le 18 novembre 2005 une mystérieuse et profonde sonate de Schubert (op. posthume 143, n°16 en la mineur D784). C’était hors du temps et très émouvant.

Il joue aujourd’hui lundi 28 novembre au soir à la salle Gaveau les deux concertos de Chopin avec l’orchestre de chambre Les Siècles, qui joueront aussi la 34e Symphonie et l’ouverture de La Clémence de Titus de Mozart (direction François-Xavier Roth).

La would-be rolleuse aux roues carrées

19 novembre 2005

L’éclat de rire fut général. Les clients et l’hôte de l’atelier de skis du Vieux Campeur n’en revenaient pas. La débutante voulait acheter des semelles thermoformées pour des rollers de plus de dix ans d’âge. On refusa de lui en vendre, et elle repartit bredouille avec les coordonnées d’un professeur pour des cours particuliers de roller.

Elle avait expliqué que ses amis l’avaient plaisantée sur ses roues carrées, et lui avaient recommandé de ne point trop investir étant donné son niveau, qu’au lieu de changer de roller il était déjà souhaitable d’ôter les fils qui bloquaient la roue arrière droite, etc. Lorsqu’elle répondit en outre “comme je peux” à la question “Comment freinez-vous ?”, les présents unanimes lui recommandèrent de changer de carnet d’adresses, et, d’un ton paternel, de bien faire la différence entre les copains et les amis.
Elle ressortit avec un numéro de téléphone en poche, assez gaie ma foi d’avoir vu rire tant de monde, en cet après-midi maussade et froid de novembre 2005.

Concert de musique traditionnelle chinoise ce soir

18 novembre 2005

“Introduisant un souffle de fraîcheur dans ce monde plein de bruits et de fureurs, le Shin Shin Nanguan Ensemble réaffirme les valeurs traditionnelles de gentillesse, de générosité et de probité.” C’est ce soir au Centre culturel de Taipei à Paris à 19h au 78 rue de l’Université à Paris (entrée libre mais il faut s’inscrire par téléphone).